NOUVELLE DE L*ÉVÉNEMENT D*E$SONN
qui ne retrouvèrent plus sur son visage les traces de Timpres- Àon qu*ils croyaient avoir produite. Il écoutait d*un air distrait et contraint les motifs qu*ils développaient de nouveau devant lui , et leur laissait attendre sa réponse , comme s'il lui coûtait de la faire , lorsqu'un aide de camp entra une dépêche à la main , et lui adressa en même temps quelques mots en langue russe. Le duc de Yicence les comprit , pâlit sensiblement , et dit d'une voix émue aux maréchaux : a Mauvaise nouveUe ! »
Alexandre ouvrit vivement la dépêche. La fortune lui apportait , non pas le motif qui devait fixer sa volonté déterminée par la puissance irrésistible de la situation , mais l'argument qui allait motiver sa résolution. <c Messieurs , dit-il aux maréchaux, vous croyez parler au nom de l'armée. Savez-vous ee qui s'y passe? Voici que j'apprends qu'une partie de l'armée se prononce pour le gouvernement provisoire. Le corps du duc de Raguse vient de passer tout entier de notre côté. »
Les maréchaux s' entre-regardèrent avec anxiété, et se récrièrent que la nouvelle était fausse et le fait impossible. Alexandre mit sous leurs yeux la dépêche signée par le prince de Schwarzenberg; elle ne laissait aucun doute sur la réalité de l'événement. Les maréchaux consternés semblaient interroger du regard le duc de Raguse. Celui-ci donnait les signes du plus violent désespoir.
Après quelques instants de silence , l'empereur de Russie leur déclara que le sort de Napoléon s** trouvait fixé par ce dernier événement. Une abdication conditionnelle ne suffisait pas, il fallait une abdication absolue. Alexandre, voulant adoucir la rigueur de cette dernière parole , ajouta que les puissances assigneraient pour retraite à Napoléon une principauté indépendante , et qu'il pourrait y emmener un détachement de sa garde et ceux de ses serviteurs qui voudraient se dévouer à sa fortune. Il n'y avait plus de traité
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à faire pour TEmpire, mais il y en a\ait un à faire pour la personne de rEnipereiu*. Alexandre recevrait donc les plénîpotentiaiivs lorsqu'ils apporteraient de nouveaux pouvoirs à cet effet.
Les maréchaux se retirèrent tristes et silencieux. Avant k mouvement du coi-ps de Marmont, Napoléon n*avait déjà phs de chances réelles piair continuer la lutte ; après ce mouvement, Tappareiict» même de ces chances s'évanouissait, et les marichaux ua\ aient plus d\irgument pour discuter les couditioni qu'on lui i.îiposîiit ; ils étaient réduits à les subir.
C/est ici le niumeut d'expliquer l'incident qui fut non p», on Ta vu, la cause de la chute de la dynastie napoléonieime, elle venait de plus haut et de plus loin, miûs le poids qui, sV joutant dans la balance à tous ceux qui l'entraînaient versa ruine, fixa la date de cette chute. Le maréchal Marmont, ci quittant, à cinq heures de l'après-midi, dans la journée Ai 4 avril, son quailier génénd d'Essonne, avait laissé les cheb de corps qui connnandaient sous lui dans une situation difBcQe. Engagés envers le prince de Schvv arzenbergpar une conventioi qui n'était que suspendue, et exposés cependant à recevoir de Fontainebleau des ordres en contradiction avec cette convention , ils étaient inquiets et vigilants comme des hommes qui avaient assez fait pour exciter la colèi*e de l'Empereur, pM assez pour se mettre hors de ses atteintes. C'est dans ces cîrconslances qu'ils virent iU'ri>er successivement de Fontainebleau, dans la soirée du 4 avril, phisieurs ofticiers d'état^mqor chargés d'inviter le duc de Raguse à se rendre auprès de TEbih pereur. Le dernier venu avait ajouté que puisque le notaréclid était absent, le génénd commandant à sa place devait se r^odre au quartier général impériid. Que présageaient ces messages? L'Empereur était-il histmit de la convention signée, sans son autorisation , avec le prince de Schwarzenberg ? Songendt-fl à sévir î Ils rappréhendaient , et pour mettre un terme à leurs