EXÉCUTION DE LA CONVENTION SIGNÉE PAR MARMONT
anxiétés , ils résolurent d'achever ce que le duc de Raguse avait commencé.
Quelle était réellement la pensée de Napoléon en envoyant Toflicier d'état-major Gourgaud au quartier général du duc d% Kagiise à Essonne , puis au quartier général du duc de Trévise à Mennessy, pour les inviter à se rendre tous deux auprès de lui à Fontainebleau ? Se repentait-il de son abdication? Revenait-il à la pensée qu'il avait exprimée, en disant, un instant après l'avoir signée : « Non , avec ma garde et Marm'vîit, je serai demain à Paris ! » Le fait reste et restera probablement toujours douteux. Ce qu'il y a de certain, c'est que les chefs de corps de l'anmée du duc de Raguse , alarmés par tes messages du quartier impérial , et surtout par la présence du colonel Gourgaud , un des ofticiers de confiance de l'Empereur, glissèrent sur la pente sur laquelle le duc de Raguse tes avait laissés.
Pendant que le* colonel Gourgaud , étonné de n'avoir point trouvé le duc de Raguse à la tête de son corps d'armée , et d'apprendre par son aide de camp , le colonel Fabvier, qu'il était parti pour Paris sans en avoir donné avis à l'Empereur, allait chercher à Mennessy le duc de Trévise et le ramenait à Fontainebleau, les événements les plus gi^aves s'accomplissaient à Essonne. Les généraux Souham et Rordessoulle réunirent à souper, le premier les officiers supérieurs de l'infanterie, le second les officiers supérieurs de la cavalerie. Les deux généraux aimoncèrent à leurs convives que les troupes partiraient au mifieu de la nuit pour exécuter le mouvement arrêté par le maréchal Marmont ' . On se mit en effet en marche
1 . On a atnrmé dans prP8<iuc tous les récils hifloriqueâ qu'on avait fait croire aux troupes qu'elles marchaient contre Paris, en servant d'avant-garde à l'armée de rEm|iereur, et qu'elleà se mutinèrent parce qu'elles découvrirent trop lard qu'il n'en était rien. Celte explication plus dramatique , il est vrai, n'est conforme ni k la vérité ni à la vraisemblance. Les troupes savaient que l'Empereur
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ù trois heures et demie du matin , par une nuit très-somhre. Le colonel Fabvier, dont les inquiétudes avaient été éyeilléa par celles du colonel Gourgaud , son ami , s*était placé aux extrêmes avant-postes , afin de surveiller ce qui se passait 0 ne pouvait s'expliquer ce mouvement de troupes que le due de Raguse, il le savait, n'avait pas conmiandé. Il s'approcha da général Souham, debout, avec plusieurs généraux, aiiçièi d'un feu allumé à la porte d'un cabaret placé de Fautre oAlé du pont d'Essonne, et lui demanda l'explication de celle marche imprévue. Le général lui répondit froidement quH n'avait pas l'habitude de rendre compte de ses actes à ses inférieurs. Le colonel Fabvier insistant pour obtenir une rqKNBse à sa question , le général Souham laissa échapper sa pensée. (( Marmont s'était mis en sûreté, lui dit-il ; il était, lui, de hank taille et n'avait pas envie qu'on lui raccourcit la tète. » kfik quelques autres observations le colonel Fabvier, qui avait inutilement cherché à rassurer les lieutenants du duc de Raguse et à obtenir que la marche fût suspendue, annonça Fintention de se rendre à Paris auprès du maréchal. Les généraux ne mirenl aucune opposition à son projet. 11 partit à toute bride, et k mouvement des troupes continua. On marchait silencieuse-
avait abdiqué. Klles avaient vu pansot los maréchaux qui portaient l'i cation «^ Paris; leur clief, le maréchal Marmont , était parti Rvec eux. EnSa II général Borde«oulie écrivait positivement de Versailles, le S avril 1814, aaév de Haguse, qu'il avait fait connaître à la trou|)e le parti qu'il prenait. Vokla lettre : « Monseigneur, M. le colonel Fabvier a dû Taire connaître à Votre lencfl les motifs qui nous ont engagés à exécuter le mouvement que nou convenus de suspendre jusqu'au retour de MM. le prince de laMoskowat Iv deTarcnte et de Vicencc. Nous sommes arrivés avec tout ce qui cooipoaalei Absolument tout nous a suivis, et avec connaissance du parti que nous prenlOHi Taxant fait connaître à la troupe avant que de marcher. Maintenant, mosHlgni'ur, pour tranquilliser les offlciers sur leur sort , il serait bien urgent qw h gouvernement provisoire fit une adresse ou une proclamation à ce eorpi, et qu'en lui faisant connaître sur quoi il peut compter, on fasse payer qd moii éi eolde ; sans cela il est à craindre (lu'il ne se débande. MM. les ofliciert généran •ont tous avec nouj», M. Lucotte excepté. Ce Joli monsieur nous arait dénouées à l'KmiH'rcur. • (Cité parle duo de Raguse, Mémoires, tome VI, page îe4.)