‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 68 sur 213 · ABDICATION ABSOLUE DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

ABDICATION ABSOLUE DE NAPOLÉON

ABDICATION ABSOLIE. — DÉPART POUR LMLR D'ELBE.

elles étaient les dispositions des esprits lorsque, le S avril, î la soirée, les plénipotentiaires, de retour à Fontainebleau, oncèrent à Napoléon la détermination des puissances es de ne traiter avec lui qu'à la condition qu'il enverrait ilablement son abdication absolue. Le duc de Tarente lui >rta le premier l'avis officiel de cette détermination. Le ice de la Moskowa et le duc de Vicence s'étaient arrêtés au rtier général du prince de Schwarzenberg pour signer un îstice; ainsi ses envoyés eux-mêmes stipulaient sans ses res. Le prince de la Moskowa allait même envoyer sa sourion au gouvernement provisoire et son adhésion à la resation de la maison de Bourbon, avant que l'Empereur eût lé sa seconde abdication ' .

Oa en trouve la preuve dans la lettre suivante adressée par le maréchal Nev 'inee de Bénéveut, président de la commission formant le gouvernement prorv,80iis cette date : FontaineblenUf 5 avril 1814, à onze heures et demie du et publiée au Moniteur :

Monseigneur, Je me suis rendu hier à Paris avec M. le maréclial duc de nte et M. le duc de Vicence, comme chargé de pleins pouvoirs pour défendre

de S. M. l'empereur Alexandre les intérêts de la dynastie de l'empereur 4éoo ; un événement imprévu ayant tout à coup arr^^té les négociations, qui liaient promettre les plus heureux résultats, je vis dès lorsque, pour éviter à B chère patrie les maui affreux d'une guerre civile , il ne restait plus aux »çais qu'à embrasf^er entièrement la cause de nos ancipns rois, et c'est fré de ce sentiment que je me suis rendu ce soir près de l'empereur iléon pour hii mnnire^ler le vœu de la nation. L'Empereur, convaincu de la tlon critique où il a placé la France, et de l'impossibilité où il se trouve de over, a paru se résigner et consentir à l'abdication entière et sans aucune irtlon. C'est demain matin que j'espère qu'il m'en remettra lui-même l'acliî lel et aullientique. Au.<sitôt après, j'aurai l'honneur d'aller voir Votre Altesse nissime. •

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194 CIIL'TK DE l'empire.

La conférence du 5 avril au soir, dans laquelle on agita cette question , ramena les orages de la première, Kapoléon repoussa d'abord, avec une colère réelle ou simulée , le sacrifice qu'on lui imposait. 11 fallait, disait-il, rompre une négociation devenue humiliante et dérisoire. La guerre ne pouvait soulever de chance plus déplorable que la paix qu'on lui diotait. C'était un fait clair maintenant pour tout le monde; il espérait que les chefs de Tarmée étaient désormais désabusés de leurs chimères. A l'appui de sa proposition de recommencer la guerre, Napoléon énumérait les forces voisines ou lointaines qui lui restaient pour prolonger celte tenîble et sanglante partie , jouée depuis vhigt-deux ans contre l'Europe. Il groupîût par la pensée, dans une espèce de fantasmagorie militaire, ces forct^s disséminées. C'était connue un écho de la dernière scène où Mithridate vaincu expose à ses fils le j^ d'une dernière campagne contre les Romains. Les cinquante mille soldats du maréchal Soult , qui ^ont sous les murs de Toulouse, les quhize mille hommes que le maréchal Sachet ramène de Catalogne, les trente mille hommes du prinee Eugène, les quinze mille hommes de Tannée d'Augereau que la perte de Lyon vient de rejeter sur les Cévennes, enfin les nombreuses garnisons des places frontières' et Tarmée dn iiénéral Maison sont encore des points d'appui redoutables sur h'S(piels il peut se concentrer avec les vhigt-ciuq miDe hommes de la gardi? qui lui restent à Fontainebleau. 11 falkit partir et se retirer sur la Loire.

Les trois négociateurs se récrièrent contre rimpossibilité de Texéculion éJun piueil plan , chacun avec la luiance de SOB caractère : Macdonald ji\ec une dignité calme et respectueuse, Caulaincourl avec la cc»n\ittiun douloureuse d'un dévuuemeni sans illusion, Ney avee l'impatience d'une résolution prise. Ll chimère, c'était la possibilité de la guerre; l'évidence, c'était la néce^^il»'^ «^' \\ paix. De minute en minute, elle devenait

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