‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 69 sur 213 · ABDICATION AUSOLLE DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

ABDICATION AUSOLLE DE NAPOLÉON

plus indispensable. Les armées coalisées s'avançaient de toutes parts et tenaient déjà Fontainebleau enfermé comme dans un cercle de fer. Des tix>upes s'accumulaient sur toutes les avenues. Une armée russe était entre Essonne et Paris ; une autre était portée sur la rive droite delà Seine, depuis Melun jusqu'à Monlereau ; d'autres corps ont marché pai' les routes de Chartres et d'Orléans ; d'autres encore, accourus pai* les routes de Champagne et de Bourgogne, se sont répandus entre l'Yonne et la Loire. Après avoir tracé ce tableau vrai de la situation, les pléuipotentiah'es ajoutaient, en démolissant pièce à pièce le projet chimérique de Napoléon : a Où ii'ons-nous chercher les débris d'armée siu* lesquels on semble compter encore? Ces difiéreuts corps de troupes sont tellement dispersés que les généraux les plus voisins sont à plus de cent lieues l'un de Tautre. Quel ensemble pourrait-on jamais mettre dans leurs mciuvements? Et nous, qui sommes ici, sommes-nous bien sûrs de pouvoh' en sortir pour aller les rejoindi'e? » Puis Tenaient les dernières nouvelles de la nuit : l'apparition des coureurs ennemis sur la Loire ; Pithiviers occupé par eux ; les communications de Fontainebleau avec Orléans interrompues. Napoléon ne se rendait pas encore. « Une route fermée devant des courriers, disait-il, s'ouvre bientôt devant une armée. » C'étaient là des discours, mais ils n'étaient suivis d'aucun acte. Depuis le 31 mars Napoléon discutait, il n'agissait plus, et, pendant que les coalisés employaient les minutes, il perdait les jours. L'é\idence qui frappait tous les yeux devait se manifester aux siens : c'est la seule explication raisonnable de l'inaction de ce grand capitaine. Ses plans de guerre n'étaient que des machines diplomatiques. Ses plus chers coufideuts ont pensé que la confiance de ses paroles et ses propositions beUiqueuses étaient un voile jeté sur l'hésitation de ses idées, tt II sentait trop bien, ont-ils dit, combien sa position était devenue différente ; lui qui n'avait jamais commandé que

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de grandes armées régulières , qui n'avait jamais manœuvré . que pour rencontrer reimemi, qui. dans chaque bataiUe, aTail coutume de décider du sort d*une capitale ou d'un royaume, et qui, dans chaque campagne, avait su jusqu'ici renfermer et finir une guerre, il faudrait se résoudre à courir les avoitures, passant de province en province, gueiToyant sans cesse et ne pouvant en finir nulle p;u1 ' . »

L'Kmpereur ne s*y résolvait pas, mais il cherchait h donner à ses négociateurs des arguments et la volonté de s'en servir. I*i»ut-étre aussi , alors même qu'il eiit perdu triut espoir de kl pei'suader, parla-t-il pour la postérité, devant laquelle il aimait à poser. Tout entier à cette préoccupation , il prolongeait h lutte , ne pouvant se résoudre à se séparer de la puissance qai le quittait, et denumdant à son ardente imagination des plui que sa raison n'avouait pas. C'est ainsi que', comme on lui objectait les horreui*s de la guerre civile, il répliqua : « Eh Ihcb! puisqu'il faut renoncer à défendre plus longtemps la Franoe* ritalic ne m'offre-t-elle pas encore une retraite digne de moi? Veut -on m'y suivre encore une fois? marchons vers les Alpes! w

In morne silence accueillit cette proposition. On était impatient d'entendre prononcer à Napoléon la parole qu'on élrit venu chercher, la seule qu'on attendît de lui. Ces propos de guerre semblaient des propos oiseux, qui s'écartaient de 11 question à lîiquelle on avait hâte de le ramener. On eût dk que Napoléon ne pouvait se décider à prononcer le mot fiAL Les plénipotentiaires ne l'emportèrent pas ce soir en sortul

Quand on sut au dehors que TEmpereur n'avait point Cfr core signé son abdication absolue , et qu'il avait parlé de mtBtcher sur la Loire et même sur les Alpes , il y eut comme «■ soulèvement dans les quartiei-s généraux et dans les galeriei

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