ABDICATION ABSOLUE: DE NAPOLÉON
du palais. <i On s'unit, dit un témoin oculaire, serviteur fidèle de Napoléon, pour rejeter toute détermination dont le résultat serait de prolonger la guerre. La lutte a été trop longue , l'énergie est épuisée ; on le dit ouvertement : on en a assez!. On ne pense plus qu'à mettre à Tabri des hasards ce qui reste de tant de peines, de tant de prospérités, de tant de naufrages ; les plus braves finissent par attacher quelque prix à la vie échappée à tant de dangers. Peut-être aussi se sent-on entraîné par une vieille aversion pour la guerre civile. Tout devient enfin contraire ace qui ne serait pas un accommodement. Non-soiilement la lassitude a dompté les esprits , mais chacun des chefs a déjà reçu de Paris des paroles de conciliation et des promesses pour sa paix particuhère. On se plaît à envisager la révolution nouvelle comme une grande transaction entre tous les intérêts français, et dans laquelle il n'y aura de sacrifié qu'un intérêt , celui de Napoléon. C'est à qui trouvera un prétexte pour se rendre à Paris, où le nouveau gouvernement accueille tout ce qui abandonne l'ancien. On ne voudrait pas pourtant être des premiers à quitter Napoléon. Mais pourquoi tarde-t-il si longtemps à rendre chacun libre de ses actions? On murmure hautement de ses délais, de ses indécisions, de ses projets désespérés. Depuis qu'il est malheureux, on ne le croit plus capable que de faire des fautes. Enfin , petit à petit , chacun a pris son parti. L'un va à Paris parce qu'il y est appelé, l'autre parce qu'il y est envoyé; celui-ci parce qu'il faut so dévouer aux intérêts de son arme ou de son corps ; celui-là pour aller chercher des fonds; un autre parce que sa femme est malade : que sais-je encore? Les bonnes raisons ne manquent pas , et chaque homme un peu marquant qui ne peut aUer à Paris y a son plénipotentiaire '. »
fJevant ce tableau peint d'après nature, toutes les couleurs