‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 71 sur 213 · I . Muimurit de 1814, page · texte numérisé non relu

I . Muimurit de 1814, page

198 CHiTF or. l'empire.

de rimaçinatiriii p:ili^scnt . N;ipol*^on périssait dans un abandon univor?el. Lo bruit d^ c»t abandon , les murmures de eettt opposition qui fermentait contre lui arrivèrent plus d'une fois jusqu'à ses iireilbs , durant cette nuit suprême qu'il passa ea partie a\eo raulainoiiurt. Le lendemain le palais de Fontainebleau était à pou prr's \ide. La nuit avait caché les départi sans adieux, tt des pivpanUifs que personne ne dissimulait aunoneaient de iutu\e:ui\ départs. Il fallait que Napoléon se hatat, car, un piu de temps encore, et ses amis les plus chers ne se seraient plus triiuvcs là pour jeter la dernière pelletée de tenv à sa f^ rtunt .

Il fit appcbr ses négociateurs à une nouvelle conférence, et \oulut que les i:énérau\ qui étaient encore à FontaineUeao, entre autivs lU^thier, y assistass<*nt. Il renouvela là ses prDpositinns de la \eille, et demanda s'il serait suivi. Tous répon* dirent par un i-elus formel, et insistèrent sur la nécessité de mettre un terme aux dani;er> militaiivs d'une situation qui serait bientôt sans remède. Napoléon s'irrita ou feignit de s'irriter; car, dans ces dernières heuivs, il est diflicile de discerner le jeu du «rand aeteur des sentiments naturels de riionnne. a Vous voulez du repus, s'écria-t-îl ; eh bien! ayez-en di»ue! Vous ne sa\ez pas C(»n)bien de chagrins et ih dauiiers vous attendent sur vo> lits de duvet. Quelques années (le cette paix que vous allez payer si cher en moissonnerOII un plus iirand uumbn* d'iMitiv vous que n'aurait fait la guerTCi la jiuerre la plus désespérée! » En disant ces mots, il sairil mw plume «'t rédi^i' lui-même en ces termes la seconde IW" mule de l'abdication (ju'on attend :

« r. avril 1SÎ4.

■ Los puissancos allié««s ayant |»roclaiiu' qiio rKmpcrour était Je seil ohsiarlo an nMablissiMiiont «h? la paix vi\ Kurojjo, rKinpereur, lu\ù\e à sos scrniPFit, (lirlaro cpril renonce pour Fni et ses enfants aux troues de

TRAITÉ DU 11 AVRIL. i99

Frmncc et d'Italie, et qn*il n*est aucun sacrifice, môme celui de la vie, qii*il ne soit prôt à faire aux intérêts de la France. •

Les plénipotentiaires partirent avec cet acte, qui devait devenir la base du nouveau traité. A peine étaient-ils à Paris que Napoléon, changeant encore une fois de pensée, leur dépécha le colonel Gourgaud , et envoya après lui courrier sur courrier pour redemander son abdication. « A quoi bon un traité , disait-il , puisqu'on ne veut pas régler avec moi les intérêts de la France? Du moment qu'il ne s'agit plus que de ma personne, il n'y a pr.s de traité à faire... Je suis vaincu, je cède au sort des armes. Seulement, je demande à n'être pas prisonnier de guerre, et, pour me l'accorder, un simple cartel doit suffire. »

Ces perpétuelles hésitations , ces consentements donnés et repris, ce flux et ce reflux de volontés, furent le caractère des dernières journées de Napoléon à Fontainebleau, et compromirent la dignité de sa chute.

Gourgaud ne fut point écouté à Paris, il ne pouvait l'être. Les plénipotentiaires, après avoir été inquiets et affligés de tant de changements , Unirent par en être importunés. Ils traitèrent de Napoléon , pour lui et sans lui , presque malgré lui. Il y aUait de leur honneur que la situation de leur ancien maître fût réglée d'une manièi^e conforme au grand rôle qu'il avait joué dans le monde. D'ailleurs il n'était pas en leur pouvoir de reprendre une pièce qu'ils avaient communiquée la première puisqu'eUe était le point de départ de la négociation, et qui en outre avait été rendue pubUque pour calmer les inquiétudes et satisfaire l'impatience des esprits. La discussion et la rédaction des articles durèrent cinq jours, parce qu'on désira attendre l'arrivée des ministres des puissances alliées qui n'étaient pas encore à Paris '.

I . Lettre de lord Castlcreagh à lord Bathursl. CParU, 13 avril 1814.)

L'empereur Alexandre , depuis que Napoléon avait cédé ^uv le priiicipîd, était devenu facile sur les accessûires. D tenait à se montrer adversaire généreux, et il inscrivit volontiers dans le traité du 11 avril tout ce qui pouvait adoucir et agrandir la situation faite à Napoléon. Sou titre d'empereur lui fut conservé, celui d'impératrice fut maiutenu à Marie- Louise ; les membres de sa famille gardèrent le titre de prince. Après avoirbalancé entre Corfou, la Corse et l'île d'Elbe, ou hn assignait en toute propriété et souveraineté cette dernière Ue. On lui assurait deux millions dt* revenu sur le grai^d-livrede France, deux millions cinq cent mille francs aux membres de sa famille, et en outre un million de re\enu ù Timpératrice Joséphine, (lï'tait en tout cinq millions cinq cent niîlk francs. Enlin, sur les fonds placés par lui, soit sur le grandlivre , soit sur la banque de France , soit de toute autre minière, on réservait un capitid de deux millions pour être euh ployé en gratifications en faveur des personnes désignées pff Napoléon.

C'était une déchéance opulente où les stipulations iinancières tenaient unejjirandi' place, et l'on comprend que Napoléon ait apprélurndé Tcllrt que tant d'articles cons«icrés à satisfaire des intérêts darjicnt pouvaient produire sur Topî- . nion. <( 11 avait honte, a dit un de ses seniteurs, qu'un a gnuid sacrilicc offert à la paix du monde fut mêlé à des arrangements» pécuniaires '. »

Le duc de Vicence se rendit à Fontainebleau le 12 anQ pour porter le tnâté du i 1 avril à la ratiiication ih» TEmpereur. Les premières paroles d*; celui-ci furent un relus. 11 ivprth duisit ses i»bjections, et redemanda, a\ec une vaine insistance, son acte d'abdication, en répétant qu'il était prisonnier de guerre et qu'un simple cartel suflisait. 11 disait vrai, en et

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