‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 73 sur 213 · MIT DU 42 AU 43 AVRIL A FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

MIT DU 42 AU 43 AVRIL A FONTAINEBLEAU

tant tout le temps qu'avait duré le danger'. Depuis il ; conservé avec grand soin ce sachet dans un coin de son ssaire. Cette nuit, le moment lui avait pani arrivé de reir à cette dernière ressource. Le valet de chambre qui ihait demère sa porte entr' ouverte l'avait entendu se r, l'avait vu délayer quelque chose dans un verre d'eau, e et se recoucher. Bientôt les douleurs avaient arraché ipoléon l'aveu de sa fin prochaine. C'est alors qu'il avait appeler ses serviteurs les plus intimes. Y van avait été dé aussi ; mais apprenant ce qui venait de se passer, et ndant Napoléon se plaindre de ce que l'action du poison lit pas assez prompte , il avait perdu la tête et s'était sauvé îpitamment de Fontainebleau. On ajoute qu'un long asdssement était survenu, qu'après une sueur abondante les eurs avaient cessé, et que les symptômes effrayants avaient [>ar s'effacer, soit que la dose se fût trouvée insuffisante , que le temps en eût amorti le venin. On dit enfin que >léon, étonné de vivre, avait réfléchi quelques instants. ieu ne le veut pas ! s'était-il écrié, et, s'abandonnant à la idence qui venait de conser\'er sa vie, il s'était résigné à ouvelles destinées ^. »

ae faut-il croire de ce récit tracé par une main amie? Naon se serait-il laissé abattre jusqu'à accepter la pensée du ide, cette triste ressource de la sagesse antique , condampar la morale supérieure du christianisme? Aurait-il été lit par cette commodité de dénouer la pièce où Ton veut, p parler comme Montesquieu , et de déserter de la scène Qonde à l'endroit où le rôle devient pesant pour Tacteur? t juste de dire que, dans le Mémorial de Sainte-Hélène^ il

« Ce n'était pnit seulement de l'opium , c'était une préparation indiquée lalianis, la niêiiic dont (4ondorcet s'était fiervi pour bt* donner la mort. » du baron Fain.) Manuscrit de 1814, par le baron Fain, page 394.

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a désavoué le récit du baron Faiu, et que des contempcnni ont pu penser que cette péripétie avait été arrangée parb grand h(»ninie, qui était aussi un grand acteur, pour donner une Couleur dramatique à ce dernier acte de la tragédie h Fontainebleau. Il fiuit ajouter, pour ne rien oublier, que ce n'était pas la première fois que Napoléon acceptait cette fuQOk idée du suicide, qu'il llétrissait avec une juste sévérité dn un ordre du jour à l'époque du camp de Boulogne. Tort jeune encore et sur le seuil de la vie, il avait songé à moanr presque avant d'avoir vécu, pai* une de ces impatiences dW bition que les jeunes esprits prennent pour le dégoût el h désespoir; et, après le paix de Toulon, mis en disponibflM^ sans ressourci'S, il avait encore voulu mourir. Ce qui Mb hors de doute , c'est que son génie puiss^mt dans la pro^ rite , et quand les chances de la fortune se déclaraient en ■ faveur, perdait son ressort quand la fortune lui dcvenft contraire. 11 excellait à tirer d'un succès tout ce qu'il eonàh nait, ni:ds il lléchissait sous le poids des revers, parce qnl avait plus de {^landinu* d'esprit que de grandeur d'àme.

Pendant que ces scènes intérieures agitaient les dernien demeurants de Fontainebleau, les souveniins coalisés s*étotnaient à Taris de ne pas voir revenir Caulaincourt aveclantification du traité. Le 13 avril au matin, Macdonald anivi à Fontainebleau pour mettre un terme à ces retards. Quand 1 entra dans la chambre de l'Empereur, il le trouva assis demtf la cheminée , la tête appuyée sur ses mains ; il paraissait ense veU dans une préoccupation si profonde, qu'il ne sembla ptt s'aperctivoir de Tentrét» du maréchal. Il fallut que le duc de Vicener Tavertît «pir' le duc de ïarente était làu Alore Napoléon rele\a péniblement la tète, et le maréclud fut frappé de Tallération de ses traits. 11 en lit la remarque, et s'informa atec un douloureux intérêt de l'état de la santé de FEmpereur. « J'ai eu une bien mauvaise nuit , » telle fut la seule

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