LES RTRA.XGERS, LE SENAT ET LES ROYALISTES. S
et les instincts vers la Restauration, comme ces grands courants qui poussent un navire dans le port. 11 y avait en outre sur plusieurs points du territoire, à Bordeaux, dans le Midi, dans rOuest, dans le Nord, à Paris même, une action royaliste, réveil de l'ancienne France. Il y avait enfin l'action de M. de Talleyrand, entouré de quelques politiques engagés dans les mêmes idées, unis par les mêmes intérêts, derrière laquelle se plaçaient les idées, les passions, les intérêts révolutionnaires. Cette dernière action trouvait, sinon son instrument légitime, au moins son instniment officiel dans le Sénat, son pouvoir exécutif dans le gouvernement provisoire, sa force réelle dans les coalisés, et surtout dans la haute sympathie que lui accordait Alexandre.
Paris pris, et la résolution de ne plus traiter avec Napoléon ni avec aucun membre de sa famille proclamée, la question n'était plus de savoir s'il y aurait une Restauration, mais ce que serait cette Restauration, par qui elle serait faite, dans quelles conditions ?
Des hommes appartenant au parti royaliste proprement dit auraient désiré que Louis XVIIl revînt sans engagement préalable avec le gouvernement provisoire ni avec le Sénat; qu'il revint en vertu de son droit, et qu'il se réservât de décider, quand il serait présent, la question de la forme du gouvernement et des garanties à donner à la société. C'était le sen.H de» lettres et des rapports qui partaient pour Nancy, où était le com(#; d'Artois, plus à portée des hommes et des événement<i que LouisXVIIl; les idées que lui suggéraitM. deVitrolles, qui, aprèM avoir échappé par miracle aux périls de deux voyage, «v^rntiireux et d'une captivité qui lui fît voir de près la mort, ne ttimstii de correspondre avec le comte d'Art/>iî^, dont il avail ('oUf\ui^ la confiance. C'était aussi le sens de la plupart df^ Udir^'A H des rapports qui allaient chercher Louis XVIIl h Ihriwi'll. ku voyant le mouvement général des idé^r?* A4: de^^^iri^T >i %i*#'Mi^iif
Hitt. de la Rc»Uiir. I. f ^
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en faveur de la mûnarehie, les conseillers habituels des dem princes, et le plus grand nombre de leurs amis, inclinaienft i penser qu*on pourrait éviter des compromis fâcheux. L^idée d'une Restauration décrétée par le Sénat impérial leur blait inacceptable en principe, fatale en fait. Les moins croyaient les garanties inutiles, les plus sages pressenlttol que les garanties demandées n'auraient point pour objet kl intérêts généraux du pays, mais les intérêts d'influenee di quelques politiques qui stipulaient au contrat.
Les vues des derniers ne manquaient point de justesse; nÉ M. de TaUe^Tand et le gouvernement provisoire, avec le SéMli leur instrument d*action, avaient un avantage que rien m pouvait balancer. Ils avaient une existence officielle, une 9i> tion publique ; ils avaient été le levier avec lequel AlexanAt avait abattu à Paris TEmpire chancelant ; il y avait dov entre eux et la coalition une première solidarité. Ils iniiiMl reçu, non du pays, il est vrai, mais des chefs de la tam étrangère qui dominait le pays et sa capitale, le mandat d!'écrire une Constitution et de créer un gouvernement poork France. Ils avaient donc Tapparence de la force légale et k mobile de la force matérielle. Entin il y avait un c6té JMb dans cette pensée de rempereur Alexandre, qu'il était difBcb que la Royauté traditionnelle et la France, après une à k^ giie séparation, n'eussent point à se mettre d'accord sur ph* sieurs questions importantes. Cette France qui reYenait di l'exil et la France demeurée attachée au sol avaient à 8*«* tendre, à se concerter sur des points litigieux, sur la parti faire au progrès ci à la tradition, au pouvoir et à la liberti politique, pour prévenir de nouveaux malentendus. M. de M* leyrand, le gouvernement provisoire et le Sénat, en entMl dans cette voie, acquéraient donc la force assurée aux o«» vriers des t&ches nécessaires. La nécessité de la tâche enqpè* chait Tempercur Alexandre de voir que les ouvriers éHaJat