‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 86 sur 213 · DISCUSSION DU PKOJ£T DE CONSTITUTION · texte numérisé non relu

DISCUSSION DU PKOJ£T DE CONSTITUTION

ijorité à rancien Sénat dans le nouveau. — « Cent cinquante Ue s*il convient au Roi, répondit M. de Montesquiou, je n'en iix pas un de moins. »

La raison politique et monarchique était du côté de M. de kntesquiou , mais pour laisser tomber la chaleur du débat, de Talleyrand remit au soir du même jour la décision à mdre. Dans la soirée du 4 avril, la commission se réunit de iiYeau , et les débats se rouvrirent. Les sénateurs , quoiqu*à at de raisons , maintinrent leur prétention ; ce n'était plus tir eux une question de logique , c'était à la fois une ques- D de pouvoir et de passion révolutionnaire. Exaspéré par tte prétention qui s'imposait sans pouvoir se justifier, M. de ^Dtesquiou laissa échapper des paroles véhémentes qui, pai* ir vérité même , allaient jusqu'à la dissolution de la con- "ence. a Qui êtes-vous? qui sommes- nous? s'écria-t-il. i vous a donné le droit de faire une constitution? Qui me une le droit de pailler au nom du Roi? Où sont vos pouirs? où sont les miens? Une constitution sans le Roi et sans nation , voilà , je crois , la chose la plus étrange qui se soit nais faite*. »

On en était là lorequ'on apprit Tarrivée des maréchaux qui oaient pour traiter au nom de Napoléon. Cette nouvelle, qui avait remettre tout en question , mit fin pour ce jour-là à conférence. Les membres du gouvernement provisoire courent à la rue Saint-Florentin où allait se jouer une dernière rtie. M. de Talleyrand se servit des terreurs de la nuit pour lener M. de Montesquiou à subir la plus grande partie des éientions sénatoriales. Ne fallait-il pas sacrifier la forme au dd et assurer avant tout le fait matériel du retour du Roi ? î reste suivrait de soi-même. Ainsi, le dernier effort de

t. Mémoire de l'abbé de Motitetqinou à Louis XK/I/, trouvé aux Tuileries et blIé dani le Moniteur du 1 5 avril 1 8 1 &.

Napoléon ne profitait qu'au Sénat. Ce tout-puissant mole« n'était plus dans la situation qu'un épouvantail à Taide duqod le Sénat , qui avait proclamé la déchéance de FEmpire , taiaà révolutionnairement la loi à la monarchie.

M. de Montesquiou, vaincu par cette réapparition monMfr tanée de la chance napoléonienne , subit, sans être persuadé, l'article qui déclarait que « le peuple français appelait lih» ment au trône le frère du dernier roi , » l'article qui décbnl que tt les membres actuels du Sénat impérial feraient de dnft partie du Sénat futur, » et celui qui limitait le nombre des it* : nateurs. Seulement les sénateurs, en échange des concessioBi qui leur étaient faites , admirent la nomination par le Roi, d élevèrent le chiffre facultatif des sénateurs de cent cinquaDtol deux cents. Cette discussion, et c'est là son véritable inlML n'avait pas été seulement un retentissement des querelles Ai passé, c'était aussi le prélude des querelles de Tavenir. ÎM opinions contradictoires qui s'y étaient produites devBMil reparaître pour se combattre.

L'accord établi sur les points litigieux , le reste de la OoB* stitution fut adopté presque sans discussion, et, dans la soMl même du S avril, M. de Talleyrand renvoya le projet au Sénl qui nomma une commission de sept membres pour renr miner. Elle se composait de MM. Abrial, Cornet, Fabre (èi l'Aude), (larat, (Grégoire, Lanjuinais et Yimar. Elle ajoiMi encore quelques prérogatives à celles du Sénat, et, conformément à son avis, le projet de Constitution fut transformé m décret, voté à l'unanimité dans la soirée du 6 avril , et afikM dans lîi journée du 7 sur les murs de Paris, quoiqu*il ne païAI. que le 8 au Moniteur.

Pendant que le Sénat triomphait ainsi , M. de MontesquiOB, qui n'avait cessé de correspondre avec Louis XYIII pendal toute la durée de la discussion , lui écrivait pour lui en noncer le résultat : <( La Constitution ne saurait devenir

Page 1