P0LÉ.M1QUE SUR LA CONSTITUTION
embarras pour S. M. Elle peut dire au Sénat : Vous prétendez me donner des lois au nom de la nation : qui vous a fait connaître ses intentions? où sont vos mandats? Vous n'avez que eeux qui vous furent concédés par Napoléon, j'ai au contraire ceux de mes pères; j'ai notre histoire toute remplie de leurs bienfaits; j'ai encore Thistoire de tous vos malheurs. Comment Tune ou l'autre vous auraient-elles conféré des droits à faire Hiblier les miens? Cette même Constitution, loin de méconnaître mes droits, les consacre : ne dit-elle pas que la loi ne peut être faite qu'avec moi ? »
Il était évident que la lutte n'était pas finie , et que le Sénat Q'en était pas où il croyait en être. Derrière M. de Montesquieu , il allait trouver d'aboj*d le comte d'Artois , ensuite Louis XVIII, et déjà le correspondant suggérait au Roi des arguments et des expédients. M. de Talleyrand, trop avisé pour ne pas prévoir des résistances du côté d'Hartwell , fiiisait donner par M. de Montesquieu des avis qui le mettaient en règle avec toutes les parties.
Tandis que ces lettres partaient pour Hartwell, la presse discutait avec une véhémente âpreté la Constitution sénatoriale, qui ne pouvait supporter la discussion ni au point de vue de la souveraineté monarchique, ni au point de vue de la souveraineté populaire. La précaution sordide prise par le Sénat de mettre la conser\atiou des dotations au rang des principes constitutionnels excita surtout une immense risée. On appela la Constitution sénatoriale a une Constitution de rentes. » Les uns voulaient qu'elle contint autre chose que ce qu'elle contenait ; les autres qu'elle fût donnée par le Roi et non par le Sénat ; il y avait des esprits absolus qui repoussaient toute constitution. Le déchaînement de la presse périodique fut tel que le gouvernement provisoire fut obligé de rétablir la censure sur les journaux , quoique l'existence de cette censure eût été un des griefs allégués dans l'acte de déchéance de
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dette ^irlJation ne pou\ait durer longtemps. Avant d^expow coninient elle se dénoua, il importe de dire quel était rétatèi la iM-anee dans cette première quinzaine d'avril 1814.
Ii*inilucnce du gouvernement provisoire était circoDScrill dann des limites étroites; elle ne s'étendait guère hors te harrières de Paris. Le. reste de la France se trouvait divirfi seliHi les cinoiisiiiiires, en plusieurs tronçons qui n*avaiflil p.'is de relsilinn entre eux. Dans le Midi, toute la partie qd iuoisint' Monleaux s'organisait sous le gouvernement du te (rVni^ouIrnie cl sous Tadministration de M. Lalné, et se nt liiiil au mouvement du [2 mai's.
\ peine ètaMi à lU>rdt aux. le duc d'Angouléme s'était misd
LA FRANGE DANS LA PREMIÈRE QUINZAINE d' AVRIL. 237
relation avec les chefs de la Vendée, par l'entremise de M. de Larochejaquelein . La prise d'armes était préparée dans ce pays , et M. Bascher, envoyé par MM. de Suzanet et d'Autichamp, farriva le 6 avril pour prévenir le prince que le soulèvement était i^ fixé au lundi de Pâques 1 1 avril, les paysans ayant demandé h ^'il n'eût lieu que ce jour-là, pour avoir le temps de remplir I Irars devoirs religieux. On devait se porter en force vers Borf- deaux, afin de se mettre en communication avec le représentant t^ Biaturel de l'autorité royale. Les événements de Paris arrêtèrent - ce mouvement en le rendant inutile.
EL
^- Du côté de Toulouse, le maréchal Soult livrait à lord Welt lington une dernière bataille. Au milieu du double désarroi ^ de la chute d'un gouvernement et des efforts d'im gouverne- $■ ment qui cherchait à naître, M. de Talleyrand n'avait pas enr Toyé à temps au maréchal Soult les avis nécessaires pour présr Tenir un choc suprême entre les armées française et anglaise. I Les officiers, partis le 7 avril seulement de Paris, atteignirent le quartier général du maréchal Soult le 1 4 avril, quatre jours après la bataille.
Dès le 4 mars, les équipages de pont de l'armée du maréchal Soult, batUie à Orthez, s'étaient réfugiés à Toulouse * ; le 5 et le 6, les fuyards et les blessés y affluaient. Le 14 mars, on y connaissait les événements de Bordeaux, et les idées royalistes commençaient à fennenter. Le 24, l'armée française prenait position à la Patte-d'Oie; elle comptait vingthuit mille hommes, dont quatre miUe chevaux. Le 26 mars, Tarmée anglo-espagnole paraissait et déployait une force de cinquante mille hommes d'infanterie et de douze mille che- Taux. Le 2 avril, — on apprenait ce jour-là même à Toulouse rentrée des coalisés à Lyon, — ord Wellington essayait de
1 . Nous empruntons la plupart de ces détalU au\ noifs nianuwrllf • de M. de Vnièle, alors à Toulouse.
-ii'unH!! il rllfr . iLiii^ it iz *iat des chenûiis ayant Ml
^;b.'ir7 !t*-t •■TîL'iL'rrf- 1 ^**^ I ! pûnt sur la Garomie,àh îiErrrr îrr i'r=c*ii5rT- Ttr^Tf-T Tîlif' i 22 kiloniètres di 5t Tiô.ii:^- f- i: ii!fc=r-r- jt 4 svriL quinze mille Lt -:•- il r.-rirrT LyLi: ?i:cT*iir2: çrci^eî. le pont fut eniftt^ r. !ef r^ii-iT iL^'t bicm-tTî rtïî^nt isoles pendant rix br — -v* >jûLf riz T^rzA^ i ncaise fit aucune y.-^ jr^ hyizijzz. Tz'-r.'-z'irz k larêchal Soult ne fiit-i ijzri : le? ZKZ-zLi-iizs if «s ^ ntrées aTÛent tant -ir-r rrrilrl'î - -^^ ir li : : rîrrripdon et des aTanies tÎTr? diz? Ir^ irniri^ "tziiTî dr ITmpîre, que, chose tnlik dÎTr. l'jirziér izf'.iîf^f 4:^^ accueiDie presqu^en .'irTn-êr fri:: ; ii>f irr>:ju"erL ennemie. Le 8 avril, le pont é:r r4:^-l:. 1rs cuinz'f rrA?.e aDglo-e^pagnols, puissamHÉ ivnf' roés. orn-^r^L: :i ville et sVtendirent jusqu'à laiirihi du Lh-.rs. en coup^mt les cc>mmunications avec le Norf-fb j«:;ur-ii m^me le ooiuTler de Paris avait passé en iqqportHift nouvelle de rentrée des cc«alîsês dans la capitale.
Le mart'ohal Soidt attendait les Anglais dans une forte f^ r-ition qu'il avait pfêpiirée de longue main en faisant fuitila, par un système de redoutes liées entre elles, Tes approchesli la ^iaronne et du canal de Languedoc, sur la rive gauche t^ quel Toulouse est située, ainsi que les hauteurs qui s'étenlÉI au d'iâ du canal. Le 10 avril 1814, jour de la fête de PiqM^ rl/;s h: point du jour, les troupes anglo-espagnoles r nmiMl cirrnit l'attaque, qui devint générale sur toute la ligne. frn* la disproportion des forces, Tarmée française défendit uiH- rarf* énergie les hauteurs de la Pujade, où s'élevHtk prcrnicriî n-doutc française et toute la ligne de ses retrandl^ iiH'uts. Dr; la poiiitff du jour jusqu'à midi Tannée firançrii» roiiibattit pour la victoire; à midi, après une lutte achanhi la supériorité de lurmée anglaise, maîtresse des positionski plus importantOA, devenait manifeste, et Tarmée française n