‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 88 sur 213 · BATAILLE DE TOULOUSE, 40 AVRIL 48U · texte numérisé non relu

BATAILLE DE TOULOUSE, 40 AVRIL 48U

eembattit plus, depuis midi jusqu'à trois heures de Taprès-

I Slidi, que pour Thoimeur du drapeau. A cette heure, les re-

^éoutes, prises et reprises, restèrent aux Anglais. Toutes les

ipofiitions étaient forcées; la plus grande partie de Tarmée

imnçaise avait été obligée de fentrer dans la ville, encombrée

fée blessés. Le reste de Tinfanterie était concentré sous ses

[imirs ; la cavalerie et les équipages filaient par la route du bas

[|Uiiguedoc.

[^ La journée du 1 1 avril fut employée à enterrer les morts ; il ["m était resté dix mille sur le champ de bataille. La perte des Anglo-Espagnols avait été plus grande que la nôtre. Pendant celle journée, le maréchal Soult fit ses préparatifs comme .^ur combattre; il parlait de résister encore et de s'ensevelir ious les ruines de Toulouse. Mais il se décida dans la soirée à f opérer sa retraité, et, dans la nuit du 11 au 12 avril, il se re- [ tant par la seule route ouverte devant lui, celle du bas Lani gaedoc, sur Castelnaudary. Le vaillant homme de guerre \ «vait fait assez pour Thonneur du drapeau, il pouvait faire ^ quelque chose pour l'humanité.

Telle fut cette bataille de Toulouse, si souvent controversée depuis. L'avantage resta à lord Wellington, puisqu'il débusqua le maréchal Soult de ses positions et le rejeta dans Toulouse ; mais la journée fut cependant glorieuse pour ce dernier, qui, avec une armée très-inférieure en nombre, défendit pendant toute une journée ses positions, fit subir à l'ennemi uoe perte plus forte que celle éprouvée par l'armée française et se retira sans être entamé. Quant au reproche si souvent reproduit d'avoir livré la bataille quoiqu'il connût les événements de Paris, il ne connaissait, au moment de l'action, que rentrée des coalisés dans la capitale ; la capitulation de Paris el même les premiers actes du Sénat et du gouvernement pro- Tisoire ne changeaient rien aux devoirs militaires du commandant en chef de l'armée de Toulouse.

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LOUIS XVIII PROCLAMÉ DANS LE MIDI KT l'OUEST. 244

Napoléon, le rappel des Bourbons; il en était encore aux conférences de Châtillon. Aussi lorsqu'il entra dans la salle du Cafâtole et vit les insignes royalistes arborés, il dit à la foule qui encombrait les salons et les escaliei*s de l'hôtel de ville : « Mon gouvernement traite maintenant avec le vôtre, et je dois vous avertir que si le traité est conclu, vous attirerez sur iros têtes, sur celles de vos femmes et de vos enfants, la vengeance d'un souverain irrité et l'application sévère des lois [ qui vous régissent. Je ne voudrais pour rien au monde con- - fribuer par mon silence à favoriser des démonstrations de na- J ture à compromettre les habitants *. »

Un immense cri de: Vive le Roi! s'éleva dans l'hôtel de

5' Tille et fut répété au dehors : c'était la réponse de Toulouse.

^ La multitude brisa ensuite les bustes de Bonaparte et les jeta

, dans la rivière ; les fenêtres des maisons furent partout pa-

1 voisées de drapeaux blancs.

^ Cette première fougue tombée, on commençait à réfléchir 7: sur les suites possibles de cette démonstration, lorsque le même J-jour, h trois heures après midi, les colonels de Saint-Simon j et Cooke arrivèrent apportant les dépêches du gouvernement provisoire et des coalisés, qui annonçaient les événements de Paris, l'abdication de l'Empereur, le rappel des Bourbons. Ce fut une ivresse générale dans la ville, et l'on ne songea plus qu'à envoyer une députation au duc d'Angoulême pour le supplier de se rendre à Toulouse. Bientôt après les maréchaux Soult et Suchet faisaient leur acte d'adhésion au gouvernement provisoire et au rappel des Bourbons, et signaient avec le duc

f . Ce langage de lonl Wellington prouve d'une manière évidente que les nouvelles sur les évtîncmenls décisifs qui s'élalenl passés .\ Paris inani|uaionl au quartier général anglais comme au quartier général français, dans la malinéc Uu 12 avril, c'est-à-dire le deuxième jour qui 8ui\il la balaillc de Toulouse. MM. de Saint-Simon et Cooke n'arrivèrent donc que dans Taprès mi<Ii Il avril.

Uifct. de UResUar. I. IG

t4i RÉTABLIS«EJI£>T DE LA MAISQSI K WÙVWat».

de WeUiagtoo une cûayentioQ ailitaire qui dcmnait i cdoki le Tarn et la i^aroune pour Unîtes; k général Deçà», fri avait meuacé pendant un nu nt Bordeaux, adreseait fn^ que en rnëme temps son adh< îon au duc d'Âogoulèine. li maréchal Augereau, qui comi mdah l'amiée de Lyon, mé adhéré aussi avec ses troupes au retour des Bourbons.

Le Midi presque tout entier reconnaissait ainsi TanfeiH royale représentée par le duc d'Angouléme, et ks pronaii de rouest, où Torganisation royaliste avait suirécu wimï rKmpire, entraient, on la vu, en communicati<»i aittll prinrf!. Toute cette partie de la France se trouvait done|i^ liée et acceptait avec enthousiasme la Restauration, tandis fB le ^(MiviM'iienieiit provisoire marchandait encore à Louis IrH ('(inditioiis de son retour.

liC rchlr di' la France était dans une situation moins Kititc. ^*l^^t, désolé par l'invasion étrangère, se couvratà liiiiMirH (Ir piiysaiis bourguignons et champenois qui s* i|iiiiii'iit dniih 1rs bois, et faisaient le coup de fusil contnl|[ |i(irtîrt niiicniis. l^c Nord, outre les maux de la guerre, fciiiiUVir (les iiisurrectioiis militaires. Les garnisons deLiDe,li; Mil/, il (Ir Tlii(»ii\ill(' étaient en pleine révolte. Si Ton lyoBll I rlit livi rr(|itisili<ins forcées, les pillages et les autres dé i|iii iicrdiiijia^iicnt la guerre, on aura Tidée d'un pays en

dr duiioliilioii.

Lu liiililc main du gouvernement provisoire ne pouvait iiinlirr H laiit dr luaux, et ressaisir, dans des circonstances nitii|ui'i., rauhii'iié sur cette nation désorganisée à lafoil||t: lu ( (ini|uiMe ri la sus])cusion do la puissante centi*alisatioa I II viii! d'Aiiir à vr ciirps habitué à attendre Timpulsiou. U rail pluh hur les idées que sur les fails,.et ses décrets, qui se I édateul avec cette rapidité fébrile naturelle aux gouYememerii iiiléiiniaireH, avaient pour objet de réparer les actes les phi I ikuiIm lie rilnipiro, et les dénonçaient en lesréparant.

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