INTÉRIEUR DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE
sdtuée à Tentresol de son hôtel. Quelques copistes, rassemblés sous la direction de Dupont de Nemours, composaient les bureaux. M. Roux-Laborie, cet oisif aiïairé, dont Tesprit et le eorps étaient toujours en mouvement, était secrétaire adjoint. Ce centre de gouvernement ressemblait à un bureau de journal, où tout le monde vient chercher des nouvelles et apporter des idées. Quelques-unes des idées jetées dans la conversation agréaient-elles à M. de Talleyrand, il en faisait un décret, et on allait reciniter dans les salons de Thôtel ceux des membres du gouvernement provisoire qui s'y trouvaient ; ils donnaient leur signature de confiance. Jamais on ne gouverna avec moins de façons et plus à son aise. M. de Talleyrand ne songeait même pas qu'il pût avoir à indiquer les grandes lignes de l'établissement monarchique, à chercher ce qu'il fallait conserver de l'Empire, évoquer du passé de la France. Il se bornait à prendre les mesures de poUce les plus indispensables, et tâchait de se maintenir sur l'eau en se laissant aller au courant.
Empêcher le retour de l'Empire, influencer les conditions du retour de la monarchie, c'était la véritable tâche du gouvernement provisoire, gouvernement de circonstance et de transition , qui ne gouvernait pas plus qu'il n'administrait, mais qui, après avoir poussé Napoléon vers le rivage du Midi, se tenait sur le rivage du Nord pour faire payer le péage à Louis XVIII. M. de Talleyi'and se bornait, pour le reste, à des conversations sans fin dans son entresol ouvert à tout venant, acceptant des aparté avec toutes les opinions, distribuant les promesses et les sourires, entremêlant les craintes aux espérances, se servant du Sénat, qui demandait plus que M. de Talleyrand ne voulait obtenir, pour arracher à Louis XVIII plus que Louis XVIII ne voulait donner, des refus de Louis XVIII pour tempérer le Sénat, et de la confiance absolue d'Alexandre pour maintenir la barque qui portait sa fortune au miUeu des
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