‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 91 sur 213 · I . M >li* Ki>\i · texte numérisé non relu

I . M >li* Ki>\i

MISSION DE M. DtJDON A ORLÉANS. ff7

le trésor privé de l'Empereur, mais sur plusieurs caisses d*objets précieux et sur l'argenterie de l'Impératrice, et qu'il envoya le tout au gouvernement provisoire. Les frères de ram- . pereur, Joseph et Jérôme, avaient diminué, autant qu'il était i eo eux , le butin du gouvernement provisoire , en se ftiisant

{" payer jusqu'au dernier écu à Blois ce qui pouvait leur être dû mir leurs traitements et sur leurs dotations. Le trésor impérial * porté à Paris servit à défrayer les dépenses de tout genre du !(• gouvernement provisoire pendant le reste de sa vie politique, à; qui fut courte. Ceci diminue un peu la valeur intrinsèqtie J ë*un mot de M. de Talleyi*and, sans rien ôter à la grâce de la 4 forme. II disait, en faisant allusion à la manière toute gratuite, J en apparence, dont le gouvernement provisoire avait fbnca- tienne, sans demander aucune indemnité ni aucun traitement 'C en se retirant : « Jamais on n'a vu un gouvernement faire à si -i bon marché et en si peu de temps de si grandes choses. »

L'autre fait est tout à la fois plus grave et plus obscur. C'est i la mission secrète donnée à Maubreuil. M. de Maubreuil, appartenant à une famille royaliste , s'était rallié à l'Empire et était devenu le grand écuyer de la reine de Westphalie, femme de Jérôme Bonaparte. C'était un de ces caractères aventureux qui cherchent à refaire leur situation dans les circonstances troublées. Il s'était fait remarquer dans la journée du 31 mars par les démonstrations exagérées d'une exaltation antibonapartîste qui dépassait le but qu'elle voulait atteindre, et qui se comprenait assez mal chez l'ex-grand écuyer de la reine de Westphalie. Il reçut dès le l"*" avril 1814, suivant son récit, par l'intermédiaire de M. Roux-Laborie, une mission qui n'allait à rien moins qu'au meurtre de l'empereur Napoléon. A en croire sa déposition en justice, M. Roux-Laborie l'aurait excité, le 1" avril, à débarrasser le gouvernement provisoire de TEmpereur, en lui promettant une somme considérable , et il lui aurait annoncé que M. de Talleyrand, pour marquer son

approbation au projet, traverserait le salon où il se trouvait ai lui adressant un salut et un sourire. M. de Maubreuil aunnt accepté la mission pour sauver l'Empereur d'un guet-apeu qu'un homme moins scrupuleux aurait pu lui tendi^e.

Jusque-là ce ne sont que les allégations peu vraisemblabks d'un inculpé qui accuse pour se défendre. Ce qu'il y a de captain , c'est que >I. de Maubreuil reçut une mission du gouvernement provisoire, et que les puissances coalisées mirent à a disposition leurs troupes pour qu'il put la remplir *•

Quel était le but de cette mission secrète d'une haute importance? C'est ce qui demeure incertain. Ce ne pouvait être eàm que Maubreuil allègue, car, à la date du 16 avril, le gouva«nement provisoire et les coalisés n'avaient plus rien à craindif de Napoléon, dont l'abdication absolue remontait au 8 avrilt qui avait signé le \ 2 avril le traité définitif par lequel il accc^ Uiit la sou^eraineté de l'île d'Elbe, et qui avait vu arriver dans la journée même du 16 avril à Fontainebleau les eonuniisaires étrangers chargés de le conduire au lieu de son al 11 est d'ailleurs hnpossible qu'une mission dont remperav Alexandre devait connaître la nature, puisque les forces nifiSBl comme les forces prussiennes avaient été mises à la di^ sition de Maubreuil, put être un assasshiat. Le motif aDégit par M. de Talleyrand n'est guère plus admissible par d^autm raisons; on ne pouvait donner à M. de Maubreuil une missioi

1 . Il existe ciiu| ordres si^iu^s par M. Angles, ministre de la police, k |^ néral Dupont, iiiiniv>tro de lu ^'uerro, M. Bourricnne, dîrccleur générri às |K)i(ti*s, le génijral Sucken, gouverneur uiililuire de Paris, et le général |i* sien Drokenhausen. Le premier t^'lait ainsi eon^*u : « Il est ordonné à tovlMhl autorités eiiargi^es de la poliee générale de Franee, aux préfeU , commlMM généraux, spéciaux et autres, d\>l)éir aux ordres que M. de Maubreuil leuréM* nera, de Taire et dVxéeuter à Tiusfant tout en qu'il leur prcacrira, M. de Ibt breuil étant eliargé d'une mission seerèle de la plus haute importance. ■€< ordre porte la date du 1 G avril, les autres celle du 17, et leur objet éldl A mettre à la disposition de Maubreuil toutes les postes du royaume et les Trançaises et étrangères.

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