‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 92 sur 213 · GUET-APENS DE MAUBREUIL · texte numérisé non relu

GUET-APENS DE MAUBREUIL

le 16 avril pour faire réintégrer les diamants de la couronne que M. Dudon avait rapportés d'Orléans le 12. Ce qui reste indubitable, c'est que.Maubreuil se servit de cette mission, quelle qu'elle fût, pour commettre contre l'ex-reine de Westphalie un inexcusable guet-apens qui ne pouvait être dans les \iies de personne , en arrêtant à force ouverte sa voiture sur la grande route et en la dépouillant de son or et de ses diamants.

Cet acte de brigandage irrita profondément l'empereur Alexandre, qui demanda raison des violences exercées contre sa parente. Maubreuil jeté en prison parut devant les juges, mais il s'évada avant le jugement, fait peu conciliable avec ses protestations d'innocence ; il fut condamné par contumace à cinq ans de prison et à 500 fr. d'amende comme dépositaire infidèle. On a dit qu'au désir de faire un riche butin s'était joint le désir de se venger de la princesse Catherine, qui avait dédaigné la passion qu'il avait osé afficher pour elle. Quoi qu'il en soit, le vol seul reste avéré ; il eut une mission, sans qu'on puisse indiquer quel en fut l'objet; il abusa des pouvoirs qu'on lui avait confiés, et s'en servît pour dépouiller une princesse dont il avait mangé le pain, et quand il fallut se justifier d'un acte aussi indigne, il s'accusa d'avoir accepté une mission de meurtre, mais sans apporter aucune preuve à l'appui, tâcha de rejeter sur le gouvernement provisoire le vol dont il était accusé et s'évada sans attendre le jugement. Cette sale affaire donna beaucoup de soucis au gouvernement provisoire. Elle sert à caractériser ces jours troublés où tous les instruments sont bons, où les caractères aventureux et les vies aventurières trouvent leur place, et donne une triste idée de ce gouvernement équivoque qui, tout en désavouant son agent, ne pouvait se justifier de l'avoir accrédité pour une mission qui n'est pas celle qu'il remplit, mais qui demeura a .o^te, car elle n'a pu être expliquée d'une manière if

RETABLISSEaCIT DC U SAISOX DK MraMm.

LE CÙHTE [l'ARTOlS A PARIS.

A mesure que les jours se succédaient, la situation du vemement pro\isoire devenait de plus en plus diflBcile.1 n*avait point fait de nombreuses nominations , mais ciÉI qui avaient paru au Moniteur n^avaient pas toujours été hn» reu?es. Le choix qu'il avait fîiit de M. de Pradt, ancien vêque de Malines, pour le placer à la tète de la grande cellerie de la Légion d'honneur, singulière consolation doioll à cet orgueil exigeant iirité de ne point avoir obtenu unepkK' dans le gouvernement provisoire , était devenu un sigfll âj^ colère et de risée dans l'amiée. Il y avait partout des nécenMk de gouvernement et d'administration auxquelles il ne p<Nrai pounoir. Eulin il avait rempli les deux seules tâches féehl qu'il eut à remplir : il avait conduit TEmpire par une pcoÉ douce jusqu'à l'abdication absolue et à la souveraineté deFÉ d'Klbe , et il avait proclamé le retour des Bourbons. Il ïïtM \ donc cessé d'être un moyen, il devenait un obstacle; ilsiil perdu sa raison d'être.

L'empereur de Russie et M. de Tidleyrand ne pouvaiefllM le cacher entièrement, et M. de VitroUes, esprit vif etatMyl qui son hardi voyage avait donné du crédit auprès d*Alexaodli| ses entrées intimes chez M. de Talleyrand et une influMM considérable sur le comte d'Artois, prenait soin de le leurnf» peler. La nécessité de la présence de Monsieur à Paris étft ^ devenue le texte de toutes ses convei*sations. Plus près il théiUre des événements que Louis XYllI, et investi par frère des fonctions de lieutenant général du royaume.

LK GOAITE D*AiiTOIS APPELÉ A PARIS. SM

ice était l'héritier indiqué du gouvernement provisoire et noyen d'attendre Louis XVIII. L'empereur de Russie, pressentait que l'arrivée du comte d'Artois mettrait fin à aie de modérateur suprême qu'il remplissait lui-même une satisfaction secrète, ne se montra point d'abord se d'autoriser sa venue. M. de VitroUes, pour la lui faire ipter, cherchait à lui persuader qu'elle serait utile à ce voir moral dont il était jaloux. <( Votre intervention si usante et si utile peut se perdre en agissant à découvert, lui était-il, elle sera couverte par cet intermédiaire. » A la onde conversation, il obtint du czar la promesse de ne pas pposer à la venue du comte d'Ai*tois si M. de Talleyrand la yait utile. Fort de cet acquiescement conditionnel, il aborda [uestion avec M. de Talleyrand, qui ne s'étonnait d'aucune position. Son argument fut le même avec lui qu'avec landre : « Le gouvernement provisoire n'était rien et ne vail rien ; avec Monsieur et par Monsieur le prince de Taland pouvait tout en France. »

i*abord on laissa dire M. de Vitrolles, bientôt on le laissa 5 ; il y a de ces choses nécessaires qu'on n'empêche point, •s même qu'on est peu disposé à les accorder. Dès le .vril, M. de Vitrolles, du consentement de Tempereur landre, avait fait tous les préparatifs de son départ pour r chercher le comte d'Artois à Nancy, et, ce jour-là même, il , prendre, dans la matinée, àl'hôtel de la rue Saint-Florentin, îttre dont M. de TallejTand avait promis de le charger pour >rince. Il eut avec lui un entretien dans lequel les dernières )ositions furent arrêtées. JI. de Talleyrand promit, au a du gouvernement provisoire, 1** qu'il emploierait toute influence pour empêcher le Sénat de publier une constion ou tout autre acte de nature à compromettre l'autorité Roi. 11 fut convenu 2* que Monsieur entrerait à Paris à val, avec l'uniforme de la garde nationale et la cocarde

852 kf.tabli5>e5ie>t de la maison de

bhnch»r : 3* .^'Urr 1.-- cl'.f? d»; h ville lui sif^raîent présentées p« k- pïyf'.: Ak .1 N-iiir -: î-ir. l*: corps de ville ; 4* qu'il se i»driit dir*.M.*viLviit a Nvtiv-DAme, uù le Sénat, le Corps légsr Intif et 1-? ^lUt.Mri:»r^ ci\iks t- 1 judiciaires seraient réunies pnr le Te Deutu : :? qu'il prendrait sa résidence aux Tuileriei; 6* qu'il =Mi-tir;iit •:...nvrii;il.lemt.'nt escorté pour visiter les so^ v».i\tins : 7' qu». U- l'.îtrt-s patentes du Roi qui nommuol Moiisi».'Ui li».-ut».ii;iiit Ltiiénd du royaume seraient portécib l»-nd»'maiii au St^uat par le président et les membres dugoiverut-niciil pru\i^oiii-. pour y être vériliées et enregistrées^ séance ♦•xtraurJiiiairc. »

Ou écrivit i-n (1« »ul.»le ces conventions et une des copies tt laisséi' à M. de Tallcymnd, qui souscrivit à tout sans ékii» une objection. Jamais homme n'attacha moins de prix iw parolu doiniée, mais aussi jamais homme ne s'occupa nuki de la tenir. Le baron de Vitrolles ne put pailir dans la matiiii du 4 a\ril, parce* que la lettre du prince de TallejTand pov le coaite d'Artois n'était pas encore prête. 11 fut ajounié • soir, et. comprenant le prix des instants dans une sitiulis si eiitique, il lésolut de pailir en sortant de cette denûîR entrcNue. Le 4 aM'il, à huit heures du soir, il était en iaceà M. de ïallryrand, dans le premier sidon de la rue Sainl41^ rentin, et tendait la main pour recevoir la lettre pron lors(|ue le bruit de talons ferrés retentit. M. de TalleyMi n»tira Aivemcnt la lettre et s'enquit auprès de Taide de du prince de Sch\varz(4d)eri:, qui venait d'entrer, des velles qu'il apportait, (lelui-ci répondit que les marédHB Ney et Macdonald et le duc de Vicence se présentaient Ml avant-po>te> , cli;ir::ês des [)ropositions de Napoléon et ë^ mandant à Noir Alexandre, (ne ombre passa sur la physioB^ mie ordinairement inqiassible de M. de Talleyrand. « Cecict un incident, dit-il à M. de Vitrolles de s<i voix laplusgiM. Vous ne pouvez partir actuellement ; il faut voir comment cch

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