‹ Histoire de la restauration (volume 4)Chapitre 94 sur 213 · LETTRE DE M. DE TALLEYRAND · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE TALLEYRAND

i par eux, et surtout arriver, pendant qu'il y avait table

sans laisser aux architectes impatients ou malveillants le is de bâtir.

s considérations l'emportèrent. Le comte d'Artois décida partirait pour Paris avec M. deVitrolles, et se mit en effet mte le vendredi saint, 8 avril. Il venait d'entrer à Vitry- "ançais au milieu des acclamations de la foule, lorsqu'un rier apportai un immense pli de la part du gouvernement isoire. M. de Vitrolles se retira un moment dans une ibre reculée pendant que le prince recevait les hommages mtes les notabilités de la ville, et ou\Tit le pli avec une itience inquiète. C/était l'acte constitutionnel, auquel était e la lettre suivante, signée de trois noms : le prince de Bént, le dur Dalberg, le marquis de Jaucourt. Nous vous adressons l'acte constitutionnel tel qu'il a été u et publié par le Sénat. S'il y a des points qui peut-être Bttraient des modifications en faveur d'un système puret monarchique, il faut bien réfléchir que toutes les plaies

ouvertes, que les passions sont aiiitées, et que surtout our-propre de chacun est irrité. Le Roi fera avec de telles les tout ce qui sera nécessaire pour lui et la nation. Le « législatif, qui ne se trouve réuni que par trois cinquièmes, ulu en prendre connaissance, et y donner son adhésion; se fera dans la journée de demain. La proclamation sem

aussi demain par la voie des journaux et par la proclaon des maires.

L'affaire delà cocarde est un objet à méditer. Tout le mondf junit à désirer que monseigneur le comte d'Artois l'adopte, mée paraît y tenir beaucoup , et l'empereur de Russie

que ce serait là un point de réconciliation sur lequel il it bon de passer. Les premiers pas sont les plus impor- 3. La cocarde est par elle-même la cocarde de la nation, lis vingt-cinq ans elle la porte, et le soldat, par souvenir

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Sb8 RÉTABLISSEMENT DE LA MAISON DE BOURMN.

de SCS actions, n'y renonce qu'à regret. Quant à ThalitA garde national, on pense que c'est chose con¥eDiie< La |kl grande diflicultc sera de gagner Fesprit de Tamiée, et c'oll cela qu'il faudra employer tous ses moyens. L*arriTée de m» seigneur le comte d'Artois est nécessaire, et nous ?0U9 ta^ geons beaucoup à ne pas la laisser retarder. »

Ainsi se traduisaient les paroles de M. de Talleyrandi iM A^ départ de M. de Yitrolles : « Ménagez-Tous, et ménagez-iMNM Les conditions portées au comte d'Artois, au nom du nement provisoire, et acceptées par lui, se trouvaient tement changées. Le prince comprit à la physionomie de IL Yitrolles que de fAcheuses nouvelles étaient arrivées. « donc bien marnais? » lui dit-il, d*un air entre le désir de voir et la crainte d'apprendre. — « Si mauvais, que si les vaux n'étaient pas commandés, il faudrait aller à Mais maintenant, il faut que monseigneur soutienne SOD ractère de courage, et aille à Paris. »

Le comte d'Artois, après avoir lu la lettre et l'acte tionnel, partagea cet avis, u Oui, mon ami, dit-il, k en est jeté! La France est devant nous. Marchons! Ou'i nous à craindre? »

On partit donc, et arrivé à CliAlons, le bai*on de Vi adressa à M. de Talleyrand, avec 1 approbation de Mo: la réponstî suivante :

« J'ai mis sous les veux de S. A. R. Monsieur Textitit registres des délibérations du Srnat et la lettre qui y jointe. Les principes généraux qui ont dicté cette tion sont pour la plupart dans la pensée et dans le tau Monseigneur, mais on peut craindre de trouver dau œuvre un caractère de précipitation. Des articles e tels que les garanties à donniT h la libellé individ semblent à peine indiqués, et d'autres semblent avoir éli terminés plutôt par do.^ iiitérOts paiiiruliors que par le

DE M. DE VITROLLES AU NOM DU COMTE D'aITOIS. S59

fien de TÉtat. Mais cet acte important est susceptîbk r sa perfection et toute sa valeur par le concours da iceptation du peuple , si S. M. le juge nécessain*. Monseigneur ne se rend point à Paris peur discuter

sujets. Des intérêts bien plus pressants ont décidé e. Il a traversé plusieurs provinces au milieu des ac- $, mais ces acclamations sont mêlées de cris de dou-

habitants fuient dans les bois, sans secours, sans (. A Paris on est dans les fêtes, et nous dans les onsieur fera son entrée en habit de garde national, î quittera pas la cocarde blanche. Elle est acceptée )pulations tout entières dans les provinces ; les plus illes de la France et Paris même l'ont arborée. C'est

cocarde de la France. »

î se terminait ainsi : « Monseigneur fera son entrée tre sept heures et midi. 11 se rendra à Notre-Dame ulevards, la place Vendôme, le Carrousel et le pont ^ comte d'Artois fit ajouter qu'il ne voulait pas être tre-Dame par le cardinal Maury; recommandation le quelle blessure profonde l'éclatant abandon de ccédant à ses éclatimts ser>'ices, avait laissée dans le Bourbons. C'est, après tout, la tendance générale du lain : on ferme ses bras au transfuge, alors même ouvre à Tennemi.

ition se dessinait d'une manière très-nette dans ces s. Elle avait encore deux étapes à parcourir avant l'ar- 3mte d'Artois à Paris et Tavénement de Louis XVIII. avait des difficultés à vaincre ou à tourner, pour les choses où M. de Tidleyrand voulait les conduire, n effet, obtenir d'abord du comte d'Artois, ensuite tVIIl, qu'ils acceptassent la situation que le gouver- *ovisoire leur avait préparée ; que le premier reconnût ution purement et simplement, et que le second h\

jurât, afin quo la royauté française, au lieu d*être de tnd nationale , filit d'institution sénatoriale.

Pour jouer cette double partie , le prince de TaUeyis sa coterie disposèrent ainsi l'échiquier : en face des as tions monarchiques du comte d'Artois et du roi Louis I on plaça les prétentions et les exigences constituanfa! Sénat, derrière lequel se groupèrent les intérêts et les pan révolutionnaires. On résen^i au gouvernement provisM rôle de modérateur et de médiateur, chargé d'apport transaction quand le moment serait venu. Une pouvait pit son point d'appui dans la population; les cris de: ^ & Sénat I et de : i4 bas le gotiveimement provisoire! qui n tissaient, chaque jour, sous les fenêtres de l'hôtel de fa Saint-Florentin, lui auraient révélé, s'il l'avait ignoré, cooB l'un et l'autre étaient impopulaires. Le prince de TaDey prit encore une foi^ son point d'appui dans la force A gère, entoura plus que jamais Alexandre des flatteries dil{ et des séductions de sa conversation, et lui fit une esf/tA point d'honneur de cons^truire la Restauration par les m l'aide desquelles il avait renversé l'Empire.

Le comte d'Artois refusant la position nouvelle qu*onfO lui faire, et le gouvernc^ment provisoire ayant détruit odk a^ait été fiûte au prince par la convention souscrite aveel VitnMles. il n'y avait phis rien de convenu. Du moment f Sénat subordonnait le rappel de Louis XVIII à ràcoqll de la constitution sénatoriale, les pouvoirs du comte d*A comme lieutrnant général du royaume tombaient iT ménu'S, puis([u'il les tenait d'un roi dont le titre nei étn* reconnu (ju'après l'accomplissement d'une conditioi posée. Il y avait là les éléments d'un conflit inévitable, ■ deux entés on niaintenait ses prétentions d'une manièlt soUie. Au fond, le comte d'Artois et ses conseillers, enci nuant leur marche vers Paris, nourrissaient une ospéM

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