MONSIEUR, CHEF DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE
^ dans des intérêts particuliers indûment confondus avec les in- ^ téréts généraux. Mieux eût valu pour la nation comme pour la royauté que le comte d'Artois et plus tard Louis XVIII , acceptant en principe la pensée d'Alexandre que la France devait intervenir dans le changement de ses destinées , en proposassent une application meilleure et plus vraie , et reconnussent devant la nation elle-même , sincèrement et réellement représentée, les droits nationaux tels que les comportaient les progrès de la civilisation, tandis que la nation reconnaîtrait le droit monarchique dans la maison de Bourbon. Mais ce n'était r^ point là le cours des idées du temps. Monsieur subit donc le ?^~ joug du Sénat, en se bornant à effacer du discours les phrases ', ^ qui subordonnaient d'une manière formelle le principe du ^ droit royal à la reconnaissance de la Constitution sénatoriale. 11 le subit de mauvaise grâce, en ne laissant pas échapper les occasions de protester contre la violence qui lui était faite, ce y qui donna à son attitude quelque chose d'équivoque comme K^ la faiblesse qui cède et l'arrière-pensée qui se résene. I- Immédiatement après le Sénat, le Corps législatif, qu'on ^^- avait laissé sur l'arrière-plan du tableau, dans un oubli et une :^ (Hsiveté difliciles à expliquer, du moment qu'on appelait la ^ . France à se prononcer sur la forme et le principe de son gou- :^^ vemement, se présenta devant Monsieur. Le président du Corps législatif, M. Falcon, adressa au prince un discours qui con- ■K. trastait par sa simplicité et par sa confiance avec celui du Sénat : ^ « Les longs malheurs qui ont pesé sur la France, lui dit-il, sont ^K enfin arrivés à leur terme; le trône va être occupé de nouveau ^' par les descendants de ce bon Henri que le peuple français "at s'approprie avec orgueil comme avec amour, et les membres ' ' du Corps législatif se glorifient aujourd'hui d'être auprès de Votre Altesse Royale les interprètes des joies et des espérances de la nation. »
U y avait peut-être là une ouverture dont il eût été possible
de profiter sans Tappui décisif que Tempereur de Rusûe Annait au Sénat. Monsieur, désespérant de pouvoir fine ■ acte, se contenta d'exprimer ses sentiments : « Je reçoh Me une vive émotion , dit-il , les témoignages d'afifection du Cofpi législatif. Je vous en fais, Messieurs, mes remerctmente. Mi je dois vous en dire plus : nous avons éprouvé, le Roi et mt un sentiment de gloire quand nous avons appris la ferflfetf avec laquelle le Corps législatif avait résisté à la tyranme, dÉI un moment où il y avait danger à le faire ; nous en avons AI fiers. Nous devons nous réunir à l'avenir dans un mAne M timont, l'amour de la patrie. Ce serait peu d'oublier lepfl^ nous ne devons fonner tous qu'une seule famille. Nous Ml beaucoup souffert, mon fnTe et moi, mais nos peines nesirf plus rien. Vous nous direz les maux de la nation, TOWfi êtes ses véritables représentants, et nous chercherons M! vous les moyens d'y porter remède. »
La pensée du discours de Monsieur, qui ajouta CBBil quelques phrases dans le même sens, était tout entière ces mots : a Vous nous direz les maux de la nation^ vM êtes ses véritables représentants. » C'était un soulagement le cœur du comte d'Artois, une satisftiction donnée à F publique contraire au Sénat, doutThumble acquiescement mesures les plus despotiques de Napoléon n'était pas par les arrière-pensées toutes personnelles et les calculs qu'il venait de manifester au milieu d'une si grande ré Mais les faits demeuraient ce qu'ils étaient. En vain à Boi à Nantes et dans un grand nombre d'autres localités, on la Constitution sénatoriale, sur quelques points par la mah bourreau ; le comte d'Ailuis n'en avait pas moins acceplt bases à Paris. La situation était faussée. La Révolution s* encore une fois interposée entre la monarchie et la France.
Le 16 avril, le comte d'Artois prit possession du gou ment provisoire; le lendemain 17, un arrêté publié dttf
ACTES DU COMTE D*ARTOfS. 983
miieur créa cm conseil d*État provisoire ; c*était le moyen irenu de perpétuer Texistence du gouvernement intérimure 19 un nouveau nom. Son personnel entra tout entier dans ce Bseii d'État, qui se trouva composé de MM. de Talleyrand, Ddberg, de Beumonville, de Montesquiou, de Jaucourt. On
V adjoignit les maréchaux Moncey et Oudînot et le général 88oUe, commandant en chef de la garde nationale de Paris. , de Tîtrolles devint le secrétaire du conseil d'État provisoire W5 le titre de secrétaire d'État, récompense des services qu'il ndt rendus dans ces derniers jours. Les deux éléments de la tce publique, l'armée, représentée par deux de ses plus» tostres maréchaux, Moncey et Oudinot, la garde nationale
V le général Dessolle , trouvaient aussi place dans le conseil iRivememental ; le comte d'Artois y introduisait l'homme qui «Uttt d'acquérir tant de titres à sa confiance, M. de VitroUes.
n fedlut pourvoir à quelques mesures d'urgente nécessité, indis que le drapeau blanc était adopté par la population Hfisienne,* arboré par la garde nationale, et qu'il flottait déjà IHiis plusieurs jours dans la plus grande partie de la France, ïtnée conservait encore le drapeau tricolore. 11 était impos- *te de maintenir deux drapeaux en présence. On avait songé ^ moment à revenir au drapeau tricolore, et même une note •ii été préparée pour le Moniteur afin d'avertir le public ^ le gouvernement impérial étant définitivement tombé, la Carde blanche cçssaitd'être un signe de ralliement nécessaire 5^ partisans du rétablissement de l'ancienne dynastie, et les ^urs tricolores reprenaient tous leure droits • . Mais on recula ^tot la double instance du comte d'Artois et de l'opinion pu- 'que exprimée par Benjamin Constant dans son écrit sur r^5- W de conquête et (Tusurpation^ où il adjurait les Bourbons
'• M. le duc de Raguse, dans ses Mémoires, déclare que ce fut sur ses repré- 'UttoBt réitérées que eette note fut rédigée.
In.*
tf de ne pas faire rimmoral abandon de roriflamme de k» pères, pour prendre un drapeau tout sanglant de crinei^ et dépouillé de Tauréole du succès. » Le prince de Tallejnri sortit de ce pas difticile par un stratagème entre les ruseiè la diplomatie et les fourberies de la comédie : il fit écrire ■ maréchal Jourdan qui commandait à Rouen la quinzième d»l sion militaire, que le maréchal de Raguse venait de foire idbj rer la cocarde blanche. Le mai'échal Jourdan, croyimti l'exemple , le donna, et peu à peu tous les généraux finlj arborer le drapeau blanc à leurs troupes, en suivant rin|ij sion qui se communiquait de proche en proche.
Le nomination des commissiiires généraux envoyés dattl départements fut un des premiers actes du conseil de nement après rîirrivec de Monsieur. Les départements^ dans une position difiicile, inquiète, troublée. Les évéi étaient mal connus , il fallait les faire connaître ; les agités, il fallait les paciiier; radministration, désorganiséeil fonctioimait plus sur plusieurs points et fonctionnait .suri très contre Tesprit du nouveau gouvernemeht, il était saire de mettre un terme à la désorganisation et d'apj tous les rouages au pouvoir nouveau . Les noms des coi royaux sufilsent pour indiquer que le comte d'Artois ne il point montré exclusif dans ses choix. Le duc de Doudc allait à Mézières, le maréchal Kellermann à Metz, M. Bog*' Damas à Nancy, le chc\ aller de Lassale à Strasbourg, le de Champagne à Besanron, le comte Auguste de Juiguéil noble, le comte de Boisgelin à Toulon, le vicomte d'( à Montpellier, le comte Jules de Polignac à Toulouse, le< Uejean à Bordeaux, M. (iilbert-Desvoisins à la Rochdkfj conite de Ferrières à Rennes, M. de Bégouln à RoneOiki de Plaisance à Caen, le maréchal Mortier à Lille, le Nansouty à Dijon, M. de Noailles à Lyon, le général à Périgueux, M. Otto à Bourges, M. Matthieu de Mont
ffOMlNATION DES COMMISSAIRES ROYAUX. S85
'ours. La mission des commissaires royaux était , d*apFès ternies du décret de leur institution, « de répandre dans pays la connaissance exacte des événeme^nts qui avaient iéa la France à ses souvei*ains légitimes, d'assurer Texécun de tous les actes du gouvernement provisoire ; de prendre lies les mesures que pourraient exiger les circonstances ir faciliter rétablissement et Faction du gouvernement; de veîUir les renseignements les plus précis sur toutes les paities Tordre public. » Leurs pouvoire étaient presque discrétionres. « Toutes les autorités civiles et militaires devaient leur îir; ils pouvaient suspendre ou révoquer provisoirement les K>sitaires et les agents de l'autorité publique de tous les gs; ils avaient le droit de prononcer la mise en liberté imiiate de tous les individus détenus par ordre des autorités anales pour faits politiques. » Le comte d'Artois leur avait à leur départ : « Portez au peuple l'espérance, et rapportez Roi la vérité. »
•es dispositions personnelles de chacun d'eux, et le milieu « lequel il se trouva transporté, exercèrent naturellement '' action sur le résultat de cette mission donnée à des hommes it les précédents et les opinions différaient, et qu'on envoyait 18 des départements qui n'avaient rien de semblable. Mais f les manifestations d'ailleurs inoffensives du Midi et de lest contre la Constitution du Sénat, qui n'avait du reste ore aucun caractère légal, il n'y eut aucun trouble , à plus « raison il n'y eut pas de réactions violentes. Tout se borna es modilications administratives inévitables le lendemain de p'ands changements politiques ; encore ne furent-elles pas obreuses. La plupail des fonctionnaires de l'Empire, habi- 3 à l'obéissance passive , aflichaient un grand zèle pour le iveau pouvoir sous lequel ils voulaient garder leui^s emplois, fêtait point à tel ou tel gouvernement qu'ik étaient dévoués, ait au gouvernement.
Au nombre des instructions des commissaires royaux, clÉ celle de rétablir le payement des contributions. Le tréawélÉ dans une grande pénurie ^ et Ton ne pouvait aller longiOBp avec les faibles ressources que M. Dudon avait rapportées Oh léans. On était dans Tarbitraire financier, comme dansTa)^ traire politique, entre un gouvernement récemment tombélt un gouvernement h naître. Pouvait-on appeler un Sénat ctJi (lorps législatif , qui non-seulement n'étaient pas enooiDlii^ miiis dont les pouvoirs n'existaient qu'en vertu d'une Goosiil^ fion qui n'était pas en vigueur, à se prononcer sur uneq* tion d'impôt? Le comte d'Artois et son conseil ne le pensèni pas. Le nom seul de gouvernement provisoire indiquait qi'i pounojidt par des expédients temporaires à une âtulit transitoire où il n'y avait rien de régulier ni de légal. Le ooril d'Artois décida que les contributions continueraient d'Aï perçues pruvisoii'emeut sur le même pied; seulement ondi^ nua les droits réunis d'un dixième, pour donner un GomiMt cément d'exécution à une promesse souvent répétée par sieur. 11 ordonna eu outre rémission de dix millions de du trésor afin de pourvoir aux besoins les plus près .Malgré les embai'ras de la situation , la confiance inspirée p le rétablissement de la paix et le retour des Bourbons grande , que les fonds ne cessaient de monter, ils étaient à 43 la veille de la capitulation de Paiis, ils montèrent àCI lendemain de Feutrée du comte d'Artois.
Le dernier acte important du gouvernement provisoirB la convention signée le 23 avril entre le lieutenant géiiénl royaume et les puissances coalisées. On a dit que puîafV avait attendu jusque-là, il fallait attendre jusqu*à F de Louis XVlll , en hdssiuit les choses dans le statu gm. ataiu quo^ il ne faut pas l'oublier, était déplorable"; c*étaitri cupation et l'oppression de la moitié de la FraacejMurla nation étrangère, et les villes et les campagnes soumises à
CONVENTION i)u 23 AVRIL 4Mi. 987
m d^arbitraire, deiMmUâbution militaire et d'avaoies. i'ar-- 8 de la convention stipulait que radministralion dee «dépar* ints militairement occupés serait remise aux autorités4htnis*. C'était leur délivrance. En outre, quelque dures qu'oD se trouver les conditions souscrites, elles étaient beaucoup 18 dures que celles du congrès de Châtillon ^, et Napoléon ien dernier lieu autorisé le duc de Vicence à les signer. Les crains exigèrent-ils que la convention fût immédiatement crite ? La fortune des armes les mettait en position d'obtenir l'ils exigeaient, et l'on ne pouvait, dans l'état de dislocation e trouvaient l'armée et la France , recommencer la guerre ' conserver un matériel et des arsenaux qu'on cédait par nvention. M. de Talleyrand montra-t-il un empressement tant plus inexcusable qu'il aurait été intéressé à accepter conditions fâcheuses? On l'a dit, et sa mauvaise renommée torisé ces bruits ; mais il faut tenir compte de la dispo* 1 du public à chercher derrière tout malheur national une son. Ce qu'il y a de certain, c'est que la responsabilité Btte convention pèse sur M. de Talleyrand qui en fut le Knateur, et non sur le comte d'Artois qui, nouveau venu
L'article 8 de la convention du 23 avril était ainsi conçu : « U sera fait B par les cobelligérantâ , après la signature du présent acte , de Tadminti- D des départcuients ou villes actuellement occupés par leurs forces , aux trats nonunés par S. A. R. le lieutenant général du ro.vaume de France. Btorités royalc8 pourvoiront aux subsistances et besoins des troupes jusmoment où elles auront évacué le territoire français, les puissances alliées it, par un effet de leur amitié pour la France , faire cesser les réquisitions ires , aussitôt que la remise au pouvoir légitime aura été effectuée. Le idet places Fortes en Fran«:e sera levé sur-le-champ par les années alliées. VëT l'article 6 du projet de convention de ChâUllon, les puissances exiit, on l'a vu , que Napoléon remit les forteresses et forts des pays cédés et |ai étaient encore occupés par les troupes en Allemagne, sans exception, ) les places et forts fussent remis dans Tétat où ils étaient, avec toute leur rte , munitions de guerre et de bouche, crehives, etc. Napoléon devait rai en outre aux coalisés Les places de Besançon, fiéfepd, Uuningue, pavrètre iê en dépôt comme Strasbourg, Heti et ThionviUe, Jusqu'à la ratlAcatioQ live de la paix.
en France, nécessairement inexpérimenté dans les a n'en fut que le signataire confiant.
Voici les principaux articles de la convention du SS publiée dans le Moniteur du 24 du même mois :
c Aujourd'hui ont été ratifiées, par S. A. R. Monsiear, frère lieutenant général du royaume , des conTentions avec chacQBe d sances alliées. En voici le texte :
« Les puissances alliées , réunies dans Tintention de mettre i aux malheurs de l'Europe , ont liommé des plénipotentiaires pi Tenir d'un acte, lequel , sans préjuger les dispositions de la pi ferme les stipulations d'une suspension d'hostilités , et qui sen plus tôt que faire se pourra, d'un traité de paix. Ces plénipota après l'échange de leurs pouvoirs , sont convenus des articles n
« Article premirr. Toutes hostilités sur terre et sur mer m meurent suspendues entre les puissances alliées et la France.
« Art. 2. Pour constater le rétablissement des rapports d*ami les puissances alliées et la France, et pour la faire jouir d'année que possible, des avantages de la paix, les puissances alliée évacuer, chacune par leurs armées, le territoire fraDcais tel trouvait au 1^'' janvier 1702, à mesure que les places encore < hors de ces limites par les troupes françaises seront évacuées et aux alliés.
« Art. 3. Le lieutenant général du royaume de France doi conséquence, aux commandants de ces places, Tordre de lesren manicre à ce que la remise totale puisse être effectuée au i"î chain. Ils peuvent emmener l'arlillerie de campagne dans la pi de trois pièces par chaque mille hommes, malades et blessés
« La dotation des forteresses, et tout ce qui n*est pas proprM culiOre, demeureru et sera remise en entier aux alliés, sans qn en être disirait aucun objet. Dans la dotation sont compris, » ment les dôpiNts d'artillerie et de munitions, mais encore toutes n venanoes do tout genre, ainsi (jue les archives, inventaires, pliBi modMes, etc.
« Art. •. Los stipulations de l'artirlo précédent seront é| appliquées aux placos maritimes. *
Kniiu venait Tartiile 8, plus haut cité, qui restituai niinistratiou uatiotialo toutes los portions de notre ti réi:ie> par raiinûni>trati(»n i'ti'an4rm\
LOUIS XVIll, S£8 IDÉES ET SON CARAGTEBK. 289
es sacrifices souscrits par la conventiou du 23 avril 1814 int considérables. L'impression publique fut douloureuse . ivait presque oublié qu'il y avait des vainqueurs et des eus, la convention du 23 avril le rappelait. Après cet nge de paroles généreuses du côté d'Alexandre, laudade la part du Sénat, la loi du plus fort reparaissait : il t la subir ; mais le contre-coup fut défavorable à Monsieur , lequel on reporta la responsabilité d'un consentemeni ne pouvait refuser. On eût dit qu'il avait créé la situadésastreuse dont la convention du 23 avril n'était que pression diplomatique.
8 XVIII, SKS PRÉCÉDENTS, SES IDÉES, SON TARACTI^HK. — XÉGOriA riONS QUI PRÉr.ÈDENT SON RETOUR.
n'y avait encore en France que du provisoire, ou attendait impatience du définitif. Il ne pouvait venir que d'Hartwell. feux commençaient à se tixer sur cette résidence, un mois ravant complètement inconnue à la France , et qui devele point de mire de tous les regards, de tous les efforts en contraires, de toutes les ambitions , de toutes les espé- 88; car c'est de là qu'allait arriver l'avenir du pays. Quel le prince qui allait régner sur la France? Quelle avait été 3 dans l'exil ? Quels étaient son caractère , ses aptitudes , lées? Telles étaient les questions qui se posaient devant >prits. 11 faut y répondre.
uis XVIII était un prince plein du sentiment de son droit, mtiment, comme une force invincible, l'avait soutenu ant les longues épreuves de l'exil. Il avait foi dans le prinnonarchique ; il n'avait pas cessé d'espérer, parce qu'il
Hitt. de la Rfstaur. I. If
S90 KKTABLISSRMKNT DR LA MAISON DE llOtRMIV.
u'avait pas cessé de croire, et il s'était montré le noble gardien de la dignité royale sur la terre étrangère. ]I portait très-hHt au>si le sentiment de Thonneur national, et, en 1800, il éeri* vait, dans les instructions secrètes données à Bf. de SaiB^* Priest accrédité près la cour de Vienne, au moment où la coilition se préparait à frapper un grand coup qui pouvait fiât prévoir Téventualité d'un remaniement de l'Europe et d'i Restauratirni en France : « Si pour faire ime frontière l^iys-Bas on demandait la cession de quelques places, M. de Saînt-Priest déclarerait qu'il m'est impossible d'y consentir: i° parce que ce serait me déshonorer, et qu'assurément je se sacritierai pas au désir de régner Ir seul bien qui me reslr, celui que nul homme, excepté moi, ne saurait me ravir, l'hoiineur; 2** parce que cette mesure, une fois connue en France (et ellr nr pourrait pas mauijuer de l'être), me dépopularisenil entièrement.... Si, malgré ces raisons, le ministre autrichki s'ohsiinail jus(iu'à faire di» la ct»ssion delà moindre bicoquen France une condition sine qua non^ M. de Siiint-Priesl n'îuu'ait plus qu'à demander des passe-purts pour venir W rt'lrouver'. »
Au sentiment de l'in\inlal)ilité de son droit, de la dignilé royale et de l'honneur national, Louis XVI II joignait un sono jaloux du maintien du principe de Tautorilé. L'examen atteril de sa correspciudance la plus intiuie et la lecture des dedans tions puhliées par lui à différentes époques de son eiil M donuent poiut lieu de penser qu*il fut dans l'origine partiM de Vapplicatiou de la constitution anglaise à la France. Teëj au contraire, on le retrouve partout très-partisan deTancieiMij constitutitm française, telle qu'elle existait avant 1789, et,UNit en siaiscrivimt à d<*s niodiîieatious l't'udnes inévitables parU
1. Lctins et ln\trtuni*n\ •/<• lon\ X \ 111 au ijutu Je S tint'Priest, «l'une iiolU'O. |iar M. ili* Paraiil:*, y.ùv tl» Kraiic\ (Amvol, 184S.)
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i.di is wiii, >[ s ihKi s i.r SON r.Mi \f:ri:hK. ^[)\
marche du temps, désireux (1<* s'en lappioclur autant que possible. Cette tendance des idées de Louis XYIII est manifeste dans les observations qu'il adressa en 1799 à M. de Saint- Priest sur un projet de déclaration, proposé par cet ancien miiiistre ' . On voyait transpirer à la même époque cette jalousie p de son autorité qui était un des traits de son caractère. « Un L gouvernement sage, écrivait-il, doit connaître le vœu du peuple ^ «t y déférer quand il est raisonnable, mais toujours agir pro- W: pria motu; c'est le secret d^ se concilier Tamour et le respect. ^ Si je suis un jour roi de fait, comme je le suis de droit, je veux ^ r<^tre par la grftce de Dieu'^. »
Ainsi pai'lait, ainsi pensait Louis XVIII en 1799, car il s'exprimait de cette manière dans un écrit qui n'était point destiné à voir le jour. Ces opinions paraissent avec plus de netteté l et plus de vigueur encore dans les observations que lui sug- \' gévH. la lecture des Réflexions de M. le chevalier de la Coul idr€tye sur les Cahiers de la noblesse du Poitou aux états gé- ' néraux de 1789. Dans ces observations, Louis XVIII se montre contraire à la périodicité régulière des assemblées politiques t- et peu favorable au gouvernement anglais^. Il est vraisemblable néanmoins que ces idées avaient subi des modifications pendant le séjour du Roi en Angleterre, où il avait été à portée d'apprendre les avHnt«iges qu'on peut tirer de ce genre de gou- Ei vemement.
Louis XVIII avait des idées larges sur l'admissibilité de tous £ aux emplois et par conséquent sur l'égalité possible, sur la
nécessité de couvrir d'un voile les opinions et les votes après
f. « J*ai dit que je voulais rétablir Tancienne Conatitution française du- £ gpgée des abus qui s'y élaient introduits. Cette phrase, que je n'ai pas niise sans ^ - deMeio dans ma déclaration de 1796, me laisse toute la latitude dont j'ai Le- "^^ talii... Le temps introduit souvent des abus dans une Constitution , mais il ne ^ Mttrait U rendre abusive en elle-même. » ^ 2. lettres de Louis irHL
3. Manuscrit inédit de Loui$ lYUI, publié par Martin d'Oisy. (Paris, 1839.
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<li- /iifi-'il. rlont f|ii»'li|ii»'r-iiii^. roinme M. do MontesqiDf
hi,v«f-( ollinl. /i-. ilt-rriitT^ correspondant avec M. Beeq
.l'.ih Ml 111 |Mrt ;iii |in'ini«'r flot dt: 1789. L*abbéde Montesq
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lti(|iii ll> il rniiiliiiir ;i\;iir rlr (loiitouso ; cVtait uue import
|Hilih(|iic irmliiiif plus f'oiiMdcrablr aux yeux du Roi m
iir \rniiii |iii^ (le lui. L(>s honiincs les plus avant Ama
l'xtiriir |Mililii|ii«'.Mprrsral)bé(lt'Mont«'squiou, étaient M. I
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