I.K 1)1 C D'aM'.OI I.KME K ST OUI. U. K DE RÉTROCRADEK
Pont-Saint-Esprit pour assurer sa retraite en cas d’insuccès, i[iie le général Lilly avait soulevé les deux régiments de ligne qui occupaient Montpellier et Mmes, et qu'il marchait sur Pont-Saint-Esprit pour s’emparer de cette position que l’on craignait de ne pouvoir lui disputer. Si cette position était occupée par les impériaux, les communications du prince avec la Provence étaient rompues. Il donna l’ordre de la retraite. Elle commença le ;i avril à deux heures du matin. 11 arriva le 6 avril au soir à Montélimart, et trouva le pont de la ItrAme occupé par le royal-étranger. Il avait appris eu chemin le, renversement du gouvernement royal à Bordeaux et le départ de la duchesse d’Angoiiléme pour l’Espagne, les événements de Toulouse et l’arrestation de M. de Yitrolles; il achevait de tomber par toutes ces chutes. La route de Marseille était encore libre, et le drapeau blanc tlotlait sur cette ville ; c’était donc sur ce point que, d’après l’indication militaire, devait être dirigée la retraite. Mais la situation politique dominait la question militaire. Le sentiment de l’anéantissement des dernières chances de la cause royale était dans tous les esprits, et on l’abandonnait avec cet empressement que mettent la plupart des hommes à déserter les causes perdues. Les soldats du 10' de ligne commençaient eux-mêmes à déserter en grand nombre, depuis qu’on rétrogradait au lieu d’avancer. J1 n’y avait aucune espérance d’arrêter ce mouvement que tout précipitait. Le duc d’Angoulême était donc disposé à traiter pour éviter une effusion de sang inutile. A Montélimart, il reçut des propositions du général Lilly, et envoya vers lui son chef d’état-major, le général d’IIautaue, et le baron de Damas qui lui était adjoint. Les deux négociateurs rencontrèrent le général Lilly entre Nîmes et l'ont- Saint-Esprit, et. revinrent avec lui vers cette dernière ville.
Le duc d’Angoulême partit de Montélimart le 7, s'arrêta à Pierrelatte (13 kilomètres sud de Montélimart), où il attendit
RETOUR UK 1,11. K d'elre.
longtemps la réponse du général Lilly. 11 aurait pu facilement ce jour-là gagner Mornas ou môme Orange, et arriver le 8 avril sur la Durance. Le passage était libre, car Pont-Saint-Esprit était encore occupé par le comte Eugène de Vogué, commandant des volontaires royaux de l’Ardèche, qui n’évacua ce poste que le 7 au soir. Mais le prince voulait assurer par une convention la sûreté do ceux qui s’étaient dévoués à sa fortune. Il attendit donc le retour de ses négociateurs qui revinrent dans l’après-midi, en lui apportant un projet de traité qui parut acceptable. H y était dît que le duc d’Angoulôme, désirant mettre tin à une guerre devenue inutile, consentait à se retirer en Espagne par Cette. Les volontaires royaux seraient licenciés, rendraient leurs armes, et, protégés par les autorités, rentreraient dans leurs foyers sans être inquiétés. Les troupes de ligne feraient leur soumission au nouveau gouvernement, et les ofticiers ne seraient point, recherchés pour leur fidélité à Louis X Y III.
Le duc d’Angoulôme accepta ces conditions et les exécuta fidèlement. 11 se rendit avec ses troupes à La Palud, bourg muré du département de Vaucluse, situé sur la rive gauche du Rhône, à sept kilomètres nord-èst de Pont-Saint-Esprit, et v passa les journées du 8 et du 9 avril. Le 8, il fit ses dispositions préparatoires, et donna quelques récompenses à ceux qui s’étaient le plus distingués; car, au milieu du naufrage de la cause royale, il n’avait pas perdu l’espoir pour l’avenir. Le 9 av ril, il licencia ses troupes et renvoya chez eux les volontaires royaux munis de passe-ports signés par le général Lilly. 11 partit lui-môme en poste le 9 avril à huit heures du soir pour Cette; là il devait s’embarquer pour Barcelone.
Les conditions furent moins loyalement exécutées par les impériaux. Au moment où le duc d’Angoulôme s’arrêtait à Pont-Saint-Esprit pour relayer, un aide de camp du général Lrouchy se présenta à la portière du prince, annonça que son
CONVENTION I)E I.A PALII».
général, arrive de Paris dans la nuit, venait de prendre le commandement; qu'il avait ordre de l’Empereur d’annuler la capitulation de La Palud et de faire arrêter M. le duc d’Angoulèn.e, qui fut conduit dans la maison de M. de Renoyer avec sa suite militaire, le duc de tanche, le baron de Damas, le vicomte Des Cars, le comte Gaston de Lévis.
Le général Grouchy ne faisait en etfet qu’exécuter l’injonction expresse qu’en partant de Paris il avait reçue de l’Empereur *. Ce fut une dépêche télégraphique envoyée de Lyon par le maréchal Suchet qui annonça à Paris la convention de La Palud et la captivité du prince. Le premier mouvement de Napoléon fut terrible; il parla de faire fusiller immédiatement le duc d'Angoulême, mais, sur les représentations et les instances du duc de Bassano, il consentit à autoriser la ratification de la capitulation, à la condition que le prince souscrirait la promesse de la restitution des diamants de la couronne emportés par le Roi Louis XVI II. Le duc de Bassano se hâta
I . On Irouve dan» V Histoire du comte tl' Hauterive, par le chevalier Artaud de Montor, de curieux détail» sur cet épisode de ISIS. M. Artaud avait puisé ces détail» dan» le» papier» du comte d’Haalerlve qui le» louait du duc de ltas»aiio (Maret), et il en avait trouvé lui-même la confirmation dan» le récit du diu‘ de Bassano, avec lequel il avait eu de» relation» obligée» en 1817, élan) chargé d’affaires de France à Vienne, et avant reçu la mission de prendre de» inlbnnalioii» sur la situalion où »e trouvait le due, réfugié à Gratz, et qui demandait à rentrer en France.
I.e général Groucliy avait d'abord reçu de la bouche d’un de» hommes de coutlanee de l’Empereur l’ordre de partir pour le Midi , où le dur d’Angoulême fai-ait la guerre , de le prendre et de le faire fusiller sur-le-champ. Il s’était récrié contre cette commission, en disant qu’il ferait la guerre en homme d’honneur, el non en sauvage, et qu'avant de partir il verrait l’Empereur pour le lui dire. Il le vit et le lui déclara. L’Empereur ne manifesta ni méeonlenlement ni surprise, il n’a voua ni ne désavoua l’ordre : « Vou* irez, dit-il, dan» le Midi, vous acculerez le pr'ncfl à la mer jusqu'à ce qu’il s’embarque. Parlez. « Puis il rappela M. de Grouchy el, d'un Ion assuré cl ferme, lui dit : u Souvenez-vous surtout de l'ordre que vous recevez de moi: si vous prenez le prince, gardez-vous bien qu’il lui tombe un cheveu de la lêle. » Après un momenl et le signe d'une profonde réOexion : • Non, vous preudFcz le prince et le retiendrez jusqu'à ce que je sois Informé et que vous receviez mes ordres. » Le général partit, (l ie du comte d' Hauterive, page 398. Paris, 1839.
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d’expédier la dépêche; mais, par un de ces contre-temps qui déterminent quelquefois les événements les plus déplorables, une nouvelle dépêche arriva du quartier général du Languedoc, annonçant qu'une fermentation menaçante régnait parmi les populations des environs du lieu ou le prince était détenu, et que la garde nationale se montrait très-agitée. Le directeur du télégraphe de Paris, en envoyant cette nouvelle dépêche au duc de Rassauo, lui écrivait qu'il avait cru devoir suspendre la transmission des ordres qu’il était chargé d’expédier pour le Midi, et qu'il lui renvoyait, afin de s’assurer si ces ordres ne seraient pas modifiés. Tout se trouvait donc remis en question. Napoléon allait de nouveau être exposé aux suggestions de ce mauvais génie qui, se penchant vers l’oreille des gouvernements condamnés à périr, leur conseille d’employer les derniers moments de leur puissance à exercer sur leurs ennemis à leur discrétion d'impitoyables vengeances. Comme un loyal serviteur, le duc de Bassano prit sur lui d’épargner à son maître cette tentation. Après quelques instants de réflexion, il fit ordonner au directeur du télégraphe de • Paris d’expédier immédiatement la dépêche qui prescrivait la ratification de la convention de La l’alud, en le réprimandant sévèrement d’avoir osé en suspendre l’envoi. 11 ne rendit compte que le soir à Napoléon de l'arrivée de la dépêche du quartier général , et quand il était trop tard pour révoquer la confirmation de la capitulation : celui-ci, après un premier mouvement donné à la colère, finit par approuver son ministre *.
I . D’Haulerivc, en achevant le récit îles événements qui précèdent, fait parler ainsi le due de Hassano : « Après c© qui s’était passé entre l’Empereur et moi, je me présentai le soir sans concevoir une inquiétude sérieuse à l’égard de* impressions fort diverses que je m'attendais bien à produire successivement sur Napoléon. — Voilà, .Sire, lui dis-je, une seconde dépêche télégraphique que j'ai l’honneur de remettre à Votre Majesté. Je ne dissimule pas qu’en la lisant sa physionomie prit un caractère plus sombre. Cette disposition ne fut que passa-
DÉPAIIT DI' lll C ÜANGOCLÈME HOIR I.’eSPAGNE 237
Le duc d’Angoulême, demeuré pendant ce temp» prisonnier, avait appris par le général (îrouchy qu’on attendait les ordres de l’Empereur pour disposer de son sort. Sa captivité se prolongea pendant six jours , et prit par moments un aspect .assez sombre. Le 1 i avril , un officier de gendarmerie lut. installé dans sa chambre avec ordre de ne pas le perdre de vue.
Des cris de menaces proférés par les clubs révolutionnaires et les fédérés retentirent avec fureur autour de la maison .où il était détenu. Il n’en parut pas ému. Il avait agi en soldat tant qu’il avait eu les armes à la main; captif, il écrivit à Louis XVIII la lettre suivante, datée du Pont-Saint-Esprit le 10 avril : <« Me voici ici résigné à tout et bien occupé de ceux qui me sont chers : mais je demande et j’exige même que le Koi ne cède '
rien pour me délivrer, .le ne crains ni la mort, ni la prison, et tout ce que Dieu m’enverra sera bien reçu. »
Le 15 avril, le télégraphe transmit l’ordre de reconduire le prince jusqu’à la côte. Il partit avec ceux qui avaient partagé sa prison, s’embarqua à Cette et arriva sans autre incident à Barcelone. Ainsi, la capitulation do La Palud recevait, quoique tardivement, son exécution pour le prince. Mais les volontaires royaux, à qui la capitulation garantissait, par une dis-
gère, et sc tournant vers moi d’un air de doute : — J'espère ipte notre première dépêche télégraphique u’u pas été expédiée? — Je vous demande pardon . Sire, elle l’a été et elle doit être actuellement parvenue, — Mais très-probablement (ici sa figure prit une teinte de sévérité et d’ironie très-marquée) celle-ci n'est arrivée qu’après le départ de l'autre? — Je vous demande pardon. Sire, répondis-je d’un ton ferme et assuré. Il ne me regarda pas. Ses regards tombèrent et sc fixèrent sur le lapis. Le caractère de sa figure u\ait quelque chose d'indécis qui me laissa (lutter entre l’inquiétude ut un sentiment de pitié tendre et douloureuse. Enfin il se releva comme d'une espèce d’abattement moral ; il se tourna vers moi, porta la main sur mou brus, le serra affectueusement et me dit : lutta mez bien fuit. » Histoire du comte d' Hauterive, page 40V.)
Celle version nous parait plus \raiseinblahle que celle du duc de Kotigo , qui assure qu'une nouvelle dépêche partit de Paris pour prescrirç de retenir le «lue d'Angoulème qui était déjà parti, et dit que le général Grouehy fit courir après lui sans pouvoir l’atteindre. (Voiries Mémoires du duc de Roviijof tome N US.}
ItF.TOtlt DF. l.'ll.E D'ELBE.
position expresse, pleine et entière sitreté pour leurs personnes et pour leurs biens, devinrent sur plusieurs points, victimes d’agressions à main armée. Les vieilles haines qui, dans ces pays de luttes séculaires, prennent tantôt la forme religieuse , tantôt la forme politique , avaient reparu. Des bandes de protestants profitèrent de la chute de la cause royale pour traquer comme des bétes fauves les catholiques, leurs adversaires, qui, pour la plupart, s’étaient enrôlés dans les volontaires royaux. Au Pont-Saint-Esprit, plusieurs de ces derniers, habitants de la ville de Nîmes, furent assaillis à coups de sabre et de baïonnette, les uns tués, les autres laissés pour morts par les protestants bonapartistes qui occupaient le pont, et jetés par-dessus les parapets : au nombre de ceux qui échappèrent blessés et sanglants à cette boucherie , était l’homme qui devait exercer quelques mois plus tard de terribles représailles et donner une célébrité sinistre au sobriquet de Trestaillon.
Les populations de la Gardouuengue 1 , terre classique du protestantisme, et les habitants d’Arpaillargues, bourg entièrement peuplé de protestants, ne se montrèrent pas moins impitoyables. Soixante-quatre volontaires royaux , la plupart habitants de Nîmes, furent d’abord sommés de rendre les armes à l’entrée de ce village, et quand ils les eurent rendues, devinrent le point de mire d’une décharge générale qui en mit quatre par terre. Ceux-ci, restés aux mains de leurs meurtriers, furent torturés avec des raffinements de barbarie qu’on ne rencontre que dans les plus mauvaises journées de la révo-
I. M. de Castelnau, capitaine de (régate, écrivait au Conieriuleur en 1820 : » J habile la Uardoimengue, ferre classique du protestantisme, et je suis moiniéiut* protestant. C'eut une vérité immuable que le» auteur» de» assassinai» dater» (de IKI6, après ia seconde Keslauraliou) étaient de» hommes de la Ile du peuple qui. Irop lldèhs aux funestes maxime» des gens de leur dusse, regardaient comme Je plus incontestable de leur* droit» le» vengeances individuelles qu'il* exerçaient sur leur* pareil», à raison do* excès dont eeirx-el s’étaient rendu» . iHqjttiii' ■* duu* le» Cent-Jour». «
MASSACRE d’aIU'AILLARGI’ES.
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lution Les autres furent poursuivis à travers champs, traqués, sabrés, fusillés partout où on put les atteindre. Dans ce pays de passions violentes et d’ardentes représailles, ce sang versé devait plus tard appeler une nouvelle effusion de sang , et ces crimes commis par les hommes les plus exaltés du parti
t . Nous empruntons ce» détails, non aux récriminations toujours suspectes ■les hommes de parti, mais aux documents judiciaires. I.es crimes commis après la capitulation de La Palud dans le village d’Arpaillargues fui ent dénoncés devant la cour royale de Nîmes, et le procureur général s'exprimait ainsi dans son réipiisitoire général (lu 1 1 juillet 181 (J : « La capitulation de La Palud fut signée le 8 avril 1815. L’armée royale était licenciée et les volontaires royaux devaient rentrer dans leurs foyers. Une disposition expresse garantissait h ces derniers pleine et entière sûreté pour leurs liiens et surtout pour leur personne. Soixantc- <|ualrc gardes royaux, la plupart habitants! de Nimes, en se retirant dans leur famille avaient pris la route qui passe à Arpaillargiies. Les habitants d'Arpaillargues exigèrent d'eux qu'ils remissent leurs armes.
« A peine furent-ils désarmés qu'une fusillade en renversa quatre. Les volontaires royaux épargnés par les premiers coups de feu cherchent leur salut dans la fuite. Ils sont poursuivis à travers champs, fusillés, assassinés, on leur donne la chasse comme à des hôtes féroces, quatre d’entre eux, Fournier, Calvct, Chambon et Charrai avaient été abattus et étaient restés au pouvoir de leurs assassins. Lorsqu'on s'apercevait que le malheureux Fournier faisait quelque mouvement, on se hâtait de lut donner des coups de fourche dans toutes les parties du corps. Fne femme lui enfonça si profondément sa fourche dans le ventre qu'elle fut obligée d’employer lousses eflorls pour la retirer, l'ue autre lui lança des coups de ciseaux dans le visage. On le mil nu (le procès-verbal de la levée (lu cadavre le consl a te), on le jela au coin d’une rue... Il conservait cependant encore un reste de vie, et il en donna quelques signes pendant la nuit; on lui écrasa lu tête avee uue grosse pierre.
« Calvet, habitant de Nîmes et marié depuis peu, avait été aussi blessé à mort. Klendu à terre et baigné dans son sang, il reçut encore plusieurs blessures, l'n homme que les témoins n'ont pas reconnu le déchira arec sa faux et lui enleva la paupière supérieure; une femme, un monstre, la Coulourgolc, lui enfonçait de temps en temps une fourche de fer dans le corps. Sur les dix heures du soir, il fut jeté dans une charrelte et expira bientôt sur les geuoux de Chambon. Fournier et Calvet ne furent pas les seuls qui perdirent la vie dans celte funeste journée; mais il n'a pas été possible de faire le dénombrement exact des volontaires royaux qui n'ont pas reparu, et qui, par conséquent, sont présumés avoir péri. Claude Chambon se sautait à travers champs après avoir échappé à la première fusillade, lorsqu'il fut arrêté par un habitant d'Arpalliargues. D'autres habitants armés l’investirent bientôt; l'un lut donna deux coups de baïonnette ; un autre un coup de broche ; un autre un coup de fourche dans les reins ; un anlre habitant lut tira un coup de fusil qui lui perça la cuisse droite. Pierre Nouvel a reçu une halle h la cuisse , il esl mort (le celle blessure, e|e„ etc. •
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IIKTOIJB DK I.II.K d'kLHE.
bonapartiste et protestant , provoquer des erimes parmi les hommes les plus exaltés du parti opposé et les expliquer sans les justifier.
Ainsi le premier effet du retour de Napoléon en France avait été de rallumer dans le Midi ces luttes \iolentesqui, dans les temps passés, avaient déjà ouvert si souvent les veines de la patrie par les mains de ses enfants. Les majorités royalistes, qui avaient essayé un moment de soutenir le drapeau de la monarchie renversé ailleurs, avaient été bientôt accablées par la supériorité militaire des forces régulières sur des populations étrangères au maniement îles armes et manquant de discipline et de cohésion. Trois semaines seulement’après la rentrée de Napoléon à Paris, les derniers vestiges de la résistance royaliste disparaissaient avec M. le duc d’Angouléme qui avait fait flotter le deruierdrapeau blanc sur le territoire continental de la France. Il ne serait pas juste de mesurer la hardiesse et le courage de cette résistance à son succès, l u arbitre compétent dont la sentence ne sera récusée par personne, Napoléon lui-même, devait quelque temps plus tard rendre à la résistance royaliste une justice que d’autres lui ont refusée. Un jour, un oflicierlui dit en parlant du retour de File d’Elbe, « que cet événement merveilleux avait offert aux regards de l’Europe attentive le contraste de ce qu’il y avait de plus faible et de plus sublime : les Bourbons abandonnant une monarchie tout entière pour s’enfuir à l’approche d’un seul homme qui avait la magnanime audace d’entreprendre à lui seul la conquête de l’Empire. — Monsieur, lui dit l’Empereur, vous êtes dans l’erreur, vous avez mal saisi le sens de l’affaire. Les Bourbons n’ont pas manqué de courage, ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient faire. M. le comte d’Artois a volé à Lyon, madame la duchesse d’Angoulême s’est montrée à Bordeaux en amazone, M. le duc d’Angoulème a marché en avant tant qu'il a pu. Si, malgré cela, ils n'ont pu venir à bout de rien, c'est moins leur faute