‹ Histoire de la RestaurationChapitre 111 sur 325 · LUS CENT-JOCHS · texte numérisé non relu

LUS CENT-JOCHS

« Les onze mois de règne du Roi, dit un des plus intimes confidents de l'Empereur, nous avaient rejetés en 1792 »

11 avait lui-même pressenti cette situation en mettant le pied sur le sol français, et ses proclamations à Cannes, à Grenoble et même à Lyon portaient, on l'a vu, la trace de ses préoccupations à ce sujet. En outre, sauf le petit nombre d’hommes demeurés fidèles à ses adversités, soit par dévouement, soit faute d’avoir trouvé place dans l’organisation du gouvernement monarchique, il n’y avait pas un de ses anciens serviteurs qu'il pût regarder en face, dans l’administration ou dans l’armée , tans éprouver un malaise moral et sans le lui faire ressentir, à cause des souvenirs récents qui s’élevaient entre eux. L'armée elle-même, quoiqu’elle eût rendu le retour de l’île d’Elbe possible, en se ralliant à Napoléon au lieu de le combattre , n'était plus la même qu’avant les événements de 1814. Elle pouvait se faire illusion un moment à la vue de son général, mais la réalité devait bientôt prendre le dessus. L’esprit nouveau avait pénétré dans ses rangs, les officiers les plus dévoués à Napoléon, Labédoyère même, n’avaient pas résisté à cette influence. 11 faut ajouter que l’armée, depuis ses revers de la fin de l’Empire, n’avait plus la même prépondérance dans le pays , et qu’épuisée par les dernières campagnes de Napoléon, inquiète et au fond mécontente d’elle- même depuis sa désertion en masse, qui l’avait fait repasser en un jour du drapeau blanc au drapeau tricolore, le nombre, le prestige, la confiance morale lui manquaient « pour faire taire, ainsi qu’on l’a dit, la France au dedans, en la montrant invincible au dehors 1 2. «

Enfin les royalistes tenaient dans le pays une toute autre place que sous le premier Empire. Ils avaient traversé récem-

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