‹ Histoire de la RestaurationChapitre 115 sur 325 · ENTREVUE DE NAPOLÉON AVEC BENJAMIN CONSTANT · texte numérisé non relu

ENTREVUE DE NAPOLÉON AVEC BENJAMIN CONSTANT

Ce ne fut pas le seul gage qu’il fut obligé de donner. Il .avait besoin d’un intermédiaire qui jouAt auprès du parti constitutionnel le même rôle que Fouché et Carnot jouaient auprès des deux nuances du parti révolutionnaire. Il poussa assez loin son mépris envers l’espèce humaine pour songer à Benjamin Constant, qui, peu de jours auparavant, le flétrissait des noms d’Attila et de Gcngiskan, le montrait « se servant des ressources de la civilisation pour organiser le massacre et administrer le pillage ; » et ajoutait qu’on ne le verrait pas luiméme au nombre « des vils esclaves qui, dans leur abjection profonde, consentiraient à reprendre ce joug effroyable. »

Benjamin Constant, après la publication de cet article, qui précéda d’un jour seulement la rentrée de Napoléon à Paris, s’était cru en danger, et avait obtenu de la légation d’Amérique les moyens de se mettre à l’abri en partant pour Nantes 1 2 . Mais Napoléon avait fait courir après lui , en lui promettant qu’il pourrait résider h Paris en toute sécurité. Bientôt après, il lui assigna un rendez-vous aux Tuileries, et le publiciste, aussi peu soucieux de sa dignité personnelle que l’Empereur pouvait l’être de la dignité humaine, s’v rendit sans balancer*. Benjamin Constant sortit de cette entrevue conseiller d’État, et chargé par l’Empereur de travaillera la constitution. Napo-

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