‹ Histoire de la RestaurationChapitre 118 sur 325 · I.ES CENT-JOURS · texte numérisé non relu

I.ES CENT-JOURS

dulité, le général La Fayette, depuis si longtemps descendu de la scène politique, se laissait aller à la pensée de jouer un rôle dans cette assemblée dont il réclamait la convocation. « Je m’unirai cordialement à vos efforts, disait-il à Joseph, pour repousser les puissances étrangères et les Bourbons qui les ont appelées. Jusque-là vous pouvez compter sur moi; mais c<‘ sera , je dois le dire franchement, avec le désir que si le gou- \emement de l’Empereur continue d’étre ce que je crains, il dure le moins longtemps possible 1 . »

Ainsi le parti constitutionnel, du moins dans la nuance avancée, se séparait des Bourbons, chose grave pour lui-même et grave aussi pour le pays, et au lieu de se réserver pour l’avenir, il se compromettait dans l’échauffourée du second Empire. Après tant de paroles de lidélité prodiguées par ses organes dans la Chambre de 1814 et dans la presse au représentant du principe traditionnel de la monarchie, il allait, par l’impatience de jouer un rôle, afficher une complète indifférence eu matière de gouvernement, pourvu que ses théories constitutionnelles reçussent une apparence de satisfaction, comme si un gouvernement pouvait s’appuyer uniquement sur une théorie, comme si la forme pouvait se passer du fond, l’édilice de base !

Quant à l’Empereur, ce n’était plus seulement Fouché et Carnot qu’il était obligé d’introduire dans son conseil, connue ses garants auprès des deux nuances de la Révolution : c’était Benjamin Constant, cet insulteur de la veille , qu’il chargeait de travaillera 1a Constitution du lendemain; c’était La Fayette, qu’il avait toujours regardé comme un rêveur et un idéologue, dont il faisait solliciter l’alliance et qui allait devenir son surveillant à la Chambre des représentants, à la tête du parti constitutionnel qui exigeait aussi ses garanties.

Page 1