MOTIFS QUI DETERMINENT NAPOLEON
du traité du H avril 1814, et il n’y avait rien de bien surprenant à ce que, au milieu des débats soulevés sur les grandes affaires européennes, ce point n’eùt pas encore été réglé, surtout en face de l'attitude du principal intéressé, qui, gardant une position de réserve, presque d’hostilité, semble n’avoir fait aucune démarche pour réclamer le règlement de cette affaire.
Évidemment cette question d’argent ne pouvait être invoquée comme un des motifs de la conduite de Napoléon , c’est à peine si elle pouvait être alléguée comme un prétexte. 11 faut chercher ailleurs les mobiles qui déterminèrent sa résolution.
Napoléon n’avait ni la religion fervente qui soutint Charles- Quint dans le couvent des Camaldules, après son abdication, ni la philosophie et le détachement de cœur et d’esprit qui aidèrent Dioclétien, après la sienne, à cultiver paisiblement son petit jardin de Salone. C’était un homme d’action, de gouvernement et de guerre. Pour lui, vivre c’était agir. 11 n’avait pas abdiqué volontairement, il avait disputé son abdication jusqu’à la lin aux circonstances et aux hommes, et il ne l’avait signée qu’à la dernière extrémité, lorsqu’il ne lui avait plus été possible de résister à la pression des unes, aux instances impérieuses et à l’abandon des autres. Ce n’était pas lui qui avait quitté le pouvoir, c’était le pouvoir qui l’avait quitté. En partant de Fontainebleau le 20 avril 1814, il avait déjà une arrière-pensée , car des moyens de communications secrètes entre lui et les amis qu’il laissait en France avaient été concertés avant son départ *. Le duc de Bassano surtout était resté l’intermédiaire actif de ces relations. L’Empereur y avait peu de correspondances; ce moyen dangereux compromet plus qu’il ne sert. Les renseignements les plus importants lui arrivaient par des visiteurs dévoués, accrédités auprès de lui au moyen