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I. Mimoriul de Suinte- llitbie

RETOUR DE l'II.E D’ELBE.

de mots de passe convenus, et qui remportaient ses instructions. Les lettres que les soldats qu’il avuit emmenés à l'ile d’Elbe recevaient de leurs compagnons d’armes restés au service en France le tenaient au courant des dispositions de l’armée, toujours favorable ît sou empereur. Les débats des Chambres, les polémiques de la presse, la publication des actes du gouvernement royal dans le Moniteur, complétaient ces indices. C’était la situation des esprits en France, celle du gouvernement royal qu’il avait besoin de connaître, et elle lui apparaissait d’une manière plus claire et plus sûre lorsqu’il suivait les grands courants des idées et des faits, que lorsqu’il prêtait l’oreille aux rapports particuliers, toujours entachés d’exagération et falsifiés par l’optimisme involontaire du dévouement, qui voit les choses non comme elles sont, mais comme il voudrait qu’elles fussent. Dès le mois de janvier 4 81 o, il était résolu h rentrer en France. Il n’y avait de doute dans son esprit que sur la date et le mode de l’entreprise qu’il était décidé à tenter. Attendrait-il une révolte militaire, l’explosion d’une des conspirations tramées en France? Devancerait-il le mouvement et prendrait-il l’initiative du renversement de la monarchie des Bourbons?

Il était encore indécis entre ces deux partis, lorsque des motifs impérieux le déterminèrent à adopter le second. L’agitation qui commençait à réguer sur plusieurs points de la France, après avoir été l’objet des préoccupations du gouvernement français, commençait à devenir l’objet de celles de ses représentants au congrès. 11 était évident, pour les esprits les moins prévenus, que quelque chose de grave se préparait en Europe. Une agitation sourde et menaçante grondait en France dans les régiments. Plus d’une fois les cris de vive C Empereur avaient retenti , et aux parades même, les soldats ajoutaient au cri de vive le Roi les mots de Rome prononcés à demi voix. Le bonapartisme ne cachait plus ses espérances.

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