I.ES CE.NT-JOIUS
le règne do Louis XY1I1 était nul de droit. » Elle ajoutait même, assertion diamétralement contraire à la vérité , que l’étranger « avait forcé la minorité des sénateurs, contre leur mission et leur volonté, à renverser le trône impérial. » Après avoir fait le procès des Bourbons et la satire du gouvernement deLouis XVIII, elle prenait des garanties contre Napoléon eu énumérant toutes les libertés qu’il était appelé à assurer à la France : « L'Empereur, disait-elle, est appelé à garantir par des institutions (et il en a pris l’engagement dans ses proclamations au peuple et à l’armée) tous les principes libéraux, la liberté individuelle et l’égalité des droits, la liberté de la presse et l'abolition de la censure, la liberté des cultes , le vote des contributions et des lois par les représentants de la nation légalement élus, les propriétés nationales de toute origine, l’indépendance et l’inamovibilité des tribunaux, la responsabilité des ministres et de tous les ageuts du pouvoir. Pour mieux consacrer les droits et les obligations du peuple et du monarque, les institutions doivent être revues dans une grande assemblée des représentants, dé jà annoncée par l’empereur. »
Les adresses de la cour de cassation, de la cour des comptes, de la cour impériale de Paris, de l’Institut, du conseil municipal de Paris, portaient l’empreinte du même esprit.
L’Empereur n’avait eu aucune objection contre ces adresses, qui lui avaient été d’avance communiquées. Seulement ses réponses, pendant ces premières journées, restèrent dans le vague; toutes les fois qu’il fut question de la Constitution, il se bornait à donner une couleur libérale à son langage. C’est ainsi qu’il répondait au conseil d’État: « Les princes sont les premiers citoyens de l’État; leur autorité est plus ou moins étendue selon l'intérêt des nations qu’ils gouvernent. La souveraineté elle-même n’est héréditaire que parce que l’intérêt des peuples l’exige. Hors de ces principes, je ne reconnais pas de légitimité. J’ai renoncé aux idées du grand Empire, dont,