I-H ESSE. — LIBERTÉS LAISSÉES A DEL* PARTIS
permettait quelqtle allusion lointaine. La Gazette de France , arborant comme paratonnerre la pavillon de M. de Jouy, l’auteur de X Ermite de la Chaussée-d’ Antin , courait des bordées en évitant les écueils. Le Journal de Paris avait Changé de rédaction, comme le Journal des Débats , dans la nuit du 19 au 20 mars. Le Journal général , dont la direction monde était dans les mains de M. Royer-Collard, avait sacrifié, dans les premiers moments, quelque chose aux difficultés de sa situation, en brillant un encens imprévu devant le génie de l’Empereur, puis il avait pris peu à peu le ton d’une discussion prudente et modérée. Le Nain jaune , qui avait fait à la Restauration une redoutable guerre d’épigrammes et qui avait exploité contre elle l’esprit de liberté comme les souvenirs de gloire, montrait par son attitude qu’il regardait sa mission comme terminée. Sa polémique émoussée avait perdu son aiguillon, et révélait assez que son libéralisme d’emprunt n’était qu’une machine de guerre.
L'attitudq du Censeur, qui avait été le plus redoutable des adversaires sérieux de la Restauration, comme le Nain jaune avait été son plus dangereux ennemi dans la presse armée à la légère, était toute différente. Deux écrivains consciencieux, MM. Dunoyer et Comte, rédigeaient, on l’a dit, cette revue périodique ; l’illusion de ces esprits honnêtes, mais enivrés de leurs théories, était de ne s’occuper que des institutions, sans assez étudier la société à laquelle il s’agissait de les appliquer. Ils avaient fait Une guerre ardente au gouvernement de la Restauration, qu’ils ne voulaient pas renverser cependant, mais qu’ils ne trouvaient ni assez constitutionnel ni assez libéral, et ils ne s’étaient pas alors demandé si les gouvernés étaient bien capables de toutes les libertés qu’ils exigeaient des gouvernants, et si les fautes qu’ils n’attribuaient qu’aux seconds n’étaient pas au moins partagées. Quand ils avaient vu la Restauration menacée, ils s’étaient loyalement portés ii