MAUVAIS EFFET PRODUIT PAR L'ACTE ADDITIONNEL
et le mécontentement qui empêchaient le public de goûter ce que la rédaction offrait de libéral et d’utile avaient été à bon droit causés par l’ adjonction de cet acte au fatras des constitutions de l’Empire, produit de despotisme et de servitude, par ce mode d’acceptation individuelle qui excluait toute délibération et prêtait à toutes les fraudes, tandis qu’il eût fallu le faire composer ou du moins délibérer par les représentants du peuple, et accepter ensuite par les assemblées primaires. J’ajoutai que l’hérédité de la pairie était impopulaire en France, qu’on était choqué du sentiment d’égoïsme qui avait dicté le dernier article ; mais je convins que cet acte valait beaucoup mieux que sa réputation du jour, et j’en tirai un argument de plus pour que les constitutions fussent immédiatement soumises à la délibération d’une Chambre des représentants. »
Dans cette pénurie d’approbation, l’assentiment mêlé de blâme du général La Fayette fut porté au palais des Tuileries par Joseph Bonaparte comme une bonne nouvelle, et reçu comme une bonne fortune politique inespérée. L’Empereur était découragé par l’accueil fait à l’acte additionnel. «Hé bien ! dit-il à Benjamin Constant dans la soirée du lendemain de la publication, la nouvelle Constitution ne réussit pas? — C'est que l’on n’y croit guère; faites-y croire en l’exécutant. — Sans qu’elle soit acceptée? Ils diront que je me moque du peuple. — (Juand le peuple verra qu’il est libre, qu’il a des représentants, il sentira bien que ce n’est pas se moquer de lui '. »
La Fayette comme Benjamin Constant, les constitutionnels indépendants comme les constitutionnels ralliés, les révolutionnaires qui avaient entrée dans le conseil, et ceux du dehors se réunirent dès lors pour arracher à l’Empereur un décret qui convoquât immédiatement la Chambre des représentants.