‹ Histoire de la RestaurationChapitre 132 sur 325 · I . Lettre» »ur le» Cent-Jour», par Benjamin Conulant · texte numérisé non relu

I . Lettre» »ur le» Cent-Jour», par Benjamin Conulant

LES CENT-JOURS

Les uus comprenaient que c’était leur arme défensive, les autres leur arme offensive contre Napoléon ; tous, môme ses serviteurs les plus dévoués, La Valette et Régnault de Saint-Jean-d’ Angely alléguaient que c’était le seul moyen de ramener l’opinion. L’acte additionnel , voté par le corps électoral de l’ancien Empire, et même accepté individuellement par tous les Français, demeurait à l’état de lettre morte, tant que l’Empereur restait seul et sans contrôle sur la scène politique. Mais s’il y uvait une assemblée convoquée, au lieu d’avoir un droit théorique on aurait une force vivante et agissante, on aurait le pied sur la scène où se faisaient les événements. Tous comprenaient donc le parti qu’ils pouvaient tirer d’ime assemblée : aussi tous insistaient pour l’obtenir.

Les motifs mêmes de cette insistance étaient, pour Napoléon, des motifs de refus. Il comprenait, de son côté, que la plupart de ceux qui réclamaient la présence de cette assemblée la demandaient contre lui. Pendant la lutte elle serait un obstacle , et, s’il lui arrivait un échec, un péril. Sa répugnance à laisser derrière lui une assemblée qui pouvait se déclarer assemblée constituante était grande, et ses plus intimes conseillers ne la cachaient point 1 . Napoléon , sous la fatalité de sa situation , se débattait entre deux écueils. Refuser la convocation de cette assemblée, c’était s’aliéner le parti révolutionnaire et le parti constitutionnel dont il sentait qu’il ne pouvait se passer. En prolongeant ce refus, il abandonnait la ligne qu’il avait suivie depuis son départ de l’île d’Elbe, il perdait tout le fruit de ses concessions s’il n’en faisait pas une de plus; il ôtait toute confiance à ses nouveaux et douteux auxiliaires , toute espérance et toute activité à ses anciens amis, qui ne voyaient de salut que dans une alliance étroite avec le parti révolution-

1. Mémo ires île La Fayette, tome V, pag.! 1 17. Joseph Honaparle en lit l'aveu au général.

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