DÉMVRCHES FAITES AUPRÈS DES PUISSANCES
nue nécessaire après de si longues guerres. C’est pour cela qu’il avait rédigé ses proclamations de Lyon de manière h faire croire qu’il revenait avec l’assentiment de l’Autriche, et que notamment, en lixant l’époque du Champ de Mai, il avait annoncé que l’Impératrice et son fils seraient couronnés, ce qui ne pouvait se faire sans la connivence du gouvernement autrichien. 11 avait réussi à persuader à son ministère qu’il revenait de l'ile d’Elbe d’accord avec les cours de Vienne et de Saint-Pétersbourg, et, avec cette audace d’affirmation qui lui était habituelle, il avait promis au duc de Vicence des papiers qui étaient, disait-il, dans les mains de son frère Joseph, et qui établissaient la réalité de cette entente '. Ceci suffisait pour démontrer combien le retour de l’ile d’Elbe était contraire au courant général des faits et des idées. Napoléon était, au fond, le pouvoir absolu et la guerre ; ses précédents, sa nature même, le condamnaient à ce rôle, et il disait en arrivant : « Je suis la paix et la liberté. »
De même qu’il n’avait pas épargné les avances envers Carnot, Fouché, Benjamin Constant, La Fayette, il n’omit aucune des démarches qu’il jugea de nature à lui concilier l’Autriche et la Russie en particulier, ou à fléchir en général la coalition. La reine llortense, à laquelle l’empereur Alexandre avait montré une bienveillante courtoisie, lors de son séjour à Paris en 1814, et pour laquelle il avait demandé à Louis XVIII le titre de duchesse de Saint-Leu, lui écrivit, sur les instances de Napoléon, une lettre où elle lui parlait de l’affection et de la confiance de l’Empereur, son beau-père, pour le czar, et eher-
I . « Sa dissimulation fut telle que son ministre des affaires étrangères, le due do Vieenee, y fut trompé le premier. Les détails donnés par l'Euipercur, les pa^ plers promis, tout était si positif, que le ministre ne fut détrompé que plusieurs jours après, lorsque demandant au prinre Joseph, devant son frère, les pièces que celui-ci prétendait lui avoir remises , il fallut bien que la vérilé se découvrit ; mais llonapartc n’éprouva pas le moindre embarras. • {Mémoires de La Fayette, tome V, page 100.)
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