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chait à le ramener aux sentiments de Tilsitt. Le prince Eugène et la grande-duchesse Stéphanie de Bade étaient sollicités à agir dans le même sens. Napoléon ignorait eocore que le prince Eugène, à la nouvelle du retour de l’ile d’Elbe, avait été invité à s’éloigner de Vienne , et qu’on lui avait assigné pour séjour la ville forte de Bareuth, dans laquelle il était tenu en surveillance, et comme dans une demi-captivité. Eniin, pour donner une satisfaction et un argument aux membres de l’opposition qui, dans le Parlement anglais, pouvaient s’opposer à la guerre, un décret portant la date du 30 mars déclarait la traite des noirs abolie.
Ces démarches, ces avances, ces communications étaient vaines. La partie était si fortement liée en Europe, et la présence de Napoléon à Paris si menaçante pour les puissances coalisées, que rien ne pouvait rompre la coalition. L’empereur Alexandre éprouva un mouvement d’irritation et d’humeur en lisant la copie du traité qui constatait la triple alliance formée contre la Russie et la Prusse. Mais cette émotion d’un moment n’exerça aucune influence sur sa conduite. Elle était dictée par des intérêts impérieux , communs à l'Europe, et supérieurs à tous les dissentiments particuliers. Le grand courant de guerre qui emportait l’Europe était semblable à ces torrents irrésistibles qui se grossissent des obstacles qu’on leur oppose. Le gouvernement anglais avait été un moment inquiet de l’effet que pouvait produire sur l’esprit du czar la découverte de la convention du 3 janvier 1815. Dès le 21 mars, lord Castlereagh écrivait au duc de Wellington : « Mon cher lord, il est à présumer que, dans le bhourvari du départ, le cabinet des affaires étrangères, à Paris, n’a pas été vidé de tout son contenu par les ministres du Roi, et, par conséquent, que notre traité secret avec la France et l’Autriche, aussi bien que toute la correspondance du prince de Talleyrand, tomberont dans les mains de Bonaparte. Il
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essayera naturellement d’en faire son profit, d’abord pour semer sous main la discorde, et, s’il ne réussit pas à cela, il publiera le tout dans le Moniteur. J'ai prié Charles Stuart de s’assurer près de Blacas où la chose en est, et je laisse à votre jugement de choisir ce que vous croirez le plus à propos de faire pour conjurer toute impression défavorable. Je me flatte que ceci ne peut produire aucune fâcheuse impression sur l’empereur de Russie , après tout ce qu’il a su depuis longtemps. 11 doit être assuré que l’affaire, en gros, venait de dissidences actuellement arrangées, et d’une très-indiscrète déclaration du prince de Hardenberg '. »
Peu de jours après l’arrivée de cette lettre de lord Castlereagh à Vienne, une réponse du comte de Nesselrode, datée du 2 avril, l’assurait de la ferme résolutiou de l’Empereur sou maître de donner son. dernier homme et son dernier rouble pour le succès delà coalition, en ajoutant qu’ Alexandre l’avait chargé d’insister pour que la force de l’armée anglaise en Belgique fût augmentée. Preuve évidente que toutes les démarches de Napoléon avaient échoué. La coalition répondait à ses protestations pacifiques en mettant en mouvement ses armées, et déjà les yeux des souverains s'attachaient, avec un pressentiment prophétique, sur le champ de bataille où devait, avoir heu le choc suprême entre l’Europe et son grand ennemi. Ce n’était pas en vain que la déclaration du 13 mars l’avait placé hors des relations sociales. 11 était privé de toute communication avec le dehors. Ses courriers, arrêtés aux frontières par un blocus infranchissable, qui se resserrait chaque jour comme un cercle de fer, ne pouvaient pénétrer eu Europe. Pour faire arriver un paquet à Londres, ce tout-puissant empereur, dont les ordres volaient jadis sans obstacle d’Anvers à Naples et de Cadix à Dantzick, fut obligé de recou-