‹ Histoire de la RestaurationChapitre 136 sur 325 · I. ( orrespoudaiict i de lord Camlercaijh · texte numérisé non relu

I. ( orrespoudaiict i de lord Camlercaijh

LES CENT-JOinS.

rir au général La Fayette, qui le fit passer sous son couvert en se servant de l’intermédiaire de M. Crawford, ministre des États-Unis

On imagina un étrange moyen pour publier, sans l’avouer comme officielle, la déclaration du 13 mars et pour y répondre. Le ministre de la police la dénonça au conseil d’État, comme une pièce apocryphe inventée par la « légation du comte de Lille à Vienne, qui avait ajouté, disait-il, au crime de provoquer à l’assassinat celui de falsifier la signature des souverains de l’Europe. » Elle ne pouvait émaner des souverains qui n’auraient point parlé ainsi de l’Empereur, auquel les uns étaient unis, comme l’empereur d’Autriche, parles liens du sang, et que les autres, comme l’Angleterre, honorée par un gouvernement libre, n’auraient point désigné au poignard des assassins. C’est ainsi qu’on traduisait la mise hors des relations sociales.

Celte espèce de remontrance à l’Europe signée du nom de Fouché, érigé en professeur de moralité et de dignité politique, n’avait pas une très-grande portée, et l’on ne sait si ce tricheur qui dédaignait les fourberies simples, et se plaisait dans les trahisons en partie double, n’avait pas l’intention de faire connaître à la France la déclaration du 13 mars, en ayant l’air de faire connaître à l’Europe l’incrédulité du gouvernement impérial à l’égard de ce document. Il s’en vanta du moins1, et cet homme, qui ne devait être cru qu’avec précaution quand il accusait les autres, pouvait l’être hardiment quand il se vantait de ses traîtrises, Pour donner un peu plus de poids à la remontrance de Fouché, on forma une commission com-

Page 1