LES PUISSANCES SIGNENT LE TRAITÉ DU 25 MARS
Avant môme cette proclamation de Murat, l'Europe avait pris son parti. Elle agissait avec une rapidité qui exclut toute idée d’indécision. Certes, si quelque chose avait pu modifier sa résolution première, c’était le départ du Roi, obligé de chercher un refuge sur le territoire étranger. La déclaration du t3 mars promettait le concours de l’Europe à un roi assis sur son trône et non à un monarque détrôné et fugitif. Cependant les puissances n’hésitèrent pas un moment. La nouvelle de la sortie du Roi du territoire français arriva à Vienne le 2i mars, et dès le 25 l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie signaient un traité stipulant que « les alliés réuniraient toutes les forces de leurs États respectifs pour maintenir les dispositions du traité de Paris du 30 mai, ainsi que celles arrêtées par le congrès de Vienne, dans le but de les garantir contre toute atteinte, particulièrement contre les desseins de Napoléon Bonaparte. A cet effet, elles s’engageaient à diriger tous leurs efforts contre lui et contré tous ceux qui se seraient déjà ralliés à sa faction ou qui s'y réuniraient dans la suite, afin de le mettre hors d’état de troubler à l'avenir la paix et la tranquillité générales. Elles s’obligeaient à tenir constamment en campagne chacune une armée de cent cinquante mille hommes, dont un dixième au moins de cavalerie, avec une juste proportion d’artillerie. Elles ne poseraient les armes que d’un commun accord et seulement lorsque l’objet de la guerre, désigné en l'article 1", aurait été atteint. Toutes les puissances seraient, invitées à accéder au traité, spécialement Sa Majesté Très-Chrétienne, qui ferait connaître, dans le cas où elle devrait requérir les forces stipulées dans l’article 2, quels secours les circonstances lui permettront d’apporter à l’objet du présent traité. ■» Six jours après la signature du traité du 25 mars, les mômes puissances signaient une convention militaire dans laquelle elles convenaient de la formation de trois armées : la première de trois cent quarante-quatre mille hommes, commandée par
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le prince de Schwartzenberg ; la seconde de dcu\ cent cinquante mille hommes, commandée par le duc de Wellington et par le feld-maréchal Hlucher; la troisième de deux cent mille hommes; c’était le contingent de l’empereur Alexandre qui marchait à leur tête. . *
Celte rapide succession de dates, l’espèce d’impassibilité avec, luquellc l’Europe suivait la route où elle était entrée, suus que les changements intervenus dans la situation modifiassent en rien sa résolution, doivent être ici rapprochées des hésitations et des doutes que laissait paraître Napoléon. Le 13 mars, paraît la déclaration qui le met hors les relations civiles et sociales comme un ennemi public. Le 25 mars, le lendemain même du jour où on apprend qu'il est à Paris et que Louis X V 1 1 1 a passé la frontière, le traité offensif et défensif des puissances, qui doit diriger contre lui les forces de l’Europe entière, est signé; six jours après, le 31 mars, vient la convention militaire, qui est la réalisation pratique du traité, et qui met en mouvement sept cent cinquante mille hommes contre la France ’.
L’Autriche, la Prusse et la Russie, étant trois pays où le souverain agissait sans contrôle, pouvaient signer sans aucun inconvénient le traité du 2o mars et la convention du 31 . Mais il n’eu était pas de même de l’Angleterre. Il est de principe on Angleterre que jamais on ne doit employer les forces nationales à imposer un gouvernement à un autre pays, et quoique ce principe ait souvent fléchi devant l’intérêt politique, dont
I. Cela répond suflhnimuieiit à l'allégation d'un historien (M. de Yaulahelle) <|ni prétend <|ti'i) existait des eliances de paix positives, et qui met nu nombre de ers chanecs la révélation du Iruiié secret du 3 janvier qui pouvait arriver à temps, et les négociations entamées avec l'Autriche qui , d'après M. le général Uourgaud , écrivant la Campagne rie 1815 à Sainte-Hélène, aurait rompu les négociations quand elle fui allaquée par Murat. Ces trois dates de la déclaration du |3 mars, du traité olfensii cl défensif du 25 mars et de la convention militaire du 31 mars, toules trois antérieures 5 l'agression de Murat, mettent à néant cette allégation dont l'objet est de justifier ou d’excuser l'entreprise de Napoléon.