I.KS CBNT-JOC RS
laissait échapper contre Napoléon des paroles si amères qu’ou entrevoyait que sa résolution était prise. Profitant de ce que les premières proclamations de Bonaparte, destinées à agir sur l’imagination des masses, n’alléguaient pour motiver sa venue en France aucun des motifs un peu mesquins qu’il tira plus tard de la violation du traité de Fontainebleau, quand il s’agit de se mettre en règle avec l’Europe : « Bonaparte, s’écria-t-il, n’a fait lui-même aucun usage des excuses qu’on a données ici de sa conduite. 11 a avoué, sans rougir, les principes qui l’ont dirigé. Au lieu de se plaindre de quelques infractions aux engagements pris avec lui, grief dont je démontrerais la fausseté s’il l’avait allégué, il a, de prime abord, affiché un mépris absolu de tout traité. 11 n’a point dissimulé au monde que nulle restriction, nulle limite, ne borneraient son pouvoir, hormis celles que lui imposerait l’épuisement de ses moyens d’action. Quant à lui, il a prouvé une fois de plus qu’il était impossible de le contenir par des traités. lia brisé tous les liens, et en tenant une conduite profondément contraire à la loi morale, il s’est placé lui-même sur le pavois ; il a orgueilleusement avoué ses actes; il s’intitule lui-même : Empereur de France, et il ajoute avec une insolence impie par la grâce de Dieu; et il ne se croit gêné dans l’exercice de son autorité par aucun des actes publics auxquels il a momentanément adhéré pour tromper le monde. Plutôt que de répandre encore une goutte de sang français, déclarait-il naguère, il préférait quitter la France et sa famille, et malgré cette promesse solennelle, il rentre dans le même pays, non pour répondre à un appel que ce pays ne lui a pas fait, non par suite d’aucune violation des engagements contractés avec lui, mais au mépris des stipulations les plus précises que pouvait combiner la prévoyance humaine. »
Ces redoutables invectives laissaient transpirer la pensée déjà arrêtée de lord Castlereagh à travers la prudence de la