DF MAI
Nous entrons dans la seconde période des Cent-Jours. Six semaines se sont écoulées depuis le retour de l’ile d’Elbe. Le nuage qui voilait il demi la situation se dissipe chaque jour de plus en plus. Les positions sont plus nettement dessillées. Des deux côtés on se prépare ouvertement à un choc suprême. Nous verrons les puissances européennes écarter elles-mêmes le rideau qui cache encore il demi leur projet, et parler à leur tour à l’opinion, comme Napoléon, car, à cette époque où les populations se levaient d’elles-mêmes en Europe et où il s’agissait de les faire lever en France, l’opinion jouait un grand rôle, et le canon semblait craindre de faire retentir sa voix tonnante avant qu’elle eût fait entendre la sienne. Louis XVIII, de son côté, essaya, du fond de sa petite cour de Gand, de parler à l’Europe et à la France. A peu de jours de distance, le Parlement à Londres, la Chambre des représentants à Paris, se réunissaient, et l’on verra la différence qui existe entre une assemblée qui a sa place faite dans la situation, dans les mœurs, dans la constitution du pays, et une assemblée qui a la sienne à faire. Au milieu de ces débats, de ces appels, de ces préparatifs militaires, et du bruit croissant des clubs, des fédérations, de la presse, deux épisodes militaires prennent place : la rapide campagne de Murat contre les Autrichiens et la prise d’armes de la Vendée. Les intrigues diplomatiques de Fouché se mêleront à cet ensemble de faits si variés et si nombreux, quoique contenus daus un temps bien court, que jamais peut-être il ne