‹ Histoire de la RestaurationChapitre 150 sur 325 · I . Ordre du 2G mar · texte numérisé non relu

I . Ordre du 2G mar

LES CENT-JOl'RS.

phrase revient sous sa plume : « Dans les circonstances où nous nous trouvons, écrit-il, la fabrication des armes est le premier moyen de salut de l’État. 11 faut calculer comme si l’ennemi devait nous déclarer la guerre à peu près du 1er au 15 mai. » Puis il écrit encore au prince d’Eckmuhl, à la date du 15 avril : « Si le choix des locaux était un obstacle, prenez les Tuileries, les casernes, prenez les églises, les anciennes salles de spectacle'. » En môme temps, l’Empereur s’occupe de la formation des corps d’armée et de quatre divisions de réserve ; il presse l’armement des places fortes, il forme des comités de défense, il passe sans cesse des revues. Malgré tous les soucis du gouvernement, on dirait qu’il n’est que général.

Vous reconnaissez la présence du génie de la guerre dans cette activité qui s’élève à l’ensemble et redescend au détail. Mais, malgré cette activité et cette faculté d’organisation. Napoléon ne pouvait faire l’impossible. Il revenait, il faut s’en souvenir, dans un pays décimé et épuisé par la guerre, et les champs de bataille avaient dévoré la meilleure partie de ces armées à la tête desquelles il avait dicté des lois à l’Europe. Les arsenaux avaient subi la visite des coalisés vainqueurs. La Restauration, autorisée à désarmer par les longues perspectives de paix qui s’ouvraient devant la France, obligée de désarmer par la désastreuse situation des finances que lui laissait l’Empire , avait réduit l’effectif militaire à deux cent vingt-trois mille 2 hommes, chiffre suflisant dans la situation

1 . Nous prenons ces textes dans le litre du capitaine Mauduit, intitulé : Les Dernier* Jours de In ijrande année. On y trouve in extenso, de la page 20G jusqu’à la lin du premier volume, la rorresiiondance de Napoléon avec le ministre de la guerre et les rliefa de service.

2. l'n état dressé au !" janvier 1 81 S au ministère de la guerre constatait que l'inrantrrie avait à cette époque 1 1 8 ,000 liouiuics prêts à partir, la cavalerie 23,000. En ajoutant à ce cldlTre celui de l'artillerie et du génie, on arrive à près de 100,000 hommes. Les dépôts comptaient au utoius 40,000 hommes. L’appel du 9 mars 1815 avait grossi l’armée de 23,000 hommes, ce qui porte ie

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