SITUATION MILITAIRE DE NAPOLEON
de son audace des premiers temps... Il était le premier à dire que le destin était changé pour lui, et qu’il perdait là un auxiliaire que rien ne pouvait remplacer. » Ce n’était point le destin qui était changé, c’était sa situation. En 1 800, Napoléon était le moyen; en 1813, l’obstacle.
11 réunit cependant les éléments de huit années actives ou corps d’observation : l’armée du Nord, c’était celle sur laquelle se concentraient tous ses soins , car c’était de ce côté , il le prévoyait déjà, que seraient portés les coups décisifs; l’armée de la Moselle, l’armée du Rhin, le corps d’observation du Jura, dont le point de réunion était Réfort; l’armée des Alpes, dont le point de réunion était Chambéry ; le corps d’observation du Var, qui sc formait à Antibes; le corps d’observation des Py- . renées, à Perpignan et à Bordeaux; enfin l'armée de réserve, à Paris et à Lyon. La disproportion entre ces corps et l’armée du Nord, concentrée sur les frontières de la Belgique, était considérable. Les 1er, 2', 3e, 4e et 6* corps, dont celle-ci se composait, formaient ensemble, y compris la garde, un effectif de cent vingthuit mille hommes, traînant trois cent quarante-quatre bouches» à feu , tandis que les sept autres corps ne réunissaient ensemble que soixante mille baïonnettes ou sabres. 11 y en avait dix-neuf mille dans la direction de Strasbourg sous les ordres de Rapp, pour protéger le Rhin ; neuf mille environ vers les Alpes du côté de Chambéry, sous les ordres de Suchet ; quatre mille quatre cent quarante-six sous le général Lecourbe, en observation vers Béfort pour surveiller le Jura ; le corps d’observation du Var, réuni d’abord à Antibes, puis à Toulon sous le maréchal Brune, comptait un peu plus de quatre mille hommes ; le général Decaen était à Toulouse pour observer les Pyrénées, avec environ quatre mille hommes; corps évidemment insuffisant, tant à cause du voisinage de l’Espagne, que de l’esprit de la population, fortement prononcé contre l’Empire.
Le corps d’observation du Midi, placé à Bordeaux souples ordres
LES CE^T-JOUHS
du général Clausel, et comptant le môme nombre de soldats, était dans les mêmes conditions. Enfin , il était devenu nécessaire de concentrer plus de quinze mille hommes dans les provinces de l’Ouest, sous le commandement du général Lamarque, aux dépens de l'armée de réserve 1 .
Cette dispersion de forces, qui affaiblissait Napoléon sur le théâtre principal de l’action, était indispensable. La France n’était pas menacée sur un seul point. Les coalisés, dont les forces s’élevaient à plus d’un million d’hommes, d’après le tableau présenté dans le mois de mai au Parlement d’Angleterre par lord Castlereagh , pouvaient nous assaillir à la fois sur le Rhin , sur la Moselle , sur les Alpes , sur les Pyrénées, sur le Jura, avec des forces quintuples de celles que nous avions à leur opposer, tout en conservant du côté de la frontière de Belgique des forces quintuples de celles que Bonaparte y avait concentrées. En outre, les provinces du Midi obligeaient. Napoléon, par l’esprit qui y régnait, à distraire cinq mille hommes de la défense des frontières; les provinces «4e r Ouest, plus belliqueuses, en attiraient à elles quinze mille, nécessaires pour surveiller un foyer d’insurrection qui commençait à jeter des flammes. C’était donc à peu près en tout cinquante-cinq mille hommes que Napoléon avait distraits de son armée principale, pour défendre cette longue ligne de frontières qui s’étend du Rhin aux Alpes, des Alpes aux Pyrénées, et en ayant devant lui ce monde d’ennemis, il n’était siir, derrière lui, ni du Midi, ni des provinces de l’Ouest. Voilà, après le tableau de sa situation politique, le tableau de sa situation militaire.
Aussi, plus ou allait , plus il était obligé de céder aux idées de Carnot, qui disposé, comme tous les hommes, à croire à
I. Le* situations constatant IV\aclllude de- ces rliflTres ail 1" juin evislml uu ministère de la guerre : 10,000 hommes étaient en roule pour rejoindre, n’est ainsi qu’on arrive au cltilTre de I 08,000.