‹ Histoire de la RestaurationChapitre 156 sur 325 · I.F.S CENT— JOt'BS · texte numérisé non relu

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des faubourgs de la capitale peuvent avoir des suites trésfâcheuses, mais c’est la conséquence forcée de la fédération de certains salons. » Ainsi le gouvernement, ne pouvant compter sur les classes aisées, se servait des faubourgs comme d’un épouvantail qui l’épouvantait lui-même. Il était entre tous les mouvements d’opinion, sans être complètement dans aucun, ce qui est la pire des situations politiques.

On cherchait à provoquer un rapprochement entre la troupe et le peuple, à faire fraterniser le peuple et l’armée, pour parler le langage de la première révolution. Les fortifications qu’on élevait autour de Paris devinrent un moyen d’atteindre ce but. On invita la population à venir prendre part à ces travaux, et l’on vit les hommes et les femmes des faubourgs, souvenir de l’époque de la fédération du Champ de Mars, se mêler aux bataillons de la garde impériale appelés chaque jour, à tour de rêle, pour manier la pioche et la pelle dans les travaux de terrassement, que l’on poussait avec uue grande activité sur les hauteurs de Montmartre, de Chaumont et de Ménilmontant '. On ne négligeait aucun moyen de passionner l’opinion. La musique des régiments reçut l’ordre de jouer la Marseillaise. Le Ça ira, ce chant des proscriptions, proscrit depuis longtemps, retentit pendant le défilé des troupes dans la cour des Tuileries. On afficha aux portes de l’École de médecine des adresses des braves des faubourgs aux braves des Écoles. Ou racontait dans les journaux que des lycées avaient demandé à défiler devant l’Empereur, qui les avait passés en revue. Ces démonstrations, moins sincères et aussi vaines que celles qui

1. « Un bataillon de la vieille garde, à tourde rôle, était appelé chaque jour à payer son tribut comme terrassier; là, nous nous trouvions en quelque sorte pêle-mêle avec la population mâle cl femelle des faubourgs ; car les femmes mêmes faisaient trêve aux soins du ménage ou de leur commerce pour nous aider dans nos travaux militaires. Mais laissons la population parisienne à ses démonstrations patriotiques, dont elle aura bientôt assez... » (Les Derniers Jours de la grande armée, tome l*r, page 4ô0, par le capitaine Maudult.)

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