INQUIÉTUDES ET PRÉCAUTIONS DF. I. EMPEIIEIII
avaient marqué les dernières journées de la Restauration, ne servaient qu’à révéler la pénurie des moyens et l’extrémité des périls. Ce n’était pas la première révolution avec son éuergie sauvage, c’en était la parodie. Il n’y avait là que des passions de reflet, et Fouché, le grand metteur en scène de tous ces spectacles révolutionnaires, songeait peut-être déjà au parti qu’il pourrait en tirer pour agir sur un autre gouvernement , après la tin du drame dont il prévoyait le dénomment. L’Empereur, dans les épanchements involontaires ou calculés de sa colère, répétait bien à ses alentours : « Que les nobles et les prêtres y prennent garde ! si je leur lâche le peuple, ils seront dévorés en un clin d’œil. » Mais au fond, comme ses plus dévoués et ses plus intimes confidents l’ont raconté', l'Empereur craignait, autant que qui que ce fût, ces dangereux auxiliaires, ces fédérations départementales qui créaient une action en dehors de la sienne, n’ajoutaientson nom à leurs manifestes que pour être tolérées, et pouvaient trouver dans les corps francs une force qui ne dépendrait pas de lui ; il craignait par-dessus tout les fédérations des grandes villes, celles de Paris et de Lyon. Il n’accordait là que strictement ce qu’il ne pouvait pas refuser. 11 avait de fréquentes altercations avec Carnot et Thibaudeau au sujet des clubs, que la tolérance systématique de Fouché avait laissés s’ouvrir. Son esprit, habitué à n’employer que la force organisée et disciplinée, éprouvait une vive répugnance pour tout ce qui ressemblait au désordre et à l’anarchie. Il était cependant condamné à faire des concessions. Parmi celles qui durent le plus lui coûter, on doit sans doute compter la tolérance des scènes nocturnes du café Montansier, où la licence des opinions n’était guère corrigée que par la licence des mœurs. Ou y voyait chaque soir des sous-ofliciers et même des officiers de l’armée s’asseoir pêle-mêle avec les