‹ Histoire de la RestaurationChapitre 158 sur 325 · I. M. Fleury de Cliaboulou · texte numérisé non relu

I. M. Fleury de Cliaboulou

LES CE.\T-10ljRS.

filles perdues du Palais-Royal qui, dans les toileltes cyniques de cette époque, venaient vociférer avec eux des refrains mibachiques, mi-politiques, entonnés souvent du haut d’une table, par un chanteur portant le casque et l’épée, pendant que le punch enflammé, coulant dans les verres et hors des verres, « tachait ou brûlait les robes et les uniformes 1 : » scènes compromettantes pour les glorieux uniformes de l’armée française, exaltées cependant dans des récits semi-officiels par les écrivains accrédités du gouvernement. C’est vraisemblablement après avoir lu de pareils récits que Napoléon prononça cette parole conservée par M. Molé : « Je n’aurais jamais quitté l’ile d’Elbe si j’avais prévu à quel point, pour me maintenir, j’aurais besoin de complaire au parti démocratique. »

Ces manifestations révolutionnaires, qui à Paris n’avaient que la valeur d’une démonstration ou d’une menace, contenues qu’elles étaient par le regard et le bras de l’Empereur, prenaient un caractère plus grave dans les départements. Dans le Midi surtout, où la majorité de la population était royaliste, mais où elle se trouvait en face d’une minorité révolutionnaire d’autant plus ardenle qu’elle connaissait son infériorité numérique et la nécessité d’imposer par la terreur, d’autant plus hardie qu’elle se sentait appuyée par la force armée et par le gouvernement, la persécution alla jusqu’au sang. Les volon-

I. M. Duvergier de Ilauranne, dans son Histoire parlementaire, remarquable par la scrupuleuse élude de toules les sources , elle Ji ce sujet un article publié par M. de Jouy, qu’il qualifie avec beaucoup d’esprit el d'indulgelice • d’indulgent moraliste. » M. de Jouv, l'Ermite delà Chauttée-d' Autin, qui, sous le nom de Guillaume le franc-parleur, publiait des articles dans la Galette de France , assurait que le Tond du caractère français, mélange de gaieté, de bravoure et de turbulence, trouvait son expression la plus vraie dans les soirées du café Monlansicr : • l.a beauté, ajoute l'ermite de la Chausséc-d’Autin , uc perd point scs droits au calé Monlansier; les femmes, à quelque classe qu'elles appartiennent, y sont entourées de soins et d’hommages ; si la protection des braves qui les admettent à leurs jeux ne peut appeler sur elles une considération que ta plupart de ces dames n’ambitionnent pas, du moins leur assure-t-ellc les égards qu’on doit à leur sexe. » (Gazette de France, Î2 avril 1815.)

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