‹ Histoire de la RestaurationChapitre 163 sur 325 · INSURRECTION UE LA RIVE DROITE DE LA LOIRE · texte numérisé non relu

INSURRECTION UE LA RIVE DROITE DE LA LOIRE

corps, après l’échauffourée de Nizcnay, où périt le jeune Charette, digne par sa bravoure du nom de son oncle, et dans laquelle les divisions La Hochejaquelein, SapinaudetSuzannet, surprises au milieu des ténèbres de la nuit par le général Travot, au moment où elles se dirigeaient sur Bourbon-Vendée, se rejetèrent les unes sur les autres, et, sans avoir fait de pertes notables, se dispersèrent en partie. MM. d’Autichamp, de Suzannet et Sapinaud, qui connaissaient mieux le pays et ce genre de guerre, proposaient un plan d’après lequel on aurait engagé dans le Marais, pour protéger le débarquement d’un convoi de munitions et d’armes, de simples détachements, en plaçant les corps sur des points où ils pouvaient surveiller les colonnes sorties de Nantes et de Bourbon-Vendée, et combiner leurs efforts pour les attaquer. M. de La Rochejaquelein persista à exécuter seul le plan qu’on ne voulait pas appliquer sous lui. 11 fut accablé par des forces supérieures, et mourut le 4 juin 1815, avec le courage héroïque qui poussait son frère Henri, vingt aus plus tôt, au milieu des rangs ennemis, plutôt en volontaire qu’en général. A peu de temps de là les généraux Suzannet, d’Autichamp, et Hubert nommé commandant du corps du général Sapinaud, reconnu depuisla mortdeLouis de La Rochejaquelein comme général en chef, furent attaqués et battus l’un après l’autre par le général Lamarque, au moment où ils cherchaient à se concentrer à la Rocheservière. Suzannet fut blessé à mort dans cette action qui termina la guerre, sur la rive gauche de la Loire.

Sur la rive droite , le comte d’Andigné, moins bien fourni encore en armes et en munitions que les chefs de la rive gauche, puisqu’il était plus éloigné de la mer, avait adopté pour tactique de parcourir le pays avec de fortes colonnes, et de tenir ses adversaires partout en échec , sans accepter d’engagement sérieux. Avec des soldats qui n’eurent, pendant presque toute cette campagne, que trois cartouches, il comprenait qu’il était

LES CENT-JOi nS.

hors d’état de soutenir un combat à fond ou de poursuivre un succès, s’il en obtenait un. Tantôt parlementant avec les généraux bonapartistes, tantôt combattant, toujours en marche et eu armes, changeant chaque jour de cantonnement et paraissant sur les points où il n’était pas attendu', il entretenait la guerre plutôt qu’il ne cherchait à la décider par un coup décisif. Cette tactique avait moins d’éclat que celle des chefs de la rive gauche, mais elle était plus appropriée il la position des royalistes dans l’Ouest, elle faisait durer la guerre, et elle devait permettre de prolonger l’action sur la rive droite de la Loire. Cependant le comte d’Andigné, qui avait parcouru les petites \illes de Craon et de Pouancé à la tête d’une colonne, et qui occupait le bourg de Cossé, fut surpris de uyit le 29 mai 1815, dans ce bourg, par un chef de bataillon appelé plus tard à obtenir une belle renommée militaire en Afrique, et à mourir à Paris dans d’autres luttes civiles*. Averti par un exprès des habitants de Cossé , presque tous révolutionnaires, le chef de bataillon Duvivier se présenta à l’improviste avec un détachement en remonte à Laval, la gendarmerie de la ville et une colonne de gardes nationaux, formant en tout cinq à six cents hommes. Le poste avancé, placé dans une auberge à l’entrée du bourg et commandé par M. d’Armaillé, averti par le cri de la sentinelle, tint bon ; quelques ofliciers accoururent aux coups de fusil, entre autres le brave de la Poterie a; le général d’Andigné lui-même, un moment entouré par les gendarmes, eut son cheval tué sous lui, mais parvint à se dégager. Un officier distingué, M. de Saint-Sauveur, fut mortellement atteint; un autre, M. de Bodard, ancien garde du corps, et remplissant les fonctions d’adjudant-major, fut mis par terre

1. I.e chef de bataillon Duvhior, nommé sous le gouvernement de Louis- PliiliI’P" lieutenant-général en Afrique, dans les guerres de 1830 h 1840 , lué dans les journées de juin 1848, à Paris.

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