Pim tard colonel du 4e de la garde
DÉMARCHER DE KOI CH É PRÉS DES CHEKS VENDEENS. 31 f
avec neuf blessures'. Pendant ce temps la colonne royaliste se ralliait à l’autre extrémité du bourg, et le chef de bataillon Duvivier, voyant le jour poindre, se hâta de donner le signal de la retraite, dans la crainte d’être coupé. Cette échauffourée, qui ne coûta que quelques hommes, eut son importance, parce qu’elle empêcha le chef royaliste de s’emparer de Laval, ville ouverte où il aurait trouvé des armes et des munitions.
Au découragement qu’avait produit dans l’Ouest cette succession d’échecs, était venu se joindre un nouveau motif de cesser ou de suspendre la lutte : c’était l’approche des événements du dehors. Enfin un homme dont on retrouve la main dans tous les événements de cette époque et dont les intrigues, par une singulière faculté d’ubiquité, se faisaient sentir à la fois à Paris, à Londres, à Vienne, avait entrepris d’exercer aussi une action sur la Vendée. Fouché, il faut bien le nommer par son nom, quelque étrange que soit le rapprochement de ce nom avec celui de la Vendée, Fouché, sans arriver jusqu’à la véritable grandeur qui n’appartient qu’à la vertu, éleva pendant cette
I . il. de Itodard gué ri l de ses blessures, el obtint plu» lard le grade de capitaine au 4' de la garde rovale. Il était neveu du brave officier du même lion) qui fut tué le ?5 mars 1780 au eombal de Suint-Michel, à côté de Charellc, el donl il est parlé dans la lettre de M. le cuinlc d'Artois à Charellc, écrite de l'Ile-Üii u, à la dale du 5 octobre 17 85, el que nous empruntons à la Correspondance secrète île Charetle, Stnjjlct, etc. , composée de lettres saisies par les républicains sur des otllciers vendéens, et publiée par eux riiez Buisson, an Vil {tome I, page 30): « Nous sommes ici depuis trois jours et nous n'uvons encore aucune nouvelle de vous. M. de Rivière a été mis à terre le 30. Il avait donné rendez-vous au bâtiment qui l’avait débarqué, mais, depuis ce temps, il n'a plus été possible d'avoir aucune communication avec le continent. Dans celte pénible circonstance, j'ai accepté le dévouement de plusieurs gentilshommes poitevins, qui m'ont oITerlde se jeter sur la côte et de tout risquer pour pénétrer jusqu’à vous... Je vous demande, je vous ordonne môme de me marquer un point quelconque sur la côte Où vous puissiez porter à jour nommé un corps de quelques centaines de chevaux. Je ni’.v trouverai sans faute, avec un petit nombre de personnes, et je m’y réunirai à votre intrépide armée. M. de Itodard, qui vous remettra celle lettre, est chargé de vous communiquer verbalement des détails qu'il me serait impossible de placer ici.
« Charles- Philippe. •
LES CENT-JOl ns.
période le génie de l'intrigue jusqu’à en faire une puissance. Quand il vit les provinces de l’Ouest se soulever, il en éprouva un dépit et une contrariété faciles h comprendre si l’on pénètre le fond de sa politique. On a souvent demandé qui Fouché trahissait à cette époque, et qui il servait, tant il était difficile pour les contemporains de voir clair dans sa politique. Fouché servait et trahissait tout le monde, selon l’occasion, ou plutôt il trahissait tour à tour tout le monde, pour ne servir que luiméme. Arbitre, non pas désintéressé, mais impartial à force d’indifférence, il jouait son jeu avec toutes les cartes que lui fournissait la fortune. Le chef-d’œuvre de son habileté était de faire assez pour obtenir, dans une certaine mesure, la confiance de chaque parti sans se livrer à aucun, de manière à attendre, dans une forte position, le dénouaient au service duquel il était très-décidé à s’enrôler, quel qu’il fût. Ainsi il était, depuis le 20 mars, le protecteur officieux des personnes les plus compromises du faubourg Saint-Germain ; il arrêtait les foudres de l’Empereur quand elles se dirigeaient de ce côté, où il les égarait. Souvent, il faut le dire, il exagérait le péril couru, pour augmenter le mérite du service rendu et surexciter la reconnaissance ; aussi avait-il acquis une véritable popularité dans les salons, et toutes les lettres adressées à Gand, tous les nouveaux arrivés dans cette ville, parlaient de lui avec une gratitude singulière. C’était lui qui s’était entremis pour faire oublier à Yincennes M. de Vitrolles, que la première pensée de l’Empereur avait été de faire fusiller après son arrestation à Toulouse. Il en résulta que lorsque madame de Vitrolles partit pour Gand afin d’émouvoir l’intérêt de l’Europe et celui de la maison de Bourbon en faveur de son mari, dont la vie paraissait alors sérieusement menacée, elle ne crut pas pouvoir donner de trop grands éloges au duc d’Otrante, et devint ainsi le premier intermédiaire entre lui et la petite cour de Gand.