DÉMARCHES DE FOUCHÉ PRÈS DES CHEFS VENDÉKISS
A. la nouvelle du soulèvement de la Vendée, Fouché se trouva dans une grande perplexité. En effet, si la lutte se prolongeait, il allait être fatalement amené k employer contre les provinces de l’Ouest des mesures d’extermination qui devaient le brouiller avec le faubourg Saint-Germain et avec Gand. Il imagina donc de se poser en médiateur entre les provinces de l’Ouest et l’Empereur, dont il était ministre. Il manda trois hommes dont il connaissait les rapports avec les royalistes de l’Ouest: MM. de Malartic, de La Béraudière et de Fluvigny, et voici le langage qu’il leur tint : « La Vendée vient de se soulever sans avoir les moyens de soutenir son soulèvement. Vous ne pouvez décider la question qui s’agite et vous nous embarrassez d’autant plus que vous allez nous mettre dans la nécessité de rendre des lois de terreur qui donneront à Bonaparte . plus de force que nous ne voudrions lui en donner. Rendezvous auprès des chefs vendéens et chouans, engagez-les à traiter; qu’ils m’envoient les conditions qu’ils désirent obtenir et je ferai en sorte qu’ils soient satisfaits1. »
Il y avait dans ces paroles un fond de bon sens qui lit, à cette époque, la puissance de Fouché. Dans toutes ses propositions, en effet, il cherchait à obtenir de chaque parti la concession dont il avait besoin, en la rendant utile à ceux auxquels il la demandait. Les provinces de l’Ouest ne pouvaient espérer prévaloir par l’ascendant de leurs seules forces contre Napoléon; en leur demandant les conditions auxquelles elles voulaient traiter, Fouché leur offrait le temps, en ralentissant des deux côtés la guerre ; il leur donnait par conséquent la faculté d’attendre en armes les événements. Les propositions de Fouché, portées d’abord sur la rive gauche de la Loire par MM. de Malartic, de Flavigny et de La Béraudière, qui arrivaient après les premiers échecs essuyés, n’obtinrent pas une adhésion iin-