GAN» : NÉGOCIATIONS SECRÉTES AVEC I.' ANGLETERRE
reagh et le pria de réfléchir sérieusement à la décision qu'on allait prendre : « Voulait-on rétablir le Roi ; il ne fallait pas présenter son retour comme un sujet de terreur et comme une cause de vexations et de ruine, et mettre les actes de ses alliés en contradiction avec ses paroles. » Lord Castlereagh répondit froidement « que les coalisés ne pouvaient agir autrement, et que tout l’argent de l’Europe ne suffirait pas si l’on voulait adopter une autre méthode »
Louis XVIII, quoique le prince de Castelcicala l’avertit que toute insistance sur ce point serait inopportune et pourrait empêcher le mouvement des armées européennes, voulut cependant insister. Tout fut inutile, et il fallut se borner à tenter d’adoucir, en les régularisant, les mesures qu’on ne pouvait prévenir; c’est ce que Louis XVIII essaya de faire, comme on le verra plus tard quand il s’agira des rapports généraux de la cour de Gand avec les puissances. Mais il convient de parler d’abord d’une négociation particulière qu’il fallut encore suivre avec l’Angleterre, à l’occasion d’un incident qu’il importe d’expliquer.
Le départ du Roi, de Paris, avait été si précipité, que plusieurs portefeuilles importants furent oubliés aux Tuileries. Parmi ces portefeuilles, il y en avait un contenant des copies des pièces remises en original par les ordres du Roi au prince de Castelcicala, pour l’aider dans la négociation qu’il suivait à Londres, concurremment avec M. de la Châtre, afin d’obtenir l’adhésion de l’Angleterre à la convention signée entre la France et l’Autriche, résolues à renverser en Italie la domination de Murat, comme incompatible avec un ordre de choses régulier. L’empereur Napoléon , toujours habile à se servir de la presse et cherchant naturellement les moyens
I . Lettre du prince de Caatclcicala au comte de nia>-a«. A% ril 1816. ( Pnpitrt politique! déjà citée.)