‹ Histoire de la RestaurationChapitre 188 sur 325 · Lettre d'Amsterdam, 10 Juin · texte numérisé non relu

Lettre d'Amsterdam, 10 Juin

2. J'ai sous le* yeux cette lettre. Il y a en tête quelques mots île tendresse écrits |iar madame de Itlacas à son mari. Ladateest soulignée selon laconventlon l'aile entre le prince et M. de Itlacas quand une partie de la dépêche doit être écrite à l’encre sympathique, et Von a fait rerenir t'encre avec le procédé ordinaire.

LES CENT-JOURS

:jss

à dire qu’on ne peut rien faire avec vous. J'en ai tiré la conséquence que votre crime est d’étre trop Français et trop attaché à votre maître, de vous opposer à la ruine de votre pays, et de ne pas vouloir laisser jouer à votre souverain un rôle peu digne de lui. Ne quittez pas le conseil, mais défendez- vous de tout ce qui sent le premier ministre et la faveur. Faites en sorte que dans toutes les affaires importantes les opinions de vos collègues soient mises par écrit, afin qu’ils ne puissent pus tout rejeter sur vous. »

Quelques lignes de cette lettre étaient , on a pu le voir, une allusion aux démarches que le comte de Rinças avait renouvelées, jusqu'il se rendre importun, pour obtenir qu’immédiatement après le 20 mars on favorisât , par la marche rapide d’un petit corps de troupes , un effort tenté à l’intérieur, qui aurait prévenu l'invasion en la rendant inutile, et, un peu plus tard, pour qu’on traitât la France en alliée et non en ennemie, en ne mettant point à sa charge les frais d’une guerre qu’on disait exclusivement dirigée contre Napoléon. Trop de causes militaient contre le personnage investi de la faveur particulière de Louis XVIII pour qu’il ne finît point par succomber. 11 appréciait lui-méme de bonne heure assez exactement sa situation, et dans une lettre, qui ne peut avoir été écrite que dans les derniers jours d'avril1, il en rendait compte h madame la duchesse d’Angouléme. Après avoir donné quelques détails sur l’intérieur du conseil du Roi, sur le parti qui voulait que , de prime abord , on s’enfermât en arrivant en France dans les formes constitutionnelles, sur celui qui comprenait qu’en raison des circonstances extraordinaires auxquelles il faudrait pourvoir, on gouvernât par extraordinaire

1. Celte loi Ire en effet commence par une phrase dans laquelle M. de lllaras parle des craintes qu'on vient d'éprouver pour M. le duc d'.\n;;ouli'uic, et il ajoute : Heureusement un est rassuré niuintcnaut. Or, la première letlre adressée de Earcelone au Roi parle duc d'Angoulème est datée du 20 avril.

Page 1