CAND : CAUSES DE LA CHUTE DE M. DE BLACAS
le monde un air de dignité froide que le cardinal de Richelieu et lord Chatam auraient eu peut-être tort de prendre au plus haut degré de leur puissance. »
On ne pouvait mieux apprécier les causes qui allaient obliger M. de Blacas à quitter les affaires. Ce judicieux correspondant ne commettait qu’une erreur, celle de croire qu’on laisserait auprès du Roi M. de Blacas comme revêtu d’une des grandes charges de la cour, en se contentant de sa démission comme ministre. Il ne pouvait entrer dans un ministère, et pour qu’un ministère se formât sans qu’il y tint une place ou qu’il le paralysât, il fallait qu’il s’éloignât. M. de Talleyrand était un trop habile homme pour laisser, entre le Roi et le ministère qu’il dirigerait, l’influence d’uu favori.
Il est impossible, en suivant les progrès de cette lutte, dont la petite cour de Gand était le théâtre, et qui présente de l’intérêt parce qu’on s’y disputait , non l’impuissance du présent, mais le pouvoir de l’avenir, de n’être pas frappé d’un symptôme moral : c’est la conviction profonde et universelle parmi des hommes venus de tous les points de l’horizon , que cet avenir appartient à la royauté. MM. Labié, do Talleyrand, de Chateaubriand, de Blacas, Lally-Tollendal, Louis, Jaucourt, proposent des systèmes, discutent des plans et des lois comme si la succession de l’Empire était ouverte. Ce n’est plus pour eux une question de fait, mais une question de date. Ils ne se demandent point : « Rentrerons-nous en France? » Us se demandent : « Que ferons-nous en y rentrant? »
LES CENT-JOURS