‹ Histoire de la RestaurationChapitre 192 sur 325 · ADHÉSION R FS P 11 I SS A N CE S A U X RÉSERVES DF L'ANGLETERRE MA · texte numérisé non relu

ADHÉSION R FS P 11 I SS A N CE S A U X RÉSERVES DF L'ANGLETERRE MA

NIFESTE EUROPEEN DU 15 M A I. —OBSERVATIONS DE LOUIS XVIII. — NÉGOCIATION DF. FOUCHÉ AVEC LF. PRINCE DE MF.TT F.H N I C H. — ÉCHAUFFOURÉF. DF. MURAT.— DÉBATS DU PARLEMENT D'ANGLE- TERRE. — OU V F HT F R F. Il F. S CHAMBRES F. N F R A N C E. — D É P A R T DF. NAPOLÉON POUR L’ARMER.

Pendant que la question de la politique intérieure excitait ainsi de graves préoccupations à (îand, la question de la politique étrangère venait aussi y retentir. On a vu quelle avait été d’abord l’attitude du congrès de Vienne vis-à-vis de Louis XVI II. Le traité du 2o mars, signé par les puissances, avait été une nouvelle déclaration de guerre européenne contre Napoléon, et la notification de ce traité à Louis XVIII, avec l’invitation de faire connaître quel concours il pourrait apporter à l’alliance commune, avait eu pour effet moral de placer le Roi de France au nombre des confédérés, en lui donnant la position d’un prince régnant de fait comme de droit, mais obligé de sortir momentanément de ses États par suite d’une insurrection militaire. C’était en vertu de cette position que le Roi avait songé à rentrer en France avec les princes de sa maison, en se mettant à la tête du petit corps français qui avait passé la frontière, et que de nombreux volontaires seraient bientôt venus grossir. On a également vu que les ratifications de ce traité n’avaient pas été échangées et que le chevalier Stuart avait insisté pour que le Roi n’y fît pas allusion dans ses proclamations , parce que lord Castlereagh craignait le parti que pourrait tirer l’opposition dans le Parlement de stipulations qui, contre toutes les traditions de la politique anglaise, semblaient engager le gouvernement britannique dans une guerre

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d’intervention ayant pour objet le renversement d’un gouvernement et son remplacement par un gouvernement nouveau. Les choses en étaient là, lorsqu’on apprit par M. de Talleyrand qu’une grave modification s’était opérée dans les dispositions des puissances.

L’Angleterre seule, au moment où l’on discutait dans le congrès le traité du 25 mars , avait fait une réserve, plutôt de forme que de fond. La lettre de lord Wellington au prince de Metternich prouve que, malgré cette déclaration destinée à armer le ministère contre l’opposition, le gouvernement anglais ne faisait aucun doute de la nécessité du rétablissement de la légitimité en France; il avait fait même expliquer à Louis XVIII cette précaution. Le 8 avril 1815, lord Castlereagh écrivait au duc de Wellington : « En invitant le roi de France, surtout lorsqu’il se trouve hors de son royaume, à accéder au traité, nous regardons comme nécessaire de bien marquer que l’objet de l’alliance est de détruire le pouvoir de Bonaparte et non d’imposer à la France un souverain particulier ou une certaine forme de gouvernement. » Le même jour, le ministre anglais écrivait à lord Clancarty, ambassadeur d’Angleterre à Vienne : «Vous apprécierez combien il importe qu’on ne puisse pas dire que Louis XVIII étant notre allié contre Bonaparte est devenu membre de la coalition pour sa propre restauration. S. M. ne peut pas désirer que nous sentions, plus que nous ne le sentons, à quel point sa restauration est importante. Nous ferons tous nos efforts pour que la guerre conduise à ce résultat, mais nous ne pouvons en faire un sine fjud non , cela est une délicatesse parlementaire, et il parait, d’après une dépêche de sir Charles Stuart, que le Roi comprend très-bien la distinction. »

Il était facile en effet de comprendre que le cabinet anglais se tint dans cette mesure à cause de son parlement, mais il était dil'licile de concevoir que l’Autriche, la Prusse et la Russie

LES CENT-JOl’RS.

prissent une précaution que la nature de leur gouvernement ne rendait pas nécessaire. Cependant on vit l’Autriche, conduite par un motif que l’on connaîtra tout à l’heure , adopter en ces termes la réserve de l’Angleterre dans la conférence du 12 avril : « L'interprétation donnée par le gouvernement britannique est entièrement conforme aux principes sur lesquels S. M. 1. se propose de régler sa politique dans le cours de la guerre actuelle. L’Empereur est convaincu que le devoir qui lui est imposé par l’intérêt de ses sujets et par ses propres principes ne lui permettra pas de poursuivre la guerre, pour imposer à la France un gouvernement particulier. »

L’Angleterre et l’Autriche, liées avec Louis XYIU peu de mois auparavant par le traité du 2 janvier, étaient naturellement les puissances le plus favorablement disposées pour la Restauration. La réserve faite par le gouvernement anglais à cause du parlement et l’adhésion imprévue de l’Autriche à la réserve anglaise devaient facilement entraîner la Russie et la Prusse, qui n’avaient pas oublié que le traité du 2 janvier avait été signé contre elles. La situation prise par l’Europe dans le traité du 25 mars, se trouvait par là notablement modiiiée. Dans ce traité, en effet, elle agissait comme portant secours au roi de France, son allié, en vertu de la déclaration du 1 3 mars, contre l’agression armée de Bonaparte sur son territoire. Deux mois après cette déclaration , six semaines après avoir conclu le traité du 25 mars, et au moment d’échanger les ratifications, les puissances semblaient se raviser.

Ce ne fut pas tout encore. Dans un temps où l’opinion jouait un si grand rôle , les manifestes se mêlaient naturellement aux préparatifs militaires. Les puissances crurent nécessaire de répondre à l’espèce de consultation de droit politique que Napoléon avait demandée à son conseil d’État, et d’exposer les mobiles de leur conduite. Le comité des puissances nomma donc une sous-commission pour examiner les deux questions sui-

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