I.ES CENT-J0uns
taient à cet argument général un argument particulier. Les rapports renaissants de l’Europe avec la France étaient, d’après le texte positif du dernier traité , subordonnés à la cessation du pouvoir de Bonaparte. Son abdication avait été le point de départ et la condition sine quâ non du traité de Paris. La France, en supposant qu’elle fût libre , unie , et que son vœu fût pleinement constaté , ne pourrait , sans violer ce traité et sans changer complètement sa situation vis-à-vis de l’Europe, revenir sur une déchéance irrévocable, objet d’engagements publics et réciproques. Elle n’avait pas le droit de refaire à elle seule ce qu'elle avait détruit de concert avec l’Europe. Une adhésion formelle de la France au rétablissement de Bonaparte équivaudrait à une déclaration de guerre aux puissances. Donc tout ce qui s’était passé depuis le débarquement de Bonaparte au golfe Juan n’avait pas virtuellement changé de droit sa position vis-à-\is des puissances; elle était identiquement la même qu’après son abdication .
La seconde question était résolue dans le même sens. L’offre de ratifier le traité de Paris était appréciée comme étant au fond l’offre de le refaire ; loin qu’il n’y eût rien de changé, en effet, tout l'était au contraire, les personnes qui demandaient à être reçues parties intervenantes au traité, comme la situation. La question de droit disparaissait donc, et l’on se trouvait en face d’une question d’appréciation et d’intérêt politique. La substitution de garantie proposée par Bonaparte était inacceptable. « L’homme qui proposait de ratifier le traité du 30 mai 1814 était le même qui, pendant quinze ans, avait ravagé l’Europe au moyen d’un système de guerre perfidement entremêlé de suspensions d’armes pendant lesquelles il préparait de nouvelles entreprises. C’est ainsi qu’il s’était emparé du Piémont, de Parme, de Gènes, de Lucques, des Etats de Rome, de la Hollande et des territoires entre le Rhin et l’Elbe, et qu’il avait formé par des empiétements successifs ce qu’il appelait