‹ Histoire de la RestaurationChapitre 197 sur 325 · RAPPORTS DE M. DE METTERNICH AVEC I'OICHÉ · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE M. DE METTERNICH AVEC I'OICHÉ

lui communiqua les dispositions de M. de Metternich L’Empereur sut donc, à ne pouvoir pas en douter, que sou ministre entretenait une correspondance secrète avec Vienne, et que l’objet de cette correspondance était de le forcer à abdiquer. 11 eut avec lui une vive explication, que le lendemain il racontait en ces termes it M. de La Vallette, en lui laissant ignorer toutefois la manière dont il avait surpris le secret de Fouché : « Je soupçonnais, dit-il, que le misérable était en correspondance avec Vienne. J’ai fait arrêter un commis banquier qui arrivait de cette ville ; il a avoué qu’il avait apporté à Fouché une lettre de Metternich, et que la réponse devait être envoyée à une époque fixée à Bâle, où un homme attendrait le porteur sur le pont. J’ai fait venir Fouché l’autre jour, je l’ai tenu trois heures dans mon jardin, espérant que, dans une causerie intime, il me parlerait de cette lettre : il ne m’a rien dit. Enfin hier au soir j’ai ouvert l’entretien sur ce sujet. Je lui ai montré la lettre et je lui ai dit posément : Vous êtes un traître. Pourquoi rester ministre de la police , si vous voulez me trahir ? Il ne tiendrait qu’à moi de vous faire pendre, et tout le monde applaudirait . Il m’avoua effectivement qu’il avait reçu cette lettre, mais qu’elle n’était pas signée et qu'il la regardait comme une mystification, et il me l’a montrée; or cette lettre était évidemment une réponse dans laquelle on lui déclarait de nouveau

I. C’était le 1 1 mai c|ue celte conférence à BAlc avait lieu. M. VVemcr donnait A M. Fleur}' de Chalioulon des assurance) entièrement conformes à celles qui devaient être insérées dans la déclaration du 12 mai. « Nous entrâmes sur-lechamp en matière, dit M. Fleury de Ciiahoulon. — J’ai rapporté A M. de Meltcrnicli, me dit >1. VVemcr, la conversation franche et loyale que j'ai eu l'honneur d'avoir avec vous. Il s'est empressé d'en rendre compte aux souverains alliés, et les souverains ont pensé qu'elle ne devait rien changer à la résolution qu’ils ont (irise de ne jamais reconnaître Napoléon pour souverain de la France, et de n’entrer personnellement avec lui dans aucune négociation; mais, en uu'ine temps, je suis autorisé à vous déclarer formellement qu'ils renoncent A rétablir les Bourbons sur le trûne et qu’ils consentent h vous accorder le jeune prince Napoléon. •

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LES CENT-Jorns.

qu’on ne voulait plus entendre parler de l’Empereur, mais que sans lui, on s’accorderait sur tout le reste. »

Deux jours après, La Valette eut occasion de voir Fouché, qui, présumant que l’Empereur lui avait parlé de la scène de l’avant-veille, lui adressa négligemment ces paroles que nous avons déjà en partie citées : « L’Empereur, dit-il, s’aigrit de la résistance qu’il rencontre et s’en prend à moi. 11 ne sait pas que je ne suis fort que par l’opinion publique. Demain, je pourrais faire pendre devant ma porte vingt personnes que l’opinion repousse, et je ne pourrais faire mettre en prison * pendant vingt-quatre heures une seule personne que l’opinion favorise. » Cette menace de gibet, revenant à deux jours de distance dans la bouche de Napoléon et dans celle de Fouché, frappa profondément le serviteur de l'Empereur. Après avoir fait ce rapprochement, il laisse échapper une parole qui a la valeur d’une révélation et qui achève de caractériser ce temps et la situation déplorable que Napoléon était venu chercher de si loin et à travers tant de périls. « Je réfléchis au mot de l’Empereur sur Fouché, ajoute-t-il, et je trouvai singulier le rapprochement de ces deux propos. Le maître pouvait faire pendre son ministre aux acclamations publiques, et celui-ci faire pendre.... que sais-je? jusqu’au maître lui-méme avec le même succès ! Je crois que l’un et l’autre avaient raison, tant l’opinion publique, si juste à l’égard de Fouché, s’était égarée à l’égard de l’Empereur ‘. »

Si M. de Mette rnich, en accueillant l’idée de l’abdication de Napoléon et celle de la libre disposition du trône de France laissée à ceux qui l’obligeraient à renoncer au pouvoir, avait voulu diviser les esprits et désorganiser la résistance, il avait, atteint son but. Cette idée de l’abdication ne cessa d’occuper les esprits pendant le mois de mai. Les serviteurs même les

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