CHAMP DE MAI. — DISTRIIIUTION DES DRAPEAUX
être remis en question. Enfin l’impression de la première invasion était loin d’être effacée, et l’imagination encore troublée en redoutait une seconde »
Telles étaient les influences qui, suivant l’opinion d’un observateur suspect d’une partialité plutôt favorable que contraire, agissaient sur les esprits et empêchèrent le succès de la cérémonie du Champ de Mai. Cependant il y eut un instant d’émotion profonde et d’enthousiasme partiel , mais vrai. Quand l’Empereur eut prêté serment à la Constitution, il descendit du trône, et debout, sans manteau, il vint se placer sur la première marche d’une estrade pyramidale qui s’élevait au milieu du Champ de Mars, et qui se couvrit à l’instant de toutes les personnes de sa suite. Les ministres de l’intérieur, de la guerre et de la marine, se présentèrent alors devant lui, tenant trois aigles destinées à la ire légion de la garde nationale, au 1er régiment de ligne et au 1er corps de marine. Napoléon jeta alors d’une voix vibrante ces paroles aux masses armées qui l’écoutaient :
« Soldats de la garde nationale de l’Empire, soldats des troupes de terre et de mer , je vous confie l’aigle impériale aux couleurs nationales. Vous jurez de la défendre au prix de votre sang contre les ennemis de la patrie! Vous jurez de mourir tous plutôt que de souffrir que les étrangers viennent dicter la loi à la patrie ! »
Un formidable cri sortit alors de ces poitrines militaires : « Nous le jurons ! » Les bras étaient étendus, on entendit un bruit d’armes se mêler à cette acclamation guerrière, comme cet applaudissement armé en usage chez nos ancêtres dans de pareilles cérémonies. L’accent, le. geste, l’attitude de ces vaillantes troupes laissèrent un ineffaçable souvenir aux témoins de cette scène; on sortait du convenu, du fictif, du théâtral, •