‹ Histoire de la RestaurationChapitre 212 sur 325 · DÉPART DE NAPOLÉON POUR L’ARMÉE · texte numérisé non relu

DÉPART DE NAPOLÉON POUR L’ARMÉE

à Paris, sur qui pourrais-je compter? » Le 8 juin, à quatre heures du matin, le 1er régiment de grenadiers et le 1" régiment de chasseurs, qui étaient seuls demeurés à Paris pour accompagner l’Empereur à l’ouverture des Chambres, se mirent en marche vers les frontières. Le 12 juin, à quatre heures du matin, l’Empereur quitta la capitale pour se rendre à l’armée.

Le lendemain de son départ, trois rapports étaient présentés aux Chambres par Carnot, ministre de l’intérieur, Caulaincourt, ministre des affaires étrangères, et Fouché, ministre de la police. L’objet de ces rapport* était d’exposer la situation de la France au dedans et au dehors. Carnot décrivait, en les exagérant, les efforts, considérables cependant, laits du 20 mars au 13 juin pour préparer la France à la lutte. 11 affirmait les sympathies actuelles du parti républicain pour l’Empereur, affirmation sincère de sa part; seulement il portait à trois cent soixante-quinze mille hommes nos forces disponibles, erreur probablement volontaire et préméditée, destinée à rassurer la France et à alarmer l’ennemi. Caulaincourt s’attachait à enlever aux partisans systématiques de la paix, par l’exposé des actes diplomatiques et des préparatifs des puissances, leurs dernières illusions et leurs dernières espérances, afin de justifier la guerre qui commençait, d’obtenir un effort suprême du pays et une adhésion morale de ceux-là mêmes qui, dans leur formalisme parlementaire , blâmaient l’Empereur de ne pas avoir demandé l’autorisation législative avant de commencer les hostilités. « Croire à la possibilité du maintien de la paix, disait-il, serait aujourd’hui le plus dangereux aveuglement. La guerre nous entoure de toutes parts; et ce n’est plus qui* sur les champs de bataille que la France peut reconquérir la paix. « On devait conclure du rapport de Caulaincourt qu’il n’v avait plus qu’une ressource pour la France, c’était de se précipiter dans la guerre avec la résolution de vaincre ou de

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mourir; et de celui de Carnot, qu’on pouvait vaincre. Ce? deux rapports se complétaient ainsi l’un l’autre.

Celui de Fouché, au contraire, venait altérer cette confiance. Exagérant les dangers comme Carnot exagérait les forces , il montrait la France non-seulement agitée par des mécontentements intérieurs, mais sillonnée de conspirations redoutables dont Marseille, Toulouse, Bordeaux et les provinces de l’Ouest étaient les foyers incandescents et qui avaient des points de repère du littoral de la Manche à celui de la Méditerranée, à Caen, à Dieppe, au Havre comme àPloèrmel, à Auray, à Toulouse et à Bordeaux. La conclusion ostensible du rapport, c’était qu’il fallait des lois plus sévères pour réprimer les licences de la presse, et circonscrire, c’était l’expression de Fouché, la liberté individuelle. Mais la conséquence morale que devaient tirer au dedans les partis, au dehors l’Europe, d’un rapport qui présentait la situation intérieure de la France avec des couleurs si menaçantes, c’est qu’un gouvernement en butte à une attaque si formidable du dehors et miné par de si grands périls intérieurs ne parviendrait pas à résister.

CAMPAGNE DK IMS : — I.IGNY Kî LES y L A T R K- B H A S. — U A I E K LOU.

Le 44 juin, la garde impériale, les premier, deuxième, quatrième et sixième corps d’armée, et les quatre corps de réserve de cavalerie, formant avec la garde un effectif de 128,000 hommes, traînant trois cent quarante-quatre bouches à feu, étaient concentrés en face et à des distances inégales de la Sainbre, de Solre-sur-Sambre et Leers-Fosteau à llam-sur- Heure, et de Beaumont à Philippeville. La gauche, forte d’un

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