‹ Histoire de la RestaurationChapitre 214 sur 325 · FORCES ET POSITIONS DES ARMEES · texte numérisé non relu

FORCES ET POSITIONS DES ARMEES

de Bruxelles, où lord Wellington avait son quartier général Le 13 juin au matin, l’armée anglo-hollandaise étendait encore ses cantonnements dans l’angle obtus formé par les routes de Bruxelles à. Charleroi et de Bruxelles h Gand, et elle avait ses avant-postes à la frontière franco-belge. Bltlcher avait son quartier général à Narnur, à seize lieues de Wellington, qui avait pris le sien à Bruxelles. L’armée prussienne se reliait à l’armée anglo-hollandaise sur la rive gauche de la Sambre, à la hauteur de Fontaine-l’Évéque et de Binoh, par la division Steinmetz du corps d’armée de Zieten ; mais le corps de Bulow

I . Le corps du prince d'Orange était composé de la division de Cookc gardes anglaises, 4,000 hommes), d'Alten (anglaise), de Perponcher (hollando- belge), de Chassé (hollando-belge), quarante bataillons, 35,94? hommes ; de la division de Collaert (hollando-belge), carabiniers, dragons, hussards, vingt-trois escadrons, 3,405 hommes; de cinq batteries à pied, quatre achevai, génie, waggontrain, etc., 2,198 hommes.

Le corps de lord Hill, des divisions Clinton (anglaise), Colvillc (anglaise), Sledmann (hollando-belge) , brigade d'Anthing (hollando-belge dite Indienne, parce qu'elle était destinée au service des Indes hollandaises). Cette division et cette brigade hollando-bclges étaient réunies sous le commandement du prince l' rédérie des Puys-Bas. Le corps de lord Hill comptait 24,4 4 9 fantassins. La cavalerie, composée de la brigade d’EstorlT(hahovrlenne), douze escadrons de hussards, 1,273 hommes. L'artillerie, cinq batteries à pied, une à cheval; génie, de 1 .472 hommes.

La réserve, qui n'avait pas de commandant en chef, se composait des divisions de Piclon (anglaise). Cote (anglaise), contingent de Nassau (brigade de Kruse), Irente-lrois bataillons, 14,939 hommes ; quatre batteries à pied, 9G0 hommes; ■lu corps de Brunswick commandé par le duc de Brunswick , huit bataillons, 5,376 hommes ; cinq escadrons de hussards, 822 hommes; deux batteries, une à pied, l'autre ii cheval, 4G0 hommes; delà réserve générale d'artillerie , 480 hommes.

Le corps de cavalerie de lord Uxbridge , des brigades anglaises de grosse cavalerie. Sommerset (gardes du corps cl dragons de la garde), Ponsouby (dragons de la ligne), vingt-deux escadrons, 2.G05 hommes; brigades anglaises de cavalerie légère (dragons légers, hussards), Dornberg, Vandelcur, Grant, Vivian, Aïldlschrcudl, quarante-neuf escadrons, 7,908 hommes; cinq batteries à cheval, 1 .8GU hommes.

L’armée du duc de Wellington comptait 37 ,7 00 Anglais, 7,500 hommes de la légion aüemaudcuu service de l'Angleterre, 15,800 Hauovriena, 25,000 Hollando- Belges, 4,300 Nassau au service des Pays-Bas, 3,000 Nassau, contingent du duché do ce nom, G, 700 Bcunswickois.

LES CE.vr-JOÜBS.

s’étendait jusqu’à Liège, à plus de vingt lieues de l’extrême droite de Zieten. Il fallait près d’un jour et demi à Bltlcher pour réunir les corps de Zieten, de Pirch et de Thielman sur l’une ou l’autre aile, deux jours pour réunir son armée tout entière. Wellington avait besoin d’un jour pour réunir la moitié de son armée sur l’une ou l’autre aile, d’au moins deux jours pour la réunir tout entière.

L’armée française, eu passant la Sambre, se trouvait donc dans le voisinage de deux armées ennemies, dont chacune lui était presque égale en nombre, mais elle arrivait sans être attendue, et le plan de Napoléon était de surprendre et de battre l’armée prussienne et de tomber sur l’armée anglaise avant qu’elle eût eu le temps de rallier ses différents corps. Ce plan demandait un grand ensemble et beaucoup de rapidité dans les mouvements des différents corps de l’armée française. L’ordre du jour de l’Empereur, daté du 15 juin, anniversaire de Marengo et de Friedland dont il rappelait la gloire, excitait l’armée à vaincre ou à mourir, en désignant à ses coups ces mêmes Prussiens « battus par un contre deux à léna, par un contre trois à Montmirail. »

Ici allait commencer cette suite de contre-temps et de malentendus qui devaient se renouveler trop souvent dans cette rapide campagne pour ne pas se rattacher à une cause générale qu’il importe d’indiquer. Les soldats comme les officiers subalternes étaient tout entiers à la passion militaire ; ils étaient pleins d’ardeur et brûlaient d’en venir aux mains. A ces sentiments venait s’ajouter cependant celui d’une colère qui n’était pas ordinaire à l’armée française. La rancune des revers de 1814, le vif et naturel désir de prendre une revanche ne suffisait pas pour expliquer cette violence désespérée dont les troupes étaient animées, et cette résolution de ne point faire de quartier qui circulait de rang en rang. L’armée, par ce brusque mouvement qui, au mépris de ses nouveaux serments, l’avait ra-

Page 1