‹ Histoire de la RestaurationChapitre 223 sur 325 · I.ES CENT-JOURS · texte numérisé non relu

I.ES CENT-JOURS

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du matin'. A chaque instant, les ordonnances, les aides de camp et les officiers d’état-major traversaient le bivouac de la garde impériale. Les renseignements et les nouvelles arrivaient de tous les points dans ce centre d’activité et de mouvement, et les ordres en partaient dans toutes les directions. Après l’arrivée d’un de ces officiers, des bruits d’abord sourds et vagues, ensuite plus précis, circulent dans les rangs. L** commandant d’une des divisions du quatrième corps aurait, dans la nuit du 14 au lo, quitté ses troupes avec son étatmajor; il aurait traversé les avant-postes ennemis à la hauteur de Florennes. On nomme le général Bourmont, le colonel Clouet, le chef d’escadron Villoutreys, le capitaine Sourdat, les capitaines d’Audigné et Trélan. Cette nouvelle, accueillie par des murmures, ajoute à la ‘défiance qu’éprouvent déjà les soldats pour leurs chefs *.

1 . Celle visite du maréchal Ney au quartier général tic l'Empereur est racontée par le colonel Hevmès cl attestée par le capitaine Mauduit, qui taisait partie «lu régiment île la garde qui bivouaquait devant la maison où l'Empereur passa la nuit.

2. Dans la nuit du 1 1 au 1 5 Juin, en eflet, le comte de Bourmont, commandant la troisième division d'infanterie du quatrième corps, avait mandé à son quartier général le général llulot commandant sa première brigade. Il lui avait tout d'abord déclaré son projet, de passer la frontière avant l'ouverture des hostilités. Il lui remit donc le commandement, car, tout en refusant de servir de sa personne, il ne voulait pas désorganiser sa division. l*eu d’instants après , le 1 5 juin , h trois heures du matin, le comte de Bourmont montait il cheval, suivi de son élal-majore! de son escorte, comme pour aller inspecter ses avant-postes. Arrivé près des vedettes, il renvoya l’escorte et remit au brigadier deux lettres . l’une de lui, l'autre du colonel Clouet, toutes deux adressées au général Gérard. Voici la lettre du comte de Bourmont, celle du colonel Clouet n'en était que In reproduction abrégée :

• Florennes, 15 juin I K I à.

» Mou général , si quelque chose au monde avait pu, dans les circonstances actuelles, me déterminer à servir l'Empereur, c’aurait été votre exemple et mon attachement pour vous, car je vous ainte cl vous honore bien sincèrement. Il m'est impossible de combattre pour iln gouvernement qui proscrit mes parents et presque tous les propriétaires de ma province. Je ne veux pas contribuer à établir en France un despotisme sanglant qid perdrait mon pays, et il m'est démontré que ce despotisme serait le résullat certain du succès que nous pourrions

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